Zone euro, Allemagne, France : l'activité reste fragile

53,4
Dans la zone euro, l'indice PMI « services » a augmenté de 0,5 point,
à 53,4, un plus haut depuis novembre 2018.

Que ce soit dans la zone euro, en Allemagne et en France, l’activité économique demeure fragile. La chute des indices ZEW outre-Rhin et dans l’Union Economique et Monétaire (UEM) indique même que la situation pourrait empirer au cours des prochains mois.

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EconomicWorld240619

En juin, l’indice ZEW de sentiment économique a ainsi plongé de 19 points en Allemagne et de 18,6 points dans la zone euro, soit une chute de respectivement 24,2 et 24,7 points au cours des deux derniers mois. Le rebond de mars-avril est ainsi complétement effacé.

Comme le montre le graphique ci-dessous, cette « descente aux enfers » annonce un effondrement du glissement annuel du PIB de la zone euro au cours des prochains trimestres.

La forte rechute de l’indice ZEW annonce des lendemains qui déchantent pour la croissance de la zone euro.

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Sources : Eurostat, ZEW, ACDEFI

Parallèlement, après un petit rebond en mai, l’indice de confiance des ménages de l’UEM est reparti en nette baisse en juin (à précisément – 7,2, après – 6,5 en mai).

Il confirme notamment que la consommation des particuliers va rester faiblarde au cours des prochains trimestres, alimentant par là même la croissance molle de l’ensemble de la zone euro.

Cependant, dans ce contexte difficile, les enquêtes Markit des directeurs d’achat ont quelque peu tempéré ces sombres perspectives.

En effet, de façon d’ailleurs assez surprenante, les indices PMI ont cessé de chuter en juin tant dans la zone euro qu’en Allemagne et en France.

Dans la zone euro, l’indice PMI « services » a même augmenté de 0,5 point, à 53,4, un plus haut depuis novembre 2018.

En revanche, dans l’industrie, l’indice PMI a quasiment stagné à 47,8, confirmant que la récession industrielle reste de mise.

Zone euro : l’industrie toujours en récession, mais les services continuent de sauver les meubles.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

Conséquence logique de ces évolutions, l’indice Markit « composite » a augmenté de 0,3 point, à 52,1. Il s’agit certes d’un point haut depuis novembre 2018, mais qui montre également que le glissement annuel du PIB de la zone euro devrait se stabiliser entre 0,5 % et 1 %.

La croissance de la zone euro devrait bien se stabiliser entre 0,5 % et 1 %.

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Sources : Eurostat, Markit, ACDEFI

En Allemagne, l’indice PMI « industrie » est resté très en-deçà de la barre des 50, à 45,4 précisément, confirmant que la récession industrielle va se prolonger outre-Rhin.

En revanche, après une légère baisse en mai, l’indice PMI « services » est reparti à la hausse, avec un niveau très appréciable de 55,6, contre 55,4 le mois précédent.

L’indice « composite » est néanmoins resté stable à 52,6, indiquant que la croissance allemande va continuer de se stabiliser autour de 0,9 %.

Allemagne : l’industrie continue de souffrir et les services de résister.

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Sources : Destatis, Markit, ACDEFI

Dans ce cadre et aussi étonnant que cela puisse paraître, l’économie française se porte mieux. C’est du moins ce qui ressort des dernières enquêtes Markit des directeurs d’achat. En effet, après l’effondrement de la fin 2018 et la stagnation du début 2019, les indices PMI ont miraculeusement rebondi en juin : + 1,4 point dans l’industrie et + 1,6 point dans les services.

Avec des niveaux de respectivement 52 et 53,1, ils atteignent des plus hauts depuis septembre 2018 et novembre 2018.

Vers une croissance française stabilisée autour de 1 %.

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Sources : INSEE, Markit, ACDEFI

Pour autant, comme le montre le graphique ci-dessus, il ne faut pas s’emballer. En effet, ces résultats indiquent simplement que la croissance française devrait se stabiliser autour de 1 %. Rien de dramatique, mais rien de flamboyant non plus…

Article écrit par Marc Touati ici


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