Sécu : le déficit va continuer de se creuser en 2019

4,4 MILLIARDS €
Le "trou de la Sécu" pourrait même atteindre 4,4 milliards d'euros.

Bercy a finalement revu à la hausse le montant du déficit de la Sécurité sociale, alors que fin 2018, le gouvernement se targuait de le voir au plus bas depuis 2001. Le mouvement des Gilets jaunes est passé par là et les recettes ont été plus faibles que prévu, de même pour la croissance de la masse salariale, au ralenti.

En septembre 2018,  la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, étaient fièrs de présenter un déficit de la Sécu au plus bas depuis 2001 (-1,2 milliard d'euros). Ils annonçaient même un retour à l'équilibre pour 2019. 

Un déficit de la Sécu qui va se creuser en 2019

Oui, mais voilà, la crise des Gilets jaunes est passée par là. Et les promesses se sont confrontées à une dure réalité : le ralentissement économique. Le déficit de la Sécurité sociale se creuse donc, et selon la synthèse de la Commission des comptes, le montant se situerait entre 1,7 et 4,4 milliards d'euros pour le début d'année 2019.

Pour la Commision, cette rechute "résulte pour l'essentiel d'une croissance de la masse salariale (...) nettement inférieure à la prévision initiale" du gouvernement. Et pour cause, si Bercy tablait sur 3,5% à l'automne, il a revu ses espérances à la baisse, à 3,1%, selon les chiffres du programme de stabilité transmis à Bruxelles en avril. 

Des recettes plus faibles qu'attendu par Bercy

Pire, la "prime Macron" votée en décembre (exonération totale de cotisations et d'impôts jusqu'à 1000 euros) entraîne une baisse de ce taux et la Sécu devra se contenter de 2,9%. Soit, au final, des "recettes plus faibles qu'attendu" de l'ordre de 1,7 milliard d'euros, l'équivalent du montant du déficit prévu,et, ce, dans le meilleur des cas.

Mais ces chiffres pourraient être encore moindres si l'Etat ne compensait pas à la Sécu les autres "mesures d'urgence" adoptées en fin d'année 2018, pour tenter de calmer la colère des Gilets jaunes. L'exonération de cotisations sur les heures supplémentaires dès le 1er janvier 2019, et la baisse du taux CSG pour une partie des retraités, coûteront "respectivement 1,2 et 1,5 milliard d'euros", estime la Commission des comptes. De quoi aggraver le fameux "trou de la Sécu", qui pourrait même atteindre 4,4 milliards, selon la Commission qui ajoute que "la trajectoire de retour à l'équilibre de la sécurité sociale pourrait être remise en cause".


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