Le déficit public a dérapé en 2013 : 4,3% du PIB, contre 3,6% promis il y a un an...

La dette publique a atteint 93,5 % du PIB en 2013, contre 90,2 % en
2012.

C'est à se demander si la Une récente du Point sur « Les sous-doués au gouvernement » n'était pas, finalement, justifiée... Alors que le chômage s'envole, que la croissance est quasi nulle (0,3% en 2013), que plusieurs grandes villes socialistes basculent à droite, voilà encore une mauvaise nouvelle : le déficit public (Etat, Sécurité sociale, collectivités locales), qui devait être ramené à 3,6% du PIB en 2013, explose finalement à 4,3%, comme le révèle le journal Les Echos.

Un déficit sous les 3% l'an prochain... ?!

Deux conclusions : un, les experts de Bercy chargés de prévoir les comptes de la France devraient racheter des calculettes car visiblement, ils se sont trompés de plusieurs milliards dans leurs calculs.

Deux, on ne voit guère comment le gouvernement compte tenir sa promesse faite à Bruxelles de ramener le déficit sous la barre fatidique, fixée à tous les pays membres de l'Union Européenne, des 3% en 2015. Or la France a déjà bénéficié d'un sursis de deux ans...


Des dépenses en baisse comme prévu, mais des recettes inférieures aux attentes

Pourquoi le déficit a-t-il dérapé à ce point ? En fait, les dépenses publiques ont été tenues, ce qui est tout de même une bonne nouvelle. Mais ce sont les recettes fiscales qui sont en-deçà des attentes. Celles tirées de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés ont notamment été décevantes, en raison d'une conjoncture économique morose.

Cela était en réalité prévisible car on savait depuis le mois de janvier que le déficit budgétaire (celui de l'Etat seul, sans la Sécurité sociale ni les collectivités locales) avait dérapé. Alors que l'Etat pensait accuser un trou de 74,9 milliards d'euros en 2013, en fait, c'est un déficit budgétaire de 77,6 milliards que la France a accusé, soit un emballement de l'ordre de 3,6% tout de même !

Là encore, côté dépenses, l'honneur est sauf, l'Etat ayant dépensé l'an dernier 3,4 milliards de moins que prévu par rapport à l'objectif voté en loi de Finances initiale, et 600 millions de moins que prévu à l'automne lors du collectif budgétaire (et surtout 1,5% de moins que l'année précédente).

Mais côté recettes, aïe ! Le gouvernement tablait sur une hausse des recettes fiscales brutes de 9% en 2013 par rapport à 2012, laquelle n'a pas été au rendez-vous.

Pour 2014, l'exécutif espère ramener le déficit à 3,6% du PIB... On lui souhaite bon courage ! 


A découvrir

Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.