Une Tesla Model 3 a réalisé, le 16 mai, une prouesse qui aurait paru improbable il y a quelques années à peine : traverser le légendaire rond-point de l’Étoile, à Paris, sans intervention humaine. Équipée du système Full Self-Driving (FSD), la voiture a slalomé dans l’un des carrefours les plus redoutés d’Europe. Un exploit filmé et largement diffusé, qui arrive à un moment où la législation européenne s’apprête à ouvrir les portes à l’autonomie routière totale.
Une Tesla Model 3 traverse seule le chaotique rond-point de l’Étoile à Paris

Tesla face au chaos de la place de l’Étoile, à Paris
Choisir la place de l’Étoile comme scène de démonstration n’a rien d’anodin. Ce rond-point mythique, entouré de douze avenues et privé de tout marquage au sol, est un enfer logistique pour les conducteurs. C’est là que Tesla a décidé d’exhiber la puissance de son système FSD. Et le pari semble gagné. Dans une vidéo diffusée par la marque, la Model 3 s’insère sans heurt dans le flot chaotique des véhicules, anticipe chaque manœuvre, franchit l’intersection sans hésitation, et quitte la place après un tour quasi complet.
FSD Supervised can handle Arc de Triomphe no problem
If there is a bigger roundabout in France, please let us know in the comments 😀
Pending regulatory approval pic.twitter.com/IPR0jLiOW7
— Tesla Europe & Middle East (@teslaeurope) May 16, 2025
Aucun contact avec les commandes, le conducteur, bien que légalement tenu de surveiller, reste les mains en l’air. C’est au cœur du tumulte parisien, sur l’intraitable rond-point de l’Étoile, que Tesla a mis à l’épreuve son dispositif de pilotage autonome, parvenant à enchaîner les manœuvres complexes sans qu’aucune action humaine ne soit requise.
Conduite autonome : la réglementation européenne ouvre la voie
En mars 2025, la Commission économique des Nations unies pour l’Europe (CEE-ONU) a validé un amendement décisif autorisant les « manœuvres initiées par le système » (system-initiated maneuvers, SIM) sur les autoroutes du continent. Ce texte entre en vigueur le 26 septembre 2025, sauf objection formelle d’un État membre, ce qui demeure hautement improbable.
Ce feu vert réglementaire ouvre la voie à l’utilisation commerciale du FSD de Tesla en Europe. À terme, la voiture autonome ne sera plus cantonnée aux zones de test ou aux démonstrations spectaculaires, elle s’invitera dans la circulation ordinaire. Encore faut-il que les conducteurs, les assurances et les législateurs acceptent ce transfert de pouvoir. Car l’autonomie ne déresponsabilise pas, la loi impose que le conducteur garde les mains sur le volant et soit prêt à reprendre le contrôle à tout moment.
Tesla Vision : l’intelligence artificielle sans filet
Le cœur du système FSD repose sur Tesla Vision. Pas de lidar, pas de radar, uniquement un arsenal de caméras extérieures couplées à des algorithmes maison. Le pari d’Elon Musk est clair depuis 2022, l’intelligence artificielle suffit, à condition d’être nourrie de données massives.
Résultat, le véhicule est capable d’analyser en temps réel son environnement, de modéliser les intentions des autres usagers, et d’agir en conséquence, sans capteurs coûteux. La démonstration parisienne l’illustre. À l’instant où un motard surgit à droite, la Tesla ralentit. Lorsqu’une fourgonnette freine brutalement à gauche, le FSD ajuste sa trajectoire. L’enchaînement des manœuvres semble fluide, presque humain. Et c’est là tout le défi : paraître naturel tout en étant totalement artificiel.
