Tout le monde s'enrichit (puisqu'on vous le dit)

1500 MILLIARDS $
La FED a injecté, en novembre 2019, l'équivalent de 1.500 milliards de
dollars par an.

L’économie américaine va mal – et sans la perfusion de fausse monnaie administrée par la Fed, elle pourrait bien s’effondrer rapidement.

L’économie américaine aborde la fin 2019 avec un rythme cardiaque stable mais en montrant des signes croissants de démence sénile.

Le chômage est bas (principalement grâce au secteur des « services », à bas salaires). La croissance du PIB US est toujours positive, même si elle ralentit. Le Dow frôle les sommets de son canal. Et la Réserve fédérale injecte une fois encore de la fausse monnaie dans les marchés financiers.

Peut-être est-ce parce que le cannabis a été légalisé dans autant d’Etats américains…

… Mais la plupart des gens pensent que les choses ne vont pas si mal. Selon un tweet de M. Trump la semaine dernière : « tout le monde s’enrichit… »

« Et je me casse le c** au travail », a-t-il ajouté, comme pour suggérer qu’il y a un lien entre les deux choses.

Par n’importe quel moyen

Occasionnellement, un président aide certaines personnes à s’enrichir. Par n’importe quel moyen, souvent peu recommandable, certains peuvent faire jouer leurs contacts à la Maison Blanche pour gagner de belles sommes.

C’est tout le principe du Deep State, après tout.

Certains obtiennent des contrats pour des systèmes d’armement. D’autres gagnent gros en tant que lobbyistes. Certains se font une fortune en offrant « un accès ». Et bien entendu, le président lui-même touche souvent le gros lot, après sa période à Washington, en donnant des discours, en vendant des livres et autres clowneries.

Cette semaine, par exemple, Trump a trimé sur une nouvelle guerre commerciale – contre le Brésil et l’Argentine cette fois-ci. « Mais qu’est-ce qu’on a fait ? » ont demandé les Latinos stupéfaits.

Nous ne le savons pas non plus. Mais une taxe sur les importations d’Amérique du Sud a très peu de chances d’enrichir tout le monde. Même les ouvriers métallurgistes américains ne verront probablement guère de gains.

Le Wall Street Journal rapportait cette semaine qu’on compte 1 500 emplois en moins dans le secteur depuis l’imposition des taxes douanières. Quant aux Américains moyens, ils paieront simplement plus cher les choses fabriquées avec de l’acier et de l’aluminium.

Cependant, avant que les autorités ne renversent le seau de lait, elles ont veillé à tirer quelques louches de crème pour leurs compères. Entre vendredi matin et lundi après-midi, les actions d’US Steel (X) ont pris un dollar.

Le président, est après tout, Politicien en Chef. Et la politique, cela revient surtout prendre à certains pour récompenser d’autres. Enrichir tout le monde n’est pas au programme. Cela ne l’a jamais été et ne le sera jamais.

Une économie faiblissante

En attendant, les chiffres nous montrent une économie en proie à un ralentissement général – avec une croissance faiblissante dans quasiment toutes les catégories importantes, des ventes finales aux emplois manufacturiers en passant par l’investissement.

On a accusé le ralentissement industriel du déclin boursier enregistré en début de semaine. CNBC titrait :

 « Le Dow recule de 200 points sur des données manufacturières moins bonnes que prévu. »

Bloomberg ajoute des détails :

« Le pouls industriel américain est resté faible en novembre, une mesure de la manufacture se contractant pour un quatrième mois consécutif sur fond de déclin des commandes et de production modeste. […] 

Les données de l’Institute for Supply Management montraient lundi que l’indice des directeurs d’achat industriels avait connu un déclin inattendu à 48,1, proche du plancher de l’expansion, contre 48,3 précédemment. Les prévisions médianes d’un sondage Bloomberg auprès d’économistes anticipaient une amélioration à 49,2. Un chiffre inférieur à 50 indique que l’activité se réduit. »

Les guerriers du commerce ont pensé voir de bonnes nouvelles. Le déficit commercial américain sur octobre s’est réduit de cinq milliards de dollars – en baisse par rapport aux 70 Mds$ de septembre.

