Impôts à la source : un système plus compliqué que prévu

17,6
Actuellement, sur 37,1 millions de contribuables, seuls 17,6 millions
de paient l'impôt sur le revenu.

La réforme est réclamée à droite et à gauche, et est plébiscitée par la majorité des Français (60%) d’après de récents sondages. Mais le prélèvement des impôts à la source, mesure prévue dans le cadre du choc de simplification, pourrait s’avérer complexe.

Plus ou moins simple

Actuellement, la France est, avec la Suisse, le seul pays d'Europe à ne pas pratiquer la retenue de l'impôt à la source. 

Le prélèvement direct sur le salaire permet de payer son impôt en temps réel sans avoir à faire de déclaration complexe par la suite et sans risque de ne pas avoir provisionné la somme suffisante. En fait, c'est l'employeur qui se charge de collecter l'impôt des salariés et de le verser à l'État.               

En théorie, le système est donc plus simple. C'est d'ailleurs l’objectif poursuivi par François Hollande : que l’impôt soit "rendu plus simple dans son prélèvement". 

Cela ne serait pas du luxe : un récent sondage révélait que la majorité des Français ont des sueurs froides au moment de déclarer leurs revenus. Certains, devant la complexité du processus, auraient même des envies d'expatriation à ce moment précis de l'année !

Mais en réalité, le prélèvement à la source ne va pas forcément simplifier les choses, du moins pas les premières années. 

Des bugs et des craintes

D'abord car ce n'est pas tant le mode de paiement (en ligne ou papier, mensuel ou annuel, à la source ou non) qui est complexe, que les démarches à entreprendre pour calculer ses revenus, les abattements fiscaux et le reste

En outre, l’évolution vers le nouveau système risque d’entraîner de nombreux bugs techniques. 

Reste à savoir aussi si en pleine période de ras-le-bol fiscal, les Français ne vont pas s’affoler à l’idée d’une telle mesure. Ils disent déjà que leur principale crainte réside dans le fait de communiquer à son employeur des données hautement confidentielles, comme par exemple l’existence d’un patrimoine familial important ou de revenus parallèles. Cela peut jouer au moment de négocier une augmentation de salaire par exemple.


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Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.