L'État remboursera moins le chômage partiel dès juin 2020

24 MILLIARDS €
Le système du chômage partiel pris en charge par l'Etat aurait coûté
24 milliards d'euros.

Le dispositif de chômage partiel mis en place dans le cadre de la crise du Covid-19 et du confinement est exceptionnel et inédit : tous les salariés peuvent y prétendre et, surtout, il est pris en charge à 100% par l’État, jusqu’à un plafond de 4,5 SMIC. Une aubaine pour les entreprises qui va… se terminer en juin 2020.

Reprise du travail égal baisse des indemnisations par l’État

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a annoncé la suite des événements et du système de chômage partiel 100% pris en charge par l’État alors que le déconfinement est programmé pour le 11 mai 2020 en France : les entreprises devront recommencer à payer.

En temps normal, en effet, lorsqu’une entreprise met ses équipes au chômage partiel, elle prend en partie en charge le salaire des employés concernés. Ce salaire baisse à 84% du salaire net dès lors qu’il dépasse le SMIC. Or, durant la crise sanitaire, l’État remboursait à 100% ce reste à charge, notamment parce que les entreprises ont été contraintes de fermer du fait de la mise en place du confinement.

Mais voilà : le 11 mai 2020, avec le déconfinement, tout un pan de l’économie va pouvoir rouvrir (bien que dans des conditions sanitaires strictes). Pour le gouvernement il est donc logique que si l’activité repart, l’État indemnise moins les entreprises. Pas question pour le gouvernement de payer indéfiniment.

Tous les salariés concernés

« Il ne s'agit pas de revenir au système précédent, mais simplement d'augmenter le reste à charge pour les entreprises. Cela concernera toutes les demandes et pas uniquement celles faites à partir du 1er juin », a précisé le ministère du Travail. En somme, au lieu d’une prise en charge à 100% par l’État, le chômage partiel pourrait n’être pris en charge qu’à 70%, puis 50% et ainsi de suite. Rien n’a été acté, les discussions ont lieu jeudi 30 avril 2020 entre le gouvernement et les partenaires sociaux.

Et le ministère précise que tous les salariés au chômage partiel sont concernés, soit l’ensemble des plus de 11 millions de salariés qui bénéficient du système. Naturellement, ces charges supplémentaires ne seront pas appliquées pour les entreprises qui restent fermées après le 11 mai, comme les bars ou les restaurants.

Le patronat s’inquiète

La perspective de devoir à nouveau payer une partie du salaire inquiète les chefs d’entreprise. Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, a déclaré sur Twitter que « c'est une énorme source d'inquiétude pour les chefs d'entreprise terriblement éprouvés par la crise et donc la situation va rester précaire après, voire longtemps après le 1er juin. Ne gâchons pas les efforts faits jusqu'à maintenant ».


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