Huile en stock

72 dollars
Le prix du baril de brut américain (WTI) est passé de 64 dollars le 15
août à 72 dollars ce mardi 24 septembre

Ce mercredi est marqué par la conclusion du comité américain de politique monétaire (FOMC). Autres préoccupations du jour, les craintes quant aux stocks de pétrole des pays de l’OCDE, orientés à la baisse.

Mise à jour des projections économiques du comité américain FOMC

Commençons par rappeler ce qui sera l’évènement de la journée, à savoir la conclusion du comité américain de politique monétaire (FOMC) ; avec le communiqué sur le diagnostic économique et les changements apportés au réglage monétaire, la mise à jour des projections économiques des membres du FOMC et la conférence de presse donnée par le Président Powell. Une hausse de 25 centimes du taux directeur sera décidée ; cela ne sera en rien une surprise. 

À? quoi faudra-t-il être attentif ? Au maintien de la phase sur un réglage monétaire restant accommodant ; sa disparition enverrait alors un message dovish. Aux risques mentionnés en termes de poursuite de la croissance ; les tensions commerciales, les pays émergents ou le couple marché de l’emploi - inflation. Les deux premiers participeraient d’un biais baissier et le troisième d’un biais haussier. Les projections ne devraient pas être revues beaucoup ; mais sans doute un peu à la hausse pour l’année en cours. Avec donc la possibilité qu’un peu plus de membres du FOMC se prononcent en faveur de quatre hausses de 25 centimes du taux directeur sur la totalité de 2018. De quoi conforter alors la vue du marché que celui-ci soit relevé une fois de plus en décembre prochain.

Les éléments qui participent de la hausse des taux longs

Il est probablement trop tôt pour que la Fed retire sa phrase sur le réglage monétaire restant accommodant. Les banquiers centraux ne devraient pas non plus privilégier une mise en avant des risques baissiers. Ce n’est pas pour autant qu’ils enverraient un message d’accélération du processus de normalisation de sa politique. Bref, pas de quoi aviver les pressions haussières sur la partie longue de la courbe des taux. On le sait, celles-ci ont été assez marquées sur la période récente. Le rendement d’une obligation américaine d’Etat a progressé de près de 30 centimes sur le mois écoulé.

Regardons les autres éléments qui participent ou peuvent participer de la hausse des taux longs. On peut penser à cette impression générale que les politiques monétaires sont en passe de se normaliser un peu partout. A côté du débat, sans doute un peu précoce, sur une augmentation des taux directeurs de la BCE venant plus vite qu’attendue, lancé il y a deux jours par un Mario Draghi qui affichait sa confiance dans la remontée de l’inflation en Zone Euro, il y a ce simple constat que le bilan cumulé des quatre principales banques centrales du monde développé recule dorénavant. Rapporté au PIB, il « pèse » aujourd’hui 37,0% contre un maximum de 37,3% en début d’année. D’autres éléments sont aussi à prendre en compte, comme le sentiment que les choses se passent bien côté croissance ou les craintes liées soit au désordre à la Maison Blanche (un moindre appétit pour l’actif sans risques qu’est le Treasury ?), soit à la politique de change chinoise (et si la stabilisation du yuan se faisait à coup de réduction des réserves officielles et donc de vente de T-bonds ?).

Et puis, il y a les craintes inflationnistes. On connait le débat compliqué autour des tensions sur le marché du travail et ses implications d’abord sur les coûts salariaux et ensuite sur les prix. Il se poursuit et aucun consensus clair ne se forme. De façon plus prosaïque, comment ne pas noter la remontée des cours du pétrole ? Ainsi, le prix du baril de brut américain (WTI) est passé de 64 dollars le 15 août à 72 dollars ce mardi 24 septembre. On a vu dans la foulée les anticipations inflationnistes se réveiller un peu.

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Les stocks de pétrole des pays de l’OCDE en baisse

Alors que se passe-t-il côté pétrole ? On sait que la demande reste bien orientée. On a compris que, malgré la poursuite de la hausse de la production de pétrole non conventionnel américain, les craintes restent vives en matière de perspectives de production au Venezuela, en Lybie et surtout en Iran. Au point que ce mardi 24 septembre, le Président Trump, depuis la tribune de l’Assemblée Générale des Nations Unies s’est emportée contre une OPEP que « personne n’aime » et qui « comme d’habitude vole le reste du monde ». Il faut dire que le « locataire » de la Maison Blanche demande aux autres producteurs membres de l’organisation de compenser les « manques » de leurs partenaires. Sans grand succès jusqu’à maintenant ; d’où l’irritation exprimée avec force.

Un autre point mérite l’attention. Les stocks de pétrole des pays de l’OCDE sont orientés à la baisse. Est-ce au titre d’une demande plus ferme qu’attendu ou à celui defutures qui n’indiquent pas depuis déjà quelques temps d’anticipations de hausse des cours à l’horizon des prochains trimestres ? Dans tous les cas, cela paraît bien contribué à l’heure actuelle d’une tension sur le prix de l’or noir.

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Une fois encore, les histoires de stocks sont à surveiller de près !


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Hervé Goulletquer

Hervé Goulletquer est stratégiste de la Direction de la gestion de La Banque Postale Asset Management depuis 2014. Ses champs d’expertises couvrent l’économie mondiale, les marchés de capitaux et l’arbitrage entre classe d’actifs. Il produit une recherche quotidienne et hebdomadaire, et communique sur ces thèmes auprès des investisseurs français et internationaux.

Après des débuts chez Framatome, il a effectué toute sa carrière dans le secteur financier. Il était en dernier poste responsable mondial de la recherche marchés du Crédit Agricole CIB, où il gérait et animait un réseau d’une trentaine d’économistes et de stratégistes situés à Londres, Paris, New York, Hong Kong et Tokyo.

Il est titulaire d’une maîtrise d’économétrie, d’un DEA de conjoncture et politique économique et diplômé de l’Institut d’Administration des Entreprises de Paris.