En une seule journée, l'actualité économique française nous offre un tableau saisissant de nos propres contradictions : un fisc incapable de sécuriser les données de 40 millions de contribuables, un chômage qui repart à la hausse pour la sixième fois consécutive, et une dette publique dont le taux d'emprunt flirte avec des niveaux inconnus depuis 2008. Pendant ce temps, l'Allemagne gère ses finances avec 60 taxes. La France, elle, en compte 348. Il faut bien ça pour financer le chaos.
348
Le nombre de taxes et prélèvements différents qui existent en France, contre 60 en Allemagne.
Le fisc piraté : quand l'État ne peut même plus protéger ce qu'il vous prend
Commençons par le scandale de la semaine. La Direction générale des finances publiques — l'administration qui sait tout de vous, vos revenus, votre patrimoine, vos successions — s'est fait pirater. Pas une fois. Pas deux fois. Trois fuites en quelques jours. Le ministre des Comptes publics David Amiel a présenté ses « excuses ». Des excuses. Comme si cela suffisait à rassurer les millions de Français dont les données fiscales les plus sensibles se baladent désormais on ne sait où sur le darkweb.
Je veux bien qu'on parle de cybersécurité, de hackers sophistiqués, de guerre numérique. Mais l'Estonie, pays de 1,3 million d'habitants, a subi une cyberattaque russe massive en 2007 et en a tiré les leçons pour devenir championne mondiale de la cyberdéfense. La France, elle, découvre en 2026 qu'elle n'a pas les moyens de protéger le fichier central de l'administration fiscale. C'est proprement stupéfiant pour un État qui consacre 57 % du PIB à la dépense publique. On paie l'une des fiscalités les plus lourdes du monde pour financer une administration qui ne sécurise pas vos données. Le contrat social est rompu.
348 taxes et un chômage qui remonte : l'équation impossible
Force est de constater que notre modèle économique produit exactement les résultats qu'on pouvait en attendre. Le chômage vient d'augmenter pour la sixième fois consécutive. La promesse d'Emmanuel Macron d'atteindre le plein-emploi ? Enterrée. Le taux de chômage repart vers les niveaux de 2017, effaçant des années d'efforts des entreprises françaises.
Et pendant ce temps, on apprend que la France entretient un maquis de 348 taxes différentes, contre 60 en Allemagne. Trois cent quarante-huit. Ce chiffre mérite qu'on s'y arrête. Chaque taxe représente une administration qui la collecte, des formulaires à remplir, des experts-comptables à payer, du temps perdu. Ce n'est pas de la fiscalité, c'est de la bureaucratie à l'état pur, qui étouffe méthodiquement les entrepreneurs, décourage l'embauche et détruit la compétitivité.
Les Pays-Bas, la Suisse, l'Allemagne ne font pas mieux que nous parce qu'ils ont plus de chance. Ils font mieux parce qu'ils ont choisi la simplicité et la lisibilité fiscale. Un chef d'entreprise qui passe son temps à déchiffrer 348 taxes est un chef d'entreprise qui n'embauche pas.
4,2 % : le prix de nos illusions budgétaires
Le coup de grâce vient des marchés. Le taux d'emprunt de la France a atteint 4,2 % mardi, du jamais vu depuis 2008. Les investisseurs internationaux lisent nos comptes publics et ils ne sont pas rassurés. La réponse du gouvernement ? Envisager de désindexer les retraites de l'inflation pour gratter quelques milliards, punissant ainsi les retraités pour des décennies de gestion laxiste dont ils ne sont pas responsables.
C'est l'économie à l'envers : on évite de réformer l'État en profondeur, on refuse de tailler dans les 348 taxes inutiles qui stérilisent l'économie, et on finit par matraquer ceux qui ont déjà cotisé toute leur vie.
La France n'a pas un problème de recettes. Elle a un problème de dépenses et de complexité. Jusqu'à quand faudra-t-il le répéter ?

