Plus la fiscalité augmente plus l'économie souterraine explose

12,3 %
En France en 2018, l'Insee estimait le poids de l'économie souterraine
à 12,3% du PIB.

Avec l’économie officielle, il existe dans tous les pays une économie souterraine plus ou moins développée en fonction des niveaux de fiscalité, du type de gouvernance et des angles morts de la finance officielle. Cette économie souterraine prive le pays de recettes fiscales importantes mais elle permet à une couche non négligeable de la population de survivre et à une autre de s’enrichir illégalement.

Winston Churchill qui était un grand visionnaire, aimait à rappeler que « si vous détruisez un marché libre, vous créez un marché noir ».

Pourquoi y-a-t-il toujours une activité clandestine dans tous les pays ? Il existe beaucoup de causes.

La première cause, c’est un penchant naturel de tous les « hommes » qui les porte à trafiquer, à faire du troc, des échanges d’une chose pour une autre. C’est Adam Smith qui suite à ses recherches sur la dimension universelle et naturelle, a trouvé ce type d’échange sans entrave (en 1776).

La fiscalité importante sur les revenus et profits

Des réglementations juridiques, sociales, environnementales non coordonnées ou harmonieuses

Des contextes de crise, de pauvreté, de chômage,…

Des charges élevées sur les salaires, les cotisations salariales et patronales,

Une concurrence internationale disproportionnée

Un secteur public peu efficace ou trop prédominant

L’affaiblissement des valeurs morales

La prohibition,…

Qu’est-ce que l’économie souterraine ?

C’est une économie qui regroupe toutes les activités de production de biens et de services non légal (ou même certaines légales), ne faisant pas l’objet d’une déclaration officielle, ainsi que les activités criminelles et celles liées à la drogue.

Activités financières liées à la fraude fiscale, l’évasion vers les paradis fiscaux

Activités légales portant sur le droit pénal (Contrebande, drogue, prostitution,…)

Activités légales liées aux biens et services non déclarés aux administrations fiscales, sociales, ou environnementales, exemple travail au noir,…

Activités domestiques au noir, non déclarées, ni enregistrées (ménage, garde, baby-sitting, troc, conseils, réparations,…

Les conséquences négatives peuvent être très importantes pour l’état, mais aussi positives dans certains pays.

Remise en compte du principe d’équité fiscale

Concurrence déloyale

Remise en question de la souveraineté de l’état

Manque à gagner fiscal et social

Réduire l’efficacité de l’action publique

Augmentation de la délinquance et criminalité

Croissance et production freinées (plus ou moins suivant les pays)

Neutralisation ou moins d’effets des politiques publiques

La lutte engendre des coûts directs et indirects importants

Des prélèvements supplémentaires pour compenser le manque à gagner

D’où un étranglement des entreprises par une fiscalité plus importante

Profiter du système social, des services publics sans contribuer au financement

Un côté positif a pu être observé dans certains pays permettant d’augmenter les marges des entreprises, donc de la productivité. L’exemple le plus connu c’était celui de l’Italie qui avait un taux très important de travailleurs « au noir » en entreprises.

Le principal coté positif, c’est de permettre à une franche de la population pauvre ou peu aisée, d’augmenter ses revenus sans être taxée avec le sentiment d’y gagner.

Le marché noir mondial est « l’économie » qui connait la plus rapide croissance avec un chiffre évalué en 2019 à 10.000 milliards de dollars juste derrière le PIB américain (14.000 Mds).

Il existe une forte disparité entre les pays : C’est la Géorgie qui détient le pompon avec près de 65% et la Suisse dernière avec 7,2 %. (Voir le tableau ci-dessous)

Le secteur informel serait le premier employeur du monde avec le souterrain et surtout du non déclaré. Les chiffres ne sont pas forcément exacts, mais on peut estimer que les activités dites « légales sous-déclarées » représenteraient environs 65%, les achats légaux de produits destinés aux activités informelles seraient de 20% environ, les activités personnelles ou ses proches connaissances, avoisineraient 8% et les activités illégales 7%.

Sur dix travailleurs, six sont en emploi informel dans le monde. C’est l’Afrique qui vient en tête avec 86% et l’Europe de l’Ouest en fin de peloton avec 14%.

En Europe, 38,5% de l’emploi des + de 65 ans est informel. Dans les économies en voie de développement, 84% des jeunes sont en informel.

Dans le monde, 9 personnes sur 10 n’ayant pas reçu d’éducation scolaire sont en emploi informel.

En France en 2018, l’Insee estimait le poids de l’économie souterraine à 12,3% du PIB : Mafia, trafics d’armes, stupéfiants, blanchiment d’argent, évasion fiscale, escroqueries, tout le travail au noir,… L’économie souterraine est partout. Chacun d’entre nous peut être l’un de ses acteurs, plus ou moins consciemment. Selon COE, cet éventail significatif représenterait 2,5 millions de personnes qui percevraient des revenus non déclarés. Avec ce chiffre la France se trouve dans le bas du tableau. Dans pas mal de pays c’est la loi qui a favorisé la clandestinité.

LA DROGUE, un marché énorme

Le marché de la drogue n’arrête pas de croître. En 2017, 217 millions de personnes (répertoriées) consommaient de la drogue. Soit 30% de plus qu’en 2009. Plus de 50% de production de cocaïne entre 2007 et 2017 et 74% de plus de saisies. C’est l’Afghanistan qui en produit le plus sur 236.000 hectare puis la Birmanie, le Mexique,…

En 2017, il existait 492 substances, soit 72 de plus qu’en 2016.

En 2017, c’est 585.000 morts dans le monde dues à l’usage de la drogue.

C’est aussi la perte de 42 millions d’années de vie en bonne santé.

Conclusion :

L’économie souterraine, informelle, partie cachée de l’activité économique est devenue un moteur auxiliaire de la croissance. Mais elle décroît au fur et à mesure que le pays se modernise, se développe. C’est une économie qui pourrait se définir comme naturelle mais en engendrant une part de souffrance et de criminalité !

Elle pourrait certainement diminuer si le chômage revenait proche de zéro avec la diminution de presque toutes les aides, y compris du RAS. Il ne faut pas rêver, ce ne sera pas pour demain ! Augmenter le niveau de vie des salariés français en travaillant plus et plus longtemps serait la solution la plus rapide et la plus efficace.

www.danielmoinier.com


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Daniel Moinier

Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.

Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.