Dans un environnement tourmenté, que peuvent faire les épargnants en 2019 ?

1,6 %
En 2018, l'inflation a atteint 1,6%.

2018 aura été, en matière de placements, une année singulière marquée par beaucoup d’incertitudes et finalement de mauvaises nouvelles. L’année fiscale « blanche » annoncée n’y aura rien fait, les marchés ont été tourmentés et finissent nettement dans le rouge.

Des voies compliquées à trouver pour les épargnants

Le livret A, avec ses maigres 0,75% de taux de rendement, n’est plus guère attrayant. Du moins pas beaucoup plus que le compte courant, surtout au regard de l’inflation. Celle-ci s’affichait à 2,2% fin octobre 2018 pour finalement terminer l’année à 1,6%, bénéficiant notamment du retrait des prix du pétrole. D’ailleurs, les Français ne s’y sont pas trompés. A fin octobre 2018, alors que les dépôts de ménages avaient augmenté de 35 milliard d’euros par rapport au même mois de 2017, le livret A n’engrangeait, lui, que 10 milliards.

Le fonds en euros des assureurs, une protection contre l’inflation ?

De son côté, l’assurance vie avait fait un peu mieux que le livret A, en récoltant 20 milliards d’euros à fin octobre 2018.

Le fonds en euros des assureurs vie va-t-il cependant continuer de jouer son rôle de protection du bas de laine des épargnants contre l’inflation ? A ce stade, rien n’est moins sûr. Les taux de rendements 2018 qui seront annoncés en janvier par les assureurs seront sans doute globalement en baisse. La faute en particulier aux taux des obligations, qui sont restés au plancher en 2018. Ces taux « bas » ont joué le rôle de boulet sur les réinvestissements des assureurs.

Par exemple, les rendements de l’OAT 10 ans, obligation d’échéance 10 ans émise par l’Etat français, étaient toujours à un niveau historiquement bas. En moyenne, sur l’année 2018, ils s’affichaient à 0,80%, comparables à 2017. Mécaniquement, cela contribue à faire baisser les rendements des placements des assureurs à hauteur de 0,30% sur un an (pour les actifs placés de cette manière).

Et ce ne sont pas les placements en actions qui auront rattrapé cette baisse : le CAC40 s’inscrit lui en retrait de près de 11% à la fin de l’année 2018. Dans ce contexte, il est probable que la moyenne des taux de rendement des « fonds en euros » servis pour l’année écoulée, s’inscrive en baisse. Ainsi, le fonds en euros des assureurs, qui avait rapporté 1,83% en 2017, devrait ne plus couvrir l’inflation pour 2018.

Que faire alors dans cette situation ?

Investir sur les marchés, par exemple via les unités de comptes des contrats d’assurance vie, semble osé après une année 2018 si mauvaise. Mais que faire ? Sans doute revenir aux fondamentaux.

Tout d’abord et de manière générale, l’épargnant doit examiner avec soin la performance des supports sur lesquels il investit (fonds en euros ou unité de compte s’il s’agit d’assurance vie), mais aussi les frais prélevés. Ces derniers ont un impact important sur la performance finale. Dans ce contexte de marché, en assurance vie, les courtiers Internet tirent sans aucun doute leur épingle du jeu.

Ensuite, il faut revenir à l’essentiel pour l’épargnant : quels sont ses objectifs, son horizon de placement, sa tolérance aux éventuelles pertes ? Ces éléments constituent ce que les professionnels appellent le « profil investisseur ». Ils permettent de déterminer notamment la part des placements que l’on veut voir sécurisée et celle pour laquelle l’épargnant accepte d’essuyer des pertes.

Pour un investisseur sur le long terme, il convient également de se rappeler que l’important est d’investir régulièrement sur les marchés, ce qui permet notamment d’amortir les baisses.

Enfin, le vrai bon conseil à donner à tous les épargnants est de se faire conseiller par des experts et de s’informer avant de placer leur argent.


A découvrir

Gilles Belloir

Gilles Belloir est directeur général du courtier Internet en assurance vie Placement Direct depuis 2015.

Il était auparavant en charge du Département Actuariat chez SwissLife France de 2012 à 2015 et Directeur de projet décisionnel vie de 2011 à 2014.

De 2003 à 2007, il était consultant chez Accenture, en charge de la Finance et du contrôle de gestion.

Gilles Belloir est diplômé d'un Mastère spécialisé HEC-Mines, obtenu en 2003 et a ensuite soutenu un mémoire sur la solvabilité au Centre d'études actuarielles.