Effets du coronavirus Covid-19 sur le secteur des transports

30 %
La crise du coronavirus a fait chuter les Bourses de près de 30%

Rien ne semble pouvoir arrêter le coronavirus. Originaire de Chine, ce virus a des conséquences fatales sur les populations, mais il menace également le monde des transports en entraînant des interdictions et des fermetures de frontières. Les dernières en date concernent l'Italie, et plus spécifiquement les régions du Nord, considérées comme des voies commerciales vitales sur le plan national et international. Depuis le mois de février?2020, beaucoup de choses ont changé et continueront de changer à cause du coronavirus et de ses effets sur le secteur logistique. La situation reste également critique en dehors des frontières européennes, notamment dans certains pays du Moyen-Orient, ce qui ne manque pas de perturber le transport intercontinental.

Quel est l'impact du coronavirus sur le secteur de la logistique au niveau mondial??

Le transport, sous quelque forme que ce soit, est touché. Le Clecat (Comité de liaison européen des commissionnaires et auxiliaires de transport du marché commun) et la Chambre polonaise de transport et de logistique ont mis en garde quant à la baisse des chargements à l'exportation et aux retards supplémentaires des opérations portuaires dus au manque d'opérateurs de transbordement et d'entreposeurs. Les pays d’Europe de l'Est commencent également à ressentir l'intensification des limitations de transport liées au coronavirus, ce qui ne fait qu'alimenter et renforcer le déficit économique européen. Retards de livraison et augmentation des prix à cause du coronavirus.

Cette pandémie, qui entraîne la mise en place de restrictions quant aux itinéraires de transport ainsi qu’une forte chute des importations, aura un impact considérable sur le commerce à l’échelle internationale. Selon l'expert Jérôme de Ricqles, l'incapacité à couvrir la demande va entraîner une augmentation des tarifs de fret et du coût global des transports dès la fin du mois de mars. Cela aura inévitablement un impact direct sur les prix finaux des marchandises.

Quelles sont les conséquences du coronavirus sur le secteur du fret en Chine??

La Chine étant un des plus grands importateurs, nombreuses sont les sociétés européennes de transport à transporter des marchandises au label «?made in China?». Les interdictions et les fermetures de frontières auxquelles le pays est confronté compliquent les exportations de part et d'autre. Ainsi, un nombre important de conteneurs remplis de marchandises produites en Chine sont immobilisés à cause de l'épidémie de COVID-19.

Le pays asiatique, qui souffre de l'épidémie depuis quatre mois déjà, ouvre tout doucement ses usines. Le ton est plutôt à l'optimisme pour les biens d'équipement électronique (premiers produits d'exportation du pays). En effet, comme l'a rapporté Ganyi Zhang, le taux de redémarrage des usines est de 90?% dans le Zhejiang (au 20?février), de plus de 60?% dans le Jiangsu (au 16?février) et d'environ 50?% dans le Guangdong (au 19?février). Ces chiffres donnent certainement de grands espoirs, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant que l'ensemble de l'industrie ne retrouve sa pleine capacité.

Quel est l'effet du coronavirus sur le marché européen de la logistique??

Soucieuses de maintenir le calme, les autorités européennes prennent très au sérieux la menace que fait peser le coronavirus sur l'ensemble du continent. Depuis le début de la crise, des mesures radicales sont prises pour arrêter l'expansion du COVID-19 à l'intérieur des frontières européennes. Ces mesures de prévention affectent déjà directement le transport des marchandises par route, en particulier dans les endroits où un plus grand nombre de cas ont été recensés. En témoignent l'Italie du Nord ainsi que les frontières entre les différents pays asiatiques.

En Italie, le gouvernement a opté pour des mesures radicales afin d'endiguer la pandémie au plus vite. Ces dernières ont diverses conséquences importantes en matière de transport.

Après plusieurs mesures de confinement, le gouvernement italien a décidé d’«?isoler?» le moteur économique le plus puissant du pays qu’est la ville de Milan. Un décret interdit désormais les entrées et les sorties de toute la région, ainsi que de quatorze autres provinces italiennes?: Modène, Parme, Plaisance, Reggio d'Émilie, Rimini, Pesaro et Urbino, Padoue, Trévise, Asti, Alexandrie, Verbano-Cusio-Ossola, Novare, Verceil et Venise. Il est actuellement prévu que ces mesures sévères, qui touchent directement 16?millions de personnes et donc la totalité du pays, restent en vigueur jusqu'au 3?avril. L’impact sur le secteur des transports est direct : «?tout déplacement?», d’entrée et de sortie, du territoire italien est formellement interdit. Seuls les rares cas pour «?motifs professionnels inflexibles ou des situations d'urgence?» ont le droit de franchir les frontières.

Quels sont les risques du coronavirus pour les chauffeurs??

Dans ces régions, le contrôle médical des chauffeurs (notamment la vérification de la température et des principaux symptômes) est obligatoire aux points de chargement et de déchargement. Dans certains cas extrêmes, les transporteurs sont tenus de porter un masque, ce que beaucoup d'entre eux ont déjà dénoncé auprès des associations de transport italiennes.

Pour réduire les risques et gérer au mieux une situation déjà extrêmement complexe, l'Italie a invoqué des raisons de santé publique pour suspendre momentanément l'accord de Schengen en rétablissant les contrôles à ses frontières afin de mettre en place des contrôles médicaux aux passages frontaliers. La France n’a pas encore pris de telles mesures, mais la situation évolue de jour en jour.

L'Italie est le pays le plus touché de l'Union européenne, et les cas enregistrés dans tous les pays voisins sont en hausse. Ainsi, l'Espagne a elle aussi déjà dépassé les plusieurs centaines de cas avérés - pour la plupart sans gravité - avec des foyers se situant principalement à Madrid et au Pays basque. Aucune restriction préventive n'a encore été prise, mais cela pourrait changer en cas d'augmentation brutale des contagions.

Certes, ces mesures ont inévitablement un fort impact, et ce à tous les niveaux. Pour ne parler que du transport de marchandises par route, il faut faire face aux coûts directs de ces restrictions, mais pas seulement. Il existe également toute une série de facteurs indirects, depuis les pénuries aux points d'origine, impliquant une réduction des besoins de chargement, jusqu'aux pertes économiques que ces circonstances imposent aux entreprises de transport, tenues de gérer des coupes dans leurs budgets.

Face à la hausse continue du nombre de cas, il devient essentiel de fournir des informations adéquates sur l'évolution du coronavirus. Il nous faut s’armer de patience et de prudence, tout en évitant tout mouvement de psychose qui pourrait nous amener à prendre des décisions irréversibles. La prévention est sans aucun doute un élément clé et le choix de nombreux pays face à cette agitation mondiale. Toutefois, les activités commerciales ne sont jamais totalement gelées et il y a fort à parier que le coronavirus ne sera plus pour nous tous qu'un souvenir amer après quelques mois.


A découvrir