Perspectives de l'économie française 2018-2022 : sous la moyenne...

2 %
Le taux de croissance de la France s'établit à 2% en 2017 et devrait
se maintenir à un rythme comparable en 2018.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

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Le cabinet COE-Rexecode réalise incontestablement parmi les meilleures analyses économiques indépendantes en France.

Cela ne veut pas dire évidemment qu’ils ont à chaque fois raison, mais c’est l’une des entreprises où le biais idéologique est le plus faible. Cela rend donc les conclusions de ce cabinet généralement nettement plus pertinentes.

Le 29 mars dernier, il y a quelques jours donc, COE a réalisé quelques prévisions sur les perspectives de croissance de l’économie française.

Malgré les cocoricos victorieux de Radio Paris, il n’y a pas évidemment de quoi casser trois pattes à un canard sur notre avenir, qui sera nettement moins glorieux que ce que l’on essaie de vous vendre, avec un certain brio d’ailleurs, force est de le constater.

Perspectives de l’économie française 2018-2022 : une croissance qui reste sous la moyenne européenne

Voici le résumé de cette étude du cabinet COE-Rexecode.

Le taux de croissance de la France s’établit à 2,0 % en 2017 et devrait se maintenir à un rythme comparable en 2018. En 2019 et 2020, des contraintes d’offre et un environnement mondial moins favorable entraîneront un ralentissement de l’activité. Les réformes adoptées depuis le début du quinquennat devraient toutefois commencer à produire des effets positifs sur la croissance potentielle.

Une reprise réelle, un peu décalée par rapport à celle de la zone euro …

La croissance française a entamé tardivement, fin 2016, un rebond qui lui a permis de se rapprocher de la croissance de la zone euro. Elle a atteint 2 % en 2017, et ce rythme devrait se maintenir en 2018. Il resterait toutefois inférieur à la moyenne de la zone euro.

Au-delà du contexte mondial favorable, l’activité a surtout été soutenue par la bonne orientation de l’investissement. La consommation des ménages s’est maintenue, grâce à une évolution modérée des prix et à une baisse du chômage. Enfin, l’effet stock a été très favorable.

… Qui commence à buter sur des contraintes d’offre

La reprise reste limitée dans son ampleur car elle se heurte depuis un an à des difficultés croissantes d’offre. L’insuffisance de capacités de production a stimulé l’investissement productif, et ce dernier tirera encore la croissance en 2018.

Les entreprises font face par ailleurs à des goulots d’étranglement, notamment en termes de délais d’approvisionnement, qui contraignent leur capacité à tirer pleinement parti de la conjoncture favorable. Enfin, les difficultés de recrutement, manifestes dans de nombreux secteurs, vont probablement dans les prochains trimestres nourrir une accélération des salaires. Le fait que le chômage reste élevé suggère une mauvaise adéquation entre offre et demande de travail.

Au-delà des contraintes d’offre enfin, la France risque d’être affectée par le ralentissement de l’activité mondiale que nous anticipons à l’horizon 2020. La croissance française, proche de 2 % en 2018, reviendrait à 1,5 % en 2019 et 1,0 % en 2020, puis remonterait légèrement vers 1,3 % en fin de période.

Une politique plus favorable à la croissance potentielle...

À moyen terme, certaines réformes engagées par le gouvernement devraient permettre d’augmenter le PIB potentiel et le rythme de la croissance potentielle. C’est le cas notamment de la baisse de l’impôt sur les sociétés, ainsi que de la réforme de l’imposition du capital, qui devrait inciter à l’entrepreneuriat. Par ailleurs, les ordonnances modifiant le Code du travail devraient jouer en faveur d’une mobilité professionnelle accrue et soutenir la productivité.

... Mais deux problèmes persistent : la compétitivité et la dépense publique

La baisse des parts de marché de la France n’est pas enrayée (voir La compétitivité en 2017, janvier 2018). La transformation du CICE en baisses de cotisations sociales se traduit par une hausse du coût du travail même si la coexistence des deux dispositifs en 2019 se traduira par une amélioration éphémère du taux de marge des sociétés non-financières, et par une rechute temporaire du solde des administrations publiques. Le déficit de compétitivité risque donc de ne pas être comblé d’ici 2022.

Enfin, la baisse de la dépense publique n’est pas amorcée, la diminution du déficit public de 2017 ne s’expliquant que par la conjonction d’une conjoncture favorable et d’une augmentation des prélèvements obligatoires. »

Chômage fort, dettes élevés, déficits importants, impôts excessifs...

Voilà donc résumées les principales difficultés parfaitement connues de notre pays et de son économie.

Sur le chômage, il est un élément qui n’est que rarement mentionné. Si je suis avec une grande attention les destructions d’emplois et les phénomènes macroéconomiques qui les provoquent, il convient également d’évoquer ce que l’on appelle les « trappes à pauvreté », conséquence des minimas sociaux qui rendent le fait de travailler (pour le salaire minimum) très rarement pertinent d’un point de vue économique.

Il ne faut en aucun cas en vouloir aux gens de préférer ne pas aller travailler à plein temps pour, au bout du mois, gagner à peine plus avec nettement plus de contraintes (frais de transport, coût des gardes d’enfants, pertes de certaines aides, diminution des APL, etc.).

Nous sommes tous des « a-gens » économiques rationnels et les gens savent bien mieux calculer que ce que l’on croit dans les couloirs des palais dorés de la République.

Quant aux problèmes liés à notre dette, ils restent entiers, et je rappelle à tous qu’en l’absence de banque centrale nationale, c’est-à-dire française, nous ne sommes pas en mesure de nous emprunter à nous-mêmes… Cela veut dire que nous nous sommes mis dans une situation où nous sommes obligés de rembourser notre dette, ce qui impliquera de saigner notre peuple pour le faire, car la « solvabilité » de la France ne repose que sur la solvabilité personnelle de chacune et chacun de vous, et en particulier des épargnants et de ceux qui travaillent...

Plus la pression va augmenter, plus il sera économiquement pertinent de tomber volontairement dans l’assistanat jusqu’au moment où le système s’effondrera sous le poids de sa propre inefficacité.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.