Handicap : il faut apprendre à vivre ensemble malgré les différences

7 %
En 2017, 7% de la population française ont une reconnaissance
administrative de leur handicap.

La période que nous venons de traverser, collectivement, impose un temps de réflexion sur ce qu’est notre société d’aujourd’hui, sur ce que nous voulons qu’elle devienne demain. Si l’écologie, le retour à la terre, à notre planète a trouvé légitimement sa place dans la conscience collective ; qu’en est-il de la place de l’humain et de l’égalité entre les Hommes ?

La société française doit valoriser les différences 

Dans une société clivée , perturbée par le racisme, l’antisémitisme, le sexisme, l’handiphobie et l’homophobie , les différences ne se cumulent plus mais s’opposent. Comme si l’individualisme forcené de notre société déteignait sur les communautés par une compétition triviale entre elles. Alors à quoi bon sauver une Planète si on n’est plus capable de vivre ensemble dessus et de faire société ?

La crise que nous vivons nous impose de retrouver le sens de ce qu’est une vie en société, en collectivité. La collectivité vous apporte et vous lui apportez aussi en retour. Principe simple, logique mais tant de freins l’empêche en fin de compte dans le quotidien. C’est une société inclusive c’est-à-dire qui ne laisse personne sur le bord de la route et qui, en même temps, fait en sorte que les principes d’égalité et de participation de chaque individu sont érigés en valeurs centrales. L’égalité des droits et la pleine participation citoyenne sont des principes fondamentaux socles des droits de l’Homme sur lesquelles une nouvelle ambition est souhaitable. L’un et l’autre ne s’opposent pas mais doivent converger, le défi écologique ne peut faire oublier le défi humain et réciproquement. Le premier d’entre eux sur lequel je vous propose de vous attarder est celui de l’accessibilité.

L’accessibilité : un combat nécessaire 

Comment peut-on encore en 2020, dans la patrie des droits de l’Homme considérer l’accessibilité universelle comme une contrainte et non pas comme une chance ? Une chance pour l’égalité, une chance pour l’autonomie, et n’ayons pas peur de le dire aussi une chance pour notre économie. Une chance pour l’égalité comme le rappelle la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées ratifiée par la France en 2007. Car selon celle-ci la notion de handicap évolue et le handicap résulte de l'interaction entre des personnes présentant des incapacités et les barrières comportementales et environnementales qui font obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l'égalité avec les autres.

Une chance pour l’autonomie car l’accessibilité permet la liberté de circuler, d’apprendre, de travailler, de pratiquer des loisirs culturels ou sportifs, bref de s’émanciper, de se développer en tant que personne. Prenons un instant pour nous rappeler pour quels publics ont été développés le SMS (les personnes sourdes) et la télécommande (les personnes paraplégiques) pour comprendre que ce « réflexe handicap » crée une innovation qui profite en définitive à tous et ouvre de nouvelles perspectives de mieux vivre. Enfin une chance économique car l’accessibilité physique ou numérique est aussi un formidable vecteur d’activité économique et de création d’emploi. Sur ce dernier point, l’innovation en lien avec le handicap est même décisive et à l’instar de la croissance verte représente à nos yeux l’activité de l’avenir encore sous-estimée par nos gouvernants.

Par conséquent, si la grandeur d’une Nation se mesure à l’attention qu’elle porte aux plus fragiles et aux plus discriminés des siens c’est aussi en s’inspirant d’eux qu’elle se soude et s’enrichit. Et comme disait si bien Gandhi : « Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde. » Que cette citation inspire chaque individu pour qu’il soit le changement dont il souhaite que ce fameux monde d’après s’inspire.


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Matthieu Annereau

Matthieu Annereau est député suppléant de la troisième circonscription de la Loire-Atlantique, conseiller municipal à Saint-Herblain et président de l'Association pour la Prise en compte du Handicap dans les Politiques Publiques et Privées (APHPP).