Les entreprises dirigées par les femmes connaissent de plus forts taux de croissance

  • Davantage de femmes dans la vie active doperaient la croissance selon
    certains experts, permettant une progression de 9,4 % du PIB français
    dans les vingt ans qui viennent.
  • Plus de 80 % des postes à temps partiel sont occupés par des femmes
    alors que plus de la moitié d'entre elles souhaitent travailler à
    plein temps.

Plus de 80 % des postes à temps partiel sont occupés par des femmes
alors que plus de la moitié d'entre elles souhaitent travailler à
plein temps.

Au moment où la diversité et la mixité sont perçues comme un outil essentiel de performance de l'entreprise, il est paradoxal de constater que les femmes n'y occupent toujours pas la place qui devrait être la leur et que les inégalités persistent.

Les faits et les chiffres sont têtus. Malgré la loi imposant aux entreprises de plus de 50 salariés de négocier des accords relatifs à l'égalité professionnelle hommes-femmes, la situation évolue peu. Les femmes continuent à être plus touchées que les hommes par le chômage. Elles sont près de deux fois plus souvent au Smic et représentent 83 % des travailleurs à temps partiel. Elles ne sont que 32 % à accéder à la formation continue, contre 45 % pour les hommes, et cerise sur le gâteau, gagnent en moyenne, par on ne sait quel mystère, 25 % de moins que leur homologues masculins, à formation et compétences égales.

On le voit le bilan est loin d'être brillant, démontrant une fois de plus que malgré des avancées comme la loi Copé-Zimmermann de janvier 2011 sur la représentation équilibrée des hommes et des femmes au sein des conseils d'administration, le plafond de verre est toujours aussi prégnant. Comment expliquer autrement que bien qu'elles soient plus diplômées que les hommes, les femmes accèdent plus difficilement à des postes de responsabilité ? Autre signe du poids d'un environnement socioculturel qui continue à faire la part belle aux hommes, les femmes ne représentent toujours que 30 % des créateurs d'entreprise et 27 % des dirigeants de TPE/PME, des chiffres qui stagnent depuis 20 ans. Le poids des préjugés freine encore trop souvent les ambitions naissantes des porteuses de projets, les amenant à s'autocensurer et à douter de leurs capacités. Concilier vie familiale et vie professionnelle, demeure un obstacle majeur pour bon nombre d'entre-elles.

« Les entreprises dirigées par des femmes connaissent de plus fort taux de croissance »

Pourtant, leur pragmatisme, leur polyvalence, leur fibre managériale et relationnelle font merveille dans le monde de l'entreprise. Leur légitimité en matière de gestion n'est plus à démontrer. Les entreprises dirigées par des femmes connaissent de plus forts taux de croissance et les nouvelles entreprises détenues par des femmes affichent de meilleurs scores en terme de créations d'emplois sur trois ans que celles détenues par des hommes, constate le rapport de l'OCDE sur les inégalités hommes-femmes.  Leur prudence naturelle face aux sirènes financières,  les préservent de bien des travers aventureux. Les femmes chefs d'entreprises empruntent ainsi beaucoup moins que les hommes pour créer leur entreprise ou pour la faire fonctionner.  Mieux encore, davantage de femmes dans la vie active doperaient la croissance selon ces experts, permettant une progression de 9,4 % du PIB français dans les vingt ans qui viennent.

Il n'est plus possible de se priver davantage d'une telle richesse, alors que la crise bat son plein. Le gouvernement veut faire de l'égalité professionnelle homme-femme  un chantier prioritaire en 2013 : prenons le au mot et oeuvrons toutes ensembles à travers nos propositions, pour que de réelles avancées voient le jour. Les pistes sont connues : davantage d'accompagnement, de formation, de tutorat et de suivi personnalisé, à toutes les étapes de la création et durant les premières années de développement. Mais aussi une meilleure information sur les dispositifs existants de soutien financier à l'entreprenariat féminin et une sensibilisation accrue des banquiers à leurs problématiques. Sans oublier un renforcement des structures d'accueil pour leurs enfants avec des droits identiques à ceux des salariés.

Nous avons la chance qu'en France les femmes représentent la moitié de la population active, sachons la saisir !