L'économie circulaire à impact positif, une solution pour en finir avec l'ère des  déchets et du gaspillage

7,2 milliards
La population mondial a atteint 7,2 milliards de personnes.

Le 8 août dernier a été défini comme le jour officiel du dépassement de la Terre pour l’année 2016. Cela signifie que nous avons épuisé la totalité des ressources naturelles disponibles pour cette année et que la Terre vie désormais sur ses réserves.

Nous voilà donc confrontés à l’épuisement des ressources naturelles de notre planète. Leur disparition remet en cause nos modes de vie même si nous n’en percevons pas encore les effets… Car pour maintenir le confort dans lequel nous vivons encore quelques années, il faudrait près de deux planètes ! Or, nous n’en avons qu’une, irremplaçable. ?

Ce phénomène s’explique par :
- Une population mondiale qui augmente : aujourd’hui nous sommes 7,2 milliards et en 2050, la population mondiale atteindra 10 à 11 milliards (Source: INED 2013)
- Des modes de vie de plus en plus consuméristes
- Les besoins considérables en ressources naturelles, que nous puisons sans discontinuer et sans penser à les réutiliser…

Si nos ressources naturelles s’amenuisent, d’un autre côté, nous croulons sous une quantité de déchets que nous peinons à valoriser (c’est autant de matières et de ressources perdues !). Ce paradoxe révèle que notre système de production et de consommation dit linéaire (extraire-produire-consommer-jeter) est arrivé à bout de souffle. Dès lors, comment faire ?

Aujourd’hui nous multiplions les solutions pour nous débarrasser des déchets soit de façon classique (incinération, enfouissement etc.) soit en les valorisant grâce au tri sélectif, méthanisation etc. Ce faisant, nous diminuons notre impact sur l’environnement. C’est un progrès important, mais ces différentes mesures ne règleront pas le problème de ressources auquel nous faisons face. Au mieux, elles retarderont l’échéance.

Prenons l’exemple d’un verre d’eau. Si l’on ne ferme pas le robinet, celui-ci finit par déborder. Nous pourrons le vider autant que possible, tant que nous ne fermerons pas le robinet, le verre d’eau finira toujours par déborder. Avec les déchets, c’est la même chose. Nous pouvons réduire au maximum leur quantité mais c’est la source qu’il faut tarir. L’économie circulaire à impact positif se présente comme une solution intéressante pour tarir cette source en proposant de remplacer ce système linéaire par un système circulaire. En quoi cela consiste-t-il ?

Tout d’abord, la force de l’économie circulaire à impact positif réside dans la vision qu’elle porte de l’écologie. Quand on parle d’environnement, on a plutôt l’habitude de se faire sermonner : nos activités sont trop nocives, trop polluantes et nous devons toujours plus réduire notre impact environnemental… L’économie circulaire à impact positif propose une vision non-culpabilisante de l’écologie en montrant que nous pouvons avoir, au-delà d’un impact zéro sur l’environnement, un impact positif.

Ensuite, pour éviter de jeter et gaspiller des ressources, l’économie circulaire propose de transformer les produits arrivés en fin de vie pour leur redonner de la valeur afin qu’ils réintègrent un nouveau cycle de production. Transformer des produits pour leur redonner de la valeur, cela s’appelle l’upcyclage. L’Upcyclage ou sur-cyclage se trouve au cœur de la démarche d’économie circulaire.

L’idéal pour upcycler des produits est de connaître leur composition ; d’où l’importance de l’éco-conception : il s’agit de penser suffisamment  en amont la conception du produit et ses innovations afin que celui-ci n’arrive plus en fin de vie mais soit toujours transformé de manière à être réintégré dans un nouveau cycle de vie. Ce principe doit également prendre en compte la toxicité des composants afin de fabriquer le produit le plus bénéfique possible pour la santé.

Ainsi, les ressources utilisées ne deviennent jamais « déchets », elles restent des ressources pour des produits similaires ou compatibles, car ce qui se conçoit bien ne s’épuise jamais. Il existe deux cycles de valorisation des produits :
- Le cycle technique pour les produits manufacturés. Ex : des fibres de moquettes usagées qui redeviennent de la moquette ou deviennent des collants.
- Le cycle biologique pour les produits naturels. Les biodéchets de la restauration collective sont transformés en compost qui retourne à la terre et la régénère.

Ne confondons pas économie circulaire et recyclage !

La principale différence entre l’économie circulaire à impact positif et le recyclage est la suivante : le recyclage traite des déchets tandis que l’économie circulaire élimine la notion de déchet et ne traite  que  des ressources et leurs différents usages. Le recyclage est un premier pas important en faveur de l’environnement, qui commence à porter ses fruits mais il est confronté à différentes limites:

On observe une perte de valeur au fur et à mesure du processus de recyclage (c’est pourquoi on parle parfois de sous-cyclage ou downcycling). Avec le recyclage, on valorise des déchets dont on ne connaît pas la composition et dont la plupart des ingrédients n’ont pas été conçus pour l’usage suivant et peuvent donc être nocifs pour la santé et l’environnement.


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Pia Le Ficher

Diplômée de Sciences Po Lille-master développement soutenable, Pia Le Ficher est Consultante économie circulaire chez EPEA PARIS et se spécialise dans ce domaine. Elle gère également l’association C2C Community et sensibilise les citoyens et promeut le Cradle to Cradle.