Paris en travaux : une chance pour l'économie circulaire

70 %
D'ici à 2020, 70% des déchets issus du Bâtiment et Travaux Publics
(BTP) devront être recyclés

Partout dans Paris, la grogne monte, résumée par cette litanie : « Ras-le-bol de ces travaux ! » Et c’est vrai que notre capitale aujourd’hui est un énorme chantier au service d’échéances plus ou moins proches, du Grand Paris aux Jeux Olympiques de 2024 en passant par la réfection des réseaux urbains, le développement des transports publics, sans oublier la végétalisation de plusieurs de ses quartiers. Les Parisiens, et plus largement les Franciliens, subissent les effets néfastes de ces nombreux travaux qui génèrent retards, allongement des temps de trajets et autres contrariétés.

Pourtant, en faisant abstraction un temps de notre seul point de vue individualiste, la multitude de chantiers en cours dans Paris est une excellente nouvelle. A double titre ! Parce qu’accélère la capacité de la vieille dame parisienne à s’adapter pour répondre aux grands enjeux de demain. Ceux qui nous concernent tous, depuis hier déjà : la garantie de la qualité de l’air, la capacité à se déplacer facilement en combinant tous les moyens disponibles, la maîtrise de l’étalement urbain. En somme, tout ce qui concerne notre qualité de vie. 

Pour que nous puissions en profiter dès demain, Paris, comme toutes les grandes métropoles, doit obligatoirement repenser ses infrastructures, les modifier, les améliorer, les adapter. Et tout ça, bien évidemment ne se fait pas sans grands travaux. 

Le BTP plus gros producteur de déchets

L’autre aspect positif de cette phase de travaux est plus technique et sectorielle. Pour les responsables de ses chantiers, elle est une grande opportunité d’appliquer les principes de l’économie circulaire. Cette économie dont la vertu est d’éviter le gaspillage en offrant un nouvel usage à des matières et des produits voués au rebu. Elle récupère, trie et réutilise, et génère ainsi des économies de ressources, naturelles et financières.

Et le secteur de la construction ne peut pas dire qu’il n’est pas concerné ! Il est le plus gros producteur de déchets en France, avec plus de 227 millions de tonnes par an. C’est 5 fois plus que les ordures ménagères et le gaspillage alimentaire cumulés.

C’est aussi le plus gros consommateur de matières premières non renouvelables, en l’occurrence le sable. Avec l’eau, cette ressource naturelle est la plus consommée - pillée diront certains - au monde. Sa surexploitation est un danger pour la préservation de l’environnement marin comme terrestre.

Le secteur du BTP est sommé de réagir : il a sur son agenda cette échéance européenne très proche. D’ici à 2020, 70% des déchets issus du Bâtiment et Travaux Publics (BTP) devront être recyclés. Certes, selon un bilan publié en mai dernier par l’union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM), l’objectif serait déjà atteint, voire même dépassé avec un dernier pointage à 80%. 

Cependant, le véritable objectif que nous devons nous donner est celui de l’évitement carbone. En effet, l’expérience montre qu’avec seulement 15% de réutilisation des terres de chantier à chantier, nos clients abaissent le bilan carbone de leur évacuation de terres de 80% ! Le véritable indicateur est donc bien celui de la réutilisation.

Le BTP a tout pour devenir un modèle vertueux d’économie circulaire 

Pour optimiser le déploiement de l’économie circulaire du BTP, les professionnels doivent travailler de façon plus coordonnée. Un chantier isolé ne peut en effet que difficilement appliquer à lui-même les principes d’économie circulaire. Il a besoin des autres chantiers, comme les autres chantiers ont besoin de lui.

Paris en travaux est dès lors une véritable occasion de mettre en pratique ces principes. Rien que pour les nombreux chantiers franciliens et le creusement des tunnels du Grand Paris Express, ce sont 43 millions de tonnes de terres qui vont être extraites du sous-sol. Une manne pour les autres chantiers de construction ! Plusieurs chantiers dans une même zone géographique facilitent les échanges de déblais, transformés en remblais pour un autre site en construction. On comprend alors que tout l’enjeu repose sur la connaissance en temps réel des différents besoins des chantiers et leur coordination. C’est ce que permet enfin le digital.

Nous pouvons nous réjouir de l’outil de partage numérique sur les chantiers mis en ligne fin juin par la Mairie de Paris afin que les Parisiennes et les Parisiens puissent avoir accès à toutes les informations sur les dates et les motifs de travaux. Couplée à des plateformes de coordination de chantiers, elle contribuera à l’optimisation du bilan carbone du BTP.

Outre l’optimisation des moyens mobilisés et de l’impact environnemental, c’est aussi du temps qui est ainsi gagné. C’est mathématique ! De quoi calmer nos ardeurs au volant de notre voiture. Pour des lendemains meilleurs. 


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