57,3% du PIB : la France, championne d’Europe du gaspillage public

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By Jean-Baptiste Giraud
57,3% du PIB : la France, championne d'Europe du gaspillage public
57,3% du PIB : la France, championne d'Europe du gaspillage public - © Economie Matin

La France vient de reconquérir un titre dont elle se serait bien passée : celui de championne d'Europe de la dépense publique. Selon Eurostat, l'État français engloutit désormais 57,3% de la richesse nationale. Pendant ce temps, des citoyens touchants font des dons pour rembourser la dette. C'est beau. Et c'est pathétique.

57,3%

La part du PIB français absorbée par la dépense publique début 2026, selon Eurostat — près de deux points au-dessus du point bas de 2019.

Médaille d'or, catégorie dépenses inutiles

Il fallait le faire. En 2026, alors que toute l'Europe cherche à assainir ses finances publiques, la France repasse la ligne d'arrivée en tête. Championne d'Europe de la dépense publique, devant la Finlande. Bravo, messieurs les ministres. On applaudit des deux mains.

57,3% du PIB. Ce chiffre mérite qu'on s'y arrête une seconde. Cela signifie que sur chaque euro de richesse créé dans ce pays — par des entrepreneurs qui prennent des risques, des salariés qui travaillent, des artisans qui suent sang et eau — plus d'un sur deux atterrit dans les caisses de l'État avant même d'avoir réchauffé le portefeuille de celui qui l'a produit. La Suisse ? 34%. Les Pays-Bas ? 44%. L'Allemagne ? 48%. Ces pays vivent-ils dans la barbarie sociale ? Non. Ils vivent simplement mieux, avec moins de bureaucratie, moins de dettes et — hasard ? — plus de compétitivité.

Force est de constater que la France n'a pas un problème de recettes fiscales. Elle a un problème de dépenses incontrôlées, chroniques, structurelles. Et personne, dans la classe politique, ne semble avoir le courage de l'admettre vraiment.

Des donateurs spontanés face à 3.500 milliards de dettes

L'histoire est belle et triste à la fois. Des Français — 10 euros par-ci, 100 euros par-là, et même un généreux donateur à 40.000 euros — versent spontanément de l'argent au Trésor public pour aider à rembourser la dette nationale. 3.500 milliards d'euros. Le geste est émouvant. Il est aussi le symptôme d'une forme de désespoir civique.

Ces gens-là ont compris ce que beaucoup de politiques feignent d'ignorer : la dette, ce n'est pas une abstraction comptable, c'est une hypothèque sur l'avenir de nos enfants. Chaque bébé qui naît aujourd'hui en France arrive avec environ 50.000 euros de dette publique attachée à ses couches-culottes. Cadeau de bienvenue de la République.

Je pense que ces donateurs méritent notre respect. Mais je pense aussi qu'ils méritent surtout une classe dirigeante capable de faire ce qu'eux font dans leur vie quotidienne : dépenser moins que ce qu'ils gagnent. Ce principe de bon sens, apparemment révolutionnaire, s'appelle tout simplement l'équilibre budgétaire.

La vraie réforme, c'est maintenant ou jamais

La France a un avantage sur ses voisins : elle sait très bien diagnostiquer ses maux. Les rapports s'accumulent, les experts s'expriment, les éditorialistes s'égosillent. Ce qui manque, c'est la volonté politique de tailler dans le vif. Non pas dans les hôpitaux ou les écoles — ce refrain-là est trop facile —, mais dans les doublons administratifs, les agences fantômes, les subventions distribuées sans évaluation, les dispositifs qui coûtent plus à gérer qu'ils ne rapportent.

Une chose est certaine : continuer comme ça n'est pas une option. Les marchés financiers, eux, ne votent pas. Et ils ont la mémoire longue. La question n'est plus de savoir si la France doit se réformer. La question est de savoir si elle attendra d'y être forcée par une crise, ou si elle choisira de le faire librement, dignement, avant qu'il ne soit trop tard.

La médaille d'Europe de la dépense publique, on peut la rendre.

Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin.  Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018, Il a également présenté le « Mag de l’Eco » sur RTL de 2016 à 2019, et « Questions au saut du lit » toujours sur RTL, jusqu’en septembre 2021.  Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru chez Ring en 2021, mais aussi de "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ou encore du " Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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