Frappé par la grâce, Macron arrose les pauvres d'argent

150 euros
Les bénéficiaires des minima sociaux toucheront une aide
exceptionnelle de 150 euros.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Ouaaaaaa….Je n’en reviens toujours pas. Je ne sais pas si notre mamamouchi élyséen a été frappé par la grâce divine, ou si des extraterrestres l’on enlevé pour lui faire subir une lavage de cerveau, mais je ne reconnais plus notre phare du palais.

Souvenez-vous, le « taka traverser la rue pour trouver du boulot » (ce qui parfois n’est pas totalement faux), ou le « ça coûte un pognon de dingue et ça ne sert à rien », ou encore le « l’endroit où ceux qui ne sont rien croisent… blablabla », sans oublier ce qui n’est pas de lui mais de ses proches « ceux qui fument des clopes et puent le gasoil »…

Et bien ces types-là, qui n’ont tout de même jamais brillé par leur humanité se révèlent les dirigeants les plus généreux que nous ayons jamais eu. Il faut dire qu’ils avaient gros à se faire pardonner, tant les premières années du mandat furent une catastrophe de rigueur et d’austérité stupide.

Je n’ai pas franchement retenu mes critiques. Et là… Miracle. Oui, miracle. Je suis presque d’accord avec la politique menée… c’est dire !!! Je n’aurais jamais cru écrire cela.

Et pourtant… Macron va filer des sous aux détenteurs du RSA comme le préconisait le rapport du CAE, le Conseil d’analyse économique dont je vous avais parlé et qui pointait cette nécessité sociale.

Oui, il ne fallait pas opposer les « zézés » aux « po-povres », mais orienter plus d’aides vers les deux premiers déciles c’est-à-dire les deux tranches les plus pauvres de nos concitoyens qui voient actuellement leurs revenus baisser. C’est chose faite avec cette aide de 150 euros et de 100 euros par enfant. Ce n’est pas monstrueux, mais c’est bien et cela doit être salué.

Vous allez me dire mais comment va-t-on financer cela ? Simple.

On va taxer les grosses bagnoles, et je ne m’en réjouis pas parce que je roule en Dacia et que je ne suis pas concerné par cette mesure, mais parce que dans le pays nous avons supprimé l’ISF qui faisait fuir les « zézés riches », leurs sous, et leurs entreprises, ce qui était stupide. Et donc si on taxe la grosse bagnole que le zézé peut quand même s’offrir c’est un peu comme si on lui remettait l’ISF, mais il a le choix de ne pas le payer… ce qui ne le fera pas fuir, s’il ne veut pas payer sa taxe grosse ture, alors il peut toujours rouler en Dacia… et donc il paiera sa taxe. On est « prémium » ou on ne l’est pas !

Bref, c’est tout de même mieux de voir des sous tomber dans l’escarcelle de ceux qui en ont le plus besoin, de ne pas voir un nouvel ISF démagogique contre-productif, et une taxe sur les très grosses voitures qui revient à taxer ceux qui en ont vraiment les moyens en fonction de leur train de vie. Pas mal.

Encore un effort pour aller jusqu’au bout de la logique. Ce n’est pas le pauvre Gilet jaune avec sa vieille guimbarde qui roule au gasoil pour aller travailler à l’usine qu’il faut taxer, ni le diesel qu’il faut augmenter, mais bien mettre en place une véritable fiscalité écologique. J’attends avec impatience la taxe de 10 euros par gramme d’iPhone. Ce serait un immense progrès également.

Excusez-moi, je vous laisse, il faut que j’aille vérifier un truc, mes poules… elles ont peut-être des dents !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.