Sarkozy candidat : baisse d'impôts, le contraire de Sarkozy président

4,5 MILLIARDS €
Parmi les projets de Nicolas Sarkozy il y a la suppression de l'ISF
qui coûtera 4,5 milliards d'euros par an à l'Etat.

Le moment que tout le monde attendait est enfin arrivé : après des mois et des mois d'attente pendant lesquels l'issue était connue, Nicolas Sarkozy, qui avait annoncé après sa défaite en 2012 cesser "définitivement" la politique, annonce sa candidature à la primaire du parti Les Républicains dont il est président. Objectif : l'investiture pour la Présidentielle de 2017.

Pour accompagner cette annonce, Nicolas Sarkozy sort un livre dans lequel il détaille son programme : "Tout pour la France".

Les 35 heures c'est fini, les heures supplémentaires re-défiscalisées

L'ancien président de la République ne pouvait pas faire l'impasse sur le débat qui oppose depuis des années Pierre Gattaz, président du MEDEF, et le gouvernement de François Hollande : les 35 heures. Pour Nicolas Sarkozy, c'est simple : il s'agit là de "la plus grande erreur économique" faite en France depuis la Seconde Guerre Mondiale. Du coup, il a la solution : les supprimer. "Il n'y aura pas de durée unique du travail hebdomadaire. Chaque entreprise aura désormais le droit de déterminer librement le temps de travail de ses salariés, et donc le moment où l'on passera des heures normales aux heures supplémentaires" écrit-il dans son livre-programme.

Mais contrairement au MEDEF qui espère les 39 heures payées 35, Nicolas Sarkozy vise une durée payée entièrement : "cela sera donc 35 heures payées 35, 36 payées 36, 37 payées 37…" une manière de mettre tout le monde d'accord.

Puis, lorsque des heures supplémentaires sont réalisées, elles seront à nouveau défiscalisées. Une mesure qui avait été mise en place lors de son quinquennat sous le signe du "Travailler plus pour gagner plus" et qui avait été supprimée par son successeur.

Plus d'ISF et une baisse d'impôts de 10 % "immédiate"

Sur le plan de la fiscalité, Nicolas Sarkozy ne déroge pas à son amour pour les ultra-riches : il veut supprimer tout simplement l'ISF (Impôt sur la Fortune) payé par les plus grosses fortunes de France et qui rapport tout de même 4,5 milliards d'euros par an à l'Etat. Selon lui, toutefois, cet impôt est incompatible avec l'Europe puisque les fortunes françaises peuvent facilement déménager ailleurs (les exemples ne manquent pas).

Mais si les plus riches seront gâtés, l'ex-Président veut ratisser large. Il prévoit également une "baisse d'impôts immédiate, dès juillet 2017, de 10 % de l'impôt sur le revenu". Une réponse au ras-le-bol fiscal des Français qui, là aussi, risque de créer un trou dans le budget. Sans compter la suppression des taxes sur les successions pour les classes moyennes, jusqu'à un montant de 400 000 euros.

Chômage dégressif et retraite à 64 ans

Autre chantier qui attendra le futur Président : la question du chômage, qui est reparti à la hausse, et celle des retraites. Nicolas Sarkozy a un avis tranché sur la question.

Pour inciter les chômeurs à retrouver du travail il pense à instaurer le chômage dégressif : -20 % de l'indemnisation au bout d'un an, encore -20 % au bout d'un an et demi. Les chômeurs de longue durée seront donc pénalisés. Mais l'ancien Président a un autre projet : "substituer aux différentes aides existantes (RSA, aide au logement, prime d'activité) une aide unique avec deux caractéristiques essentielles, conditionnée à la reprise d'une activité ou d'une formation, plafonnée à 75 % du SMIC".

Les futur retraités, de leur côté, devront s'y faire : l'âge légal de départ à la retraite sera repoussé : 63 ans en 2020, 64 ans en 2025.

Les entreprises seront gâtées

Si Nicolas Sarkozy n'offre pas au MEDEF le cadeau des 39 heures payées 35, il n'oublie pas les entreprises dans son programme. La transmission d'entreprise " fera l'objet d'une exonération de 85 %, voire d'une exonération totale" sous conditions de maintien de l'emploi et de l'activité. Mais c'est sur les salaires que l'ancien Président veut faire levier.

"Exonération totale des charges au niveau du SMIC, qui diminuerait pour s'annuler progressivement à 1,6 SMIC", doublement des montants dédiés au CICE, licenciement économique justifié "par le seul motif de la réorganisation"... le chantier s'annonce complexe


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