Les Français sont contradictoires, ils veulent du français, alors qu'ils sont grands consommateurs de marques étrangères

Depuis qu’Arnaud Montebourg, alors ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique, a lancé en 2012 le made in France et sa marinière Armor Lux, les français prônent de plus en plus les produits franco-français, régionaux et locaux. Ce qui à priori peut sembler une très bonne chose pour le développement du commerce et l’extension des producteurs de proximité, y compris pour l’écologie, en minimisant ainsi les coûts de transport mais aussi l’empreinte carbone et la pollution.

Mais avec cette volonté et exigence de changement, comment concilier meilleur niveau de vie, activité, emplois, avoir une France performante avec des budgets excédentaires pouvant améliorer les conditions de vies des concitoyens ? C’est là la grande difficulté qu’auront les gouvernements actuel et futurs pour contenter un maximum de Français.

Un exemple qui me vient à l’esprit, Ségolène Royal, alors ministre de l’écologie a annoncé le 21 mars 2016 (et décrets le 31 mars 1016) de supprimer les sacs plastique distribués gratuitement en caisse de la grande distribution au 1er juillet 2016 et pour tous les magasins le 1er janvier 2017. Applaudissements de tous les écologistes et beaucoup de français favorables à la transition, mais revers de la médaille ; des fermetures d’usines, beaucoup de salariés au chômage. Les fabricants n’ont pas eu le temps de se reconvertir. Ils ont dû mettre la clef sous la porte, surtout ceux qui étaient très spécialisés sur ce produit qui représentait des quantités énormes à fabriquer.

Pas du tout de résistance du côté de la grande distribution qui y a trouvé immédiatement un gain de marge, n’ayant plus à acheter les sacs et au contraire, en vendant les nouveaux sacs cabas ou recyclables.

D’autre part, comment vouloir concilier, un retour complet au made in France sans mettre en difficulté les entreprises exportatrices qui ne le sont déjà pas suffisamment pour équilibrer la balance française. Il est vrai que si l’on achète français, les importations devraient diminuer et avoir tendance à équilibrer cette balance.

Autre grande difficulté à résoudre simplement en Europe, tous les pays ayant une politique de recentrage sur eux même, comment vont survivre les entreprises qui exportent ? Autre contradiction, toutes les institutions spécialisées poussent nos entreprises françaises par des aides et subventions, pour être des championnes à l’export.

Ce qui est aussi en contradiction avec le plan climat qui veut moins de transport aérien, maritime, terrestre, pollution, ce qui en revanche, diminuerait tous les emplois.

Autre difficulté et non des moindres, en produisant uniquement français, les prix de vente vont flamber, alors comment acheter français avec un pouvoir d’achat en berne ? Un produit fabriqué en Asie peut coûter 5 à 10 fois moins cher que fabriqué sur notre sol. Vous les français, comment allez-vous faire sans votre iphone, smartphone, tablette, ordinateur, vos nike, gps, et trois-quart des produits consommés ou utilisés.

Pour pouvoir rattraper cet écart énorme il faudra changer nos habitudes de loisirs, de vie, d’emplois…

Seule solution ; travailler beaucoup plus pour diminuer les coûts, les charges salariées, entreprise, augmenter fortement le pouvoir d’achat, mais surtout sauver nos entreprises en les rendant plus performantes, rentables permettant d’obtenir des coûts de production moindre et très compétitifs.

Autre avantage et non des moindres, un retour possible des entreprises à la campagne et des relocalisations, plus de commerces, de services de proximité, d’où moins de déplacements, de migrations vers les centres urbains, moins de temps perdus, pollutions, fatigue, plus de temps passé en famille, entre amis…Les gilets jaunes obtiendraient une bonne part de leurs revendications avec un bonheur de vivre retrouvé sans pour autant changer toutes nos institutions.

www.danielmoinier.com


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Daniel Moinier

Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.

Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.