PSA : finalement pas d'ouvriers polonais à Hordain

170 MILLIARDS €
Le groupe issu de la fusion entre PSA et FCA aurait un chiffre
d'affaires de 170 milliards d'euros.

Alors que la France se prépare à l’onde de choc économique qu’est la crise du Covid-19, avec près d’un million d’emplois détruits en 2020 selon les estimations, le constructeur PSA Peugeot Citroën a créé un scandale en annonçant l’arrivée de plus de 200 ouvriers polonais en France pour prêter main-forte à l’usine d’Hordain, dans le Nord. Une décision incompréhensible pour les syndicats… et même le gouvernement.

Ouvriers polonais : une opération difficile à expliquer économiquement

Jeudi 11 juin 2020, la direction de PSA avait annoncé la nouvelle aux syndicats : une première vague de 120 ouvriers polonais en provenance de Gliwice arriverait lundi 15 juin 2020 pour travailler dans l’usine d’Hordain, dans le Nord. Puis, plus tard, ce sont 150 autres ouvriers qui devraient rejoindre le premier contingent, pour un total de 270 ouvriers polonais. La direction expliquait que cette opération était dictée par la nécessité de « réagir avec agilité et efficience, afin d’assurer la pérennité du groupe PSA ».

En faisant venir des ouvriers de Pologne, PSA évitait en effet d’embaucher des intérimaires. Mais, malgré tout, les ouvriers en question auraient été payés selon la convention collective française du secteur et, de plus, logés aux frais de l’entreprise. Pour les syndicats, sans surprise, l’opération n’est pas passée et un scandale s’est déclenché.

Le gouvernement intervient, PSA change d’avis

L’émoi provoqué par l’opération prévue par la direction de PSA est arrivé jusqu’aux oreilles de Muriel Pénicaud et Bruno Le Maire. Les deux ministres, et en particulier celui de l’Économie, sont donc intervenus. Dans un communiqué conjoint, ils déclaraient vendredi 12 juin 2020 que « dans la situation actuelle, les entreprises doivent tout faire pour protéger l’emploi en France ». Les ministres ont donc fait pression sur le constructeur.

Une pression efficace puisque dès samedi 13 juin 2020, PSA a déclaré qu’il renonçait à l’opération. Ce seront bien des intérimaires français qui seront embauchés pour renforcer les équipes, bien que « quelques collègues » en provenance des usines européennes du groupe seront bien présents dans les équipes.

Par ailleurs, le gouvernement n’a pas demandé à PSA de revenir sur une opération similaire menée à Metz où les équipes polonaises sont en train de prêter main-forte aux équipes locales.


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