Oups… ce ne sont pas de si bonnes nouvelles que ça, en fait. Le déficit diminue parce que les importations ont chuté, non parce que les exportations ont augmenté. En d’autres termes, les Américains ont moins acheté à l’étranger que le mois précédent. Pourquoi ? Probablement parce qu’ils avaient moins d’argent.

Evidemment, il y a plus. Et si nous prenons assez de recul, nous pourrons voir plus clairement l’ensemble du tableau…

Ceci n’est pas un QE

Pour nos nouveaux lecteurs, voici une esquisse des événements financiers les plus importants des 50 dernières années :

En 1971, les Etats-Unis ont abandonné l’étalon-or et ont commencé à émettre de la fausse monnaie. L’inflation des prix à la consommation a rapidement grimpé. Mesuré en dollars pré-1971, liés à l’or, le marché boursier s’est effondré. Le Dow a perdu 98,5% de sa valeur sur les neuf années qui ont suivi.

En 1980, Paul Volcker a mené une charge héroïque contre l’inflation. Il a gagné la bataille et déclenché ainsi le boom actuel, avec des taux d’intérêt de plus en plus bas sur les 39 années qui suivirent. Les actions ont grimpé – tant en termes de vraie que de fausse monnaie.

Suite au krach de 1987, la Fed a commencé à manipuler les cours boursiers grâce au célèbre « put Greenspan ». Jusqu’alors, la Fed considérait que son rôle était de « retirer le bol de punch » lorsque la fête devenait un peu trop folle. A partir de là, elle se contenta d’ajouter plus d’alcool.

En 1999, les actions ont atteint un sommet historique. Il fallait plus de 40 onces de vraie monnaie – l’or – pour acheter le Dow Jones. Par rapport à 1971, les actions étaient deux fois plus élevées.

Avec le nouveau siècle est arrivée une correction – pour les Etats-Unis et pour leur marché boursier. La Fed a lutté contre le déclin des actions en réduisant les taux d’intérêt de plus de 500 points de base (5%). Les actions ont rebondi en dollar nominal, mais ont continué à chuter en dollar réel de 1971, adossé à l’or.

En 2001, George W. Bush a annoncé l’une des décisions les plus crétines de l’histoire de la politique étrangère américaine. Sa Guerre contre la terreur a coûté à ce jour 6 500 Mds$ au pays… et ce n’est pas fini. Cette dépense, associée à la nécessité de soutenir les prix des actions et les baby-boomers américains partant à la retraite, a rendu le pays dépendant de la fausse monnaie.

En 2008, une autre correction majeure a divisé les prix des actions par deux. A nouveau, la Fed a réagi avec une réduction des taux de plus de 500 points de base, ainsi qu’un programme de rachat d’actifs de 3 600 Mds$ (quantitative easing, assouplissement quantitatif, ou QE). A nouveau, les actions ont rebondi en termes de fausse monnaie mais ont continué à chuter, en termes d’argent réel, jusqu’en 2011.

En 2015, la Fed a décidé de commencer à « normaliser » les taux d’intérêt et réduire ses positions en obligations (quantitative tightening, resserrement quantitatif, ou QT). Elle n’a jamais remonté son taux directeur de plus de 250 points de base.

En 2018, une modeste correction de 15% sur les cours boursiers nominaux a fait paniquer la Fed, qui a abandonné sa politique de « normalisation ». L’année suivante, elle a abaissé ses taux à trois reprises.

Le 3 octobre 2019, une rumeur a circulé selon laquelle la Fed allait reprendre le QE. Cinq jours plus tard, Jerome Powell confirmait qu’il allait entrer sur le marché des repos, « mais n’appelez pas ça un QE », a-t-il dit. Les actions ont grimpé.

En novembre, ce « non-QE » injectait de l’argent dans les marchés au rythme de 1 500 Mds$ par an – plus encore que durant la période de crise de 2008-2009.

Le président peut « se casser le c** » autant qu’il le veut ; c’est la perfusion de fausse monnaie de la Fed qui maintient ce légume en vie.

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