La surtaxe sur les grands groupes a été adoptée à l'Assemblée

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Les 320 plus grands groupes français, réalisant plus de 1 milliard
d'euros de chiffre d'affaires, seront impactés.

Les grandes sociétés vont devoir payer cette année une surtaxe présentée comme "exceptionnelle" par l'Etat. Pourquoi ?! 

Une surtaxe de 5 % sur les bénéfices

L'Assemblée a voté lundi 6 novembre au soir, dans l'urgence, une surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises.  Qui est concerné ? Les 320 plus grands groupes français, ceux réalisant plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires. 

Et combien devront-ils payer ? Au lieu du taux normal de 33,3%, leurs bénéfices seront taxés à 38,3 % (et même à 43,3 % pour ceux dont l'activité dépassera 3 milliards d'euros cette année).

Pourquoi doivent-ils payer cette surtaxe ? Le Conseil constitutionnel a invalidé la taxe sur les dividendes, introduite en 2012. Donc l'Etat doit rembourser 10 milliards d'euros, principalement aux grandes entreprises.

« Solder les reliquats du passé » 

La surtaxe suffira-t-elle à rembourser cette dette ? Non. Le rendement de la surtaxe est estimé à 5,4 milliards d'euros. Reste donc à trouver environ 5 milliards, à la charge de l'État.

C’est le prix à payer pour assurer notamment le maintien de la réduction du déficit sous le seuil des 3 %, afin que la France ne soit plus le dernier pays de la zone euro, avec l'Espagne, en procédure pour déficit excessif.

Le ministre des Finances Bruno Le Maire a assuré, tout en faisant grise mine, que cette surtaxe était une « bonne décision », permettant de « solder les reliquats du passé », hérités de l’ère Hollande...


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Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.