Identité numérique : un modèle bénéfique pour les entreprises européennes

13 %
La résolution du problème de l'identité pourrait ajouter jusqu'à 13 %
au PIB d?un pays d?ici 2030

Alors que de plus en plus d’individus ont intégré le numérique dans leur routine quotidienne, leur permettant d’accomplir davantage de tâches en ligne, il devient clair que celles avec la plus grande valeur sont les activités où les utilisateurs doivent fournir des informations personnelles vérifiables. Fournir ces justificatifs d’identité, c'est essentiellement prouver qu’une personne est qui elle prétend être : preuve d'identité, preuve d'adresse, preuve de qualifications, etc. Cela se fait le plus souvent au moyen de documents physiques qui doivent ensuite être vus, examinés et même « palpés » pour confirmer leur bonne foi, c'est-à-dire qu'il s'agit bien de l'article authentique.

En utilisant des identifiants numériques, les entreprises auraient la certitude que toutes les données échangées entre le titulaire et le vérificateur transiteraient en toute sécurité de l’un à l’autre, sans intermédiaire, et seraient protégées contre toute forme de piratage ou de falsification au moyen des meilleures technologies de chiffrement disponibles. En d’autres termes, la vie privée serait préservée dans son intégralité. De plus, une étude du McKinsey Global Institute estime que la résolution du problème de l'identité pourrait ajouter de 3 à 13 % au PIB d’un pays d’ici 2030. De ce fait, les avantages économiques ne doivent pas être ignorés, et rester à la pointe de l'économie numérique est essentiel. De plus, d’autres domaines, clés en tireraient profit, à l’instar du secteur de la santé, où les justificatifs d’identité, le groupe sanguin ou encore les allergies peuvent de plus en plus être enregistrés numériquement dans le cadre de Dossiers Médicaux Partagés (DMP) par exemple. Dans cette lignée, la France a d’ailleurs annoncé, via un décret paru au Journal officiel le 1er août, l’extension de son expérimentation de la Carte Vitale dématérialisée à de nouvelles régions du pays. 

Les services financiers : premiers bénéficiaires de l’identification électronique 

Actuellement, le domaine des services financiers semble être le plus propice au partage de justificatifs d’identité numérique, en raison du grand nombre de projets en développement au niveau européen pour en faciliter le transfert. L’un des programmes de grande ampleur en Irlande, intitulé « L’Emerald Project » vise par exemple à intégrer les identifiants numériques aux importantes interactions quotidiennes des utilisateurs. Grâce à cette initiative, les interactions avec les organismes financiers et d’assurance, voire immobiliers, pourraient toutes être réalisées en quelques secondes au moyen d’informations numériques pré-vérifiées, issues d’un portefeuille virtuel authentifié sur le téléphone de l’utilisateur. Parallèlement, la commission européenne a adopté un règlement eIDAS, pour rendre sécurisés et interopérables l’identification électronique, les services de confiance (création, vérification et validation de signatures électroniques, cachets électroniques etc..) et l’échange de documents électroniques dans tous les pays de l’UE. L'identité numérique européenne sera accessible aux citoyens, aux résidents et aux entreprises de l'UE qui souhaitent s'identifier ou confirmer certaines informations personnelles.
 
Or, environ 1,1 milliard de personnes dans le monde n'ont aucune preuve d'identité, et 45 % des personnes sans identité font partie des 20 % les plus pauvres de la planète. La lourdeur des procédures d'identification, les frais, le manque d'accès et la simple méconnaissance de l'identité personnelle sont les principaux obstacles qui maintiennent plus d'un milliard de personnes en dehors des systèmes d'identification traditionnels. Il est essentiel de posséder une identité pour avoir accès au système financier existant. À l'inverse, 60 % des 2,7 milliards de personnes sans banque possèdent déjà un téléphone portable, ce qui ouvre la voie à des solutions d'identité mobile basées sur la blockchain qui répondent mieux aux besoins des citoyens vulnérables.

Les blockchains : une solution accessible et efficace pour sécuriser les identités numériques

La blockchain, qui rend le partage d’informations inviolable et vérifiable, joue un rôle essentiel dans la sécurité des justificatifs numériques. Il s’agit d’une série de données immuables horodatées, gérée par un groupe d'ordinateurs et n'appartenant à aucune entité. Chacun de ces blocs de données est sécurisé et lié aux autres par des principes cryptographiques. Ce cadre prêt à l'emploi facilite ainsi la création et la gestion des identités, tout en les sécurisant. De multiples projets liant les blockchains à l’identité numérique sont déjà en cours en Europe. Blockchain Ireland, un effort combiné du gouvernement irlandais et de l’écosystème de la technologie irlandais : entreprises établies en Irlande, centres de recherches et universités irlandaises, envisage par exemple d’intégrer la chaîne des blocs dans la vie quotidienne des utilisateurs. Cette démarche leur permet ainsi de mieux contrôler et maîtriser leurs propres données, lors de la création d’un compte Google ou d’un compte Facebook, entre autres. Un projet similaire, sous le nom de Blockchain France, est aussi en cours en France. Mené par des experts du secteur, il guide les entreprises dans leur déploiement des technologies blockchains.

Les pôles de cybersécurité Européens : une solution dans la lutte contre le vol d’identifiants numériques

Alors que l'environnement digital des entreprises, des institutions et des gouvernements continue de croître en taille et en complexité, l'identité numérique est devenue un enjeu de sécurité de taille. Notamment face à la récurrence des usurpations d’identité, des vols de données et autres attaques malveillantes perpétrées. Alors que cette menace n’est pas près de disparaitre et que les cybercriminels sont plus actifs et opportunistes que jamais, l’établissement de pôles de cybersécurité et de stratégies d’authentification forte sont essentiels pour aider les organisations à se protéger. 

Pour protéger l’identité numérique des utilisateurs au niveau national, ces pôles se multiplient à travers l’Europe. Le label France Cybersecurity, par exemple, est gouverné par une structure tripartite composée de représentants des utilisateurs, de représentants des industriels et des services de l’Etat compétents qui cherche à accroître le niveau de protection des individus en ligne. Parallèlement, le réseau de cybersécurité Cyber Ireland qui avec la France est considéré comme un pôle d’investissement et d’innovation majeur en Europe, a recentré sa stratégie sur la lutte contre les cybermenaces, soutenu par les agences gouvernementales locales, des représentants industriels de haut niveau, ainsi que des instituts universitaires et des centres de recherche. 

Alors que de plus en plus de processus et d'activités basculent en ligne, sécuriser les identités numériques des utilisateurs est plus important que jamais, tout comme le fait de savoir qu'une entreprise dispose d'un solide processus d'intégration de vérification de l'identité. Pour répondre à ce besoin et intégrer l’identité numérique au quotidien des utilisateurs – particuliers et professionnels –, de nombreux projets se développent en Europe. Ces projets, tels que ceux liés à la blockchain ou aux infrastructures de cybersécurité visant à stocker les identités numériquement, permettront de protéger et vérifier les informations personnelles, tout en facilitant l’accès et le partage de celles-ci pour les utilisateurs. Finalement, ces initiatives contribueront à la protection des données et des identités, et favoriseront le basculement plus serein des entreprises encore en transition vers une économie numérique. 


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