Congés imposés : une mesure à la charge de l'employeur

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L'employeur peut imposer à ses salariés 6 jours ouvrables maximum
durant la période de confinement.

Voilà donc que l’on nous demande de prendre des congés pendant la période de confinement. Une mesure qui s’adresse, bien sûr, aux salariés ou aux fonctionnaires, pas aux chômeurs, aux retraités ou aux indépendants, ni non plus aux professions libérales qui n’en ont pas, en tout cas, pas de “payés”.  

Des congés payés par les entreprises

L’idée peut paraître bonne de prime abord. Plutôt que de mettre les salariés en chômage partiel, il suffit de leur décompter des jours de vacances, la messe est dite. Le problème, c’est que le chômage partiel est pris en charge en grande partie par l’État, pour soutenir les entreprises qui sont à l’arrêt ou tournant au ralenti à cause du coronavirus.

À l’inverse, les jours de vacances, c’est toujours l’entreprise qui les paye, comme des jours de salaire normaux, sans bénéficier d’aucune aide pour cela. Or, pour une entreprise, quelle que soit sa taille d’ailleurs, qui n’a pas ou peu réalisé de chiffre d’affaires en mars, il va être compliqué de payer des congés payés à tout le monde à la fin du mois.

Un flou total pour les entreprises 

Je suis obligé de vous le dire aujourd’hui, mais l’attitude du gouvernement vis-à-vis des entreprises face à la crise est tout bonnement affligeante. C’est un festival d’annonces, suivies de démentis, truffées de contradictions ou d’exceptions. Si vous ne savez pas à quelle sauce vous serez mangé à la fin du mois, dites-vous que votre patron, le DRH, le service paie, et tous les comptables et experts comptables sont dans la même situation.

Ils subissent un chaud froid permanent. Conclusion de l’histoire ? Et bien je suis désolé d’être direct, mais cela va être compliqué. Je vous disais hier de faire vos comptes. Aujourd’hui, je vous conseille de prendre des décisions. Et si vous avez de l’épargne, c’est le moment de casser la tirelire pour pouvoir faire face.


A découvrir

Jean-Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.

Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. 

En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.

Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.

En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. 

Il a également été éditorialiste économique sur SUD RADIO de 2016 à 2018.

 

Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).