Travail à domicile, économie de transport, coût de l’électricité… Derrière la souplesse du télétravail se cache une question bien concrète : qui paye quoi ? En 2025, l’indemnité de télétravail revient au cœur des négociations salariales.
Télétravail et indemnités : ce que chaque salarié doit savoir

La Direction de l’information légale et administrative a publié le 13 février dernier une mise à jour des plafonds d’exonération applicables aux indemnités de télétravail. Dans un contexte où le télétravail reste largement pratiqué en France, les modalités de remboursement des frais engagés par les salariés à domicile font l’objet d’un encadrement strict. Cette clarification, indispensable, redéfinit les règles du jeu entre employeurs et salariés.
Qui a droit à une indemnité de télétravail ?
Le droit au télétravail n’entraîne pas automatiquement le droit à une indemnité. Aucun texte n’impose aux entreprises de verser systématiquement une compensation, sauf si une convention collective, un accord d’entreprise ou un usage interne le prévoit. Pourtant, « l’employeur peut rembourser les frais professionnels engagés par le salarié en télétravail », rappelle le portail Service-Public.fr.
Les secteurs publics et certaines grandes entreprises optent pour un versement forfaitaire régulier. En revanche, dans les petites structures ou en l’absence d’accord formel, les salariés doivent souvent négocier cette prise en charge.
Sur quoi porte cette indemnité exactement ?
L’URSSAF distingue trois catégories de dépenses éligibles au remboursement :
- Les frais liés à la mise à disposition d’un local privé (électricité, chauffage) ;
- Les coûts de matériel informatique, de connexion et fournitures (imprimante, abonnement internet) ;
- Les frais d’aménagement spécifique du domicile (mobilier, écran, chaise ergonomique).
Autrement dit, tout ce qui permet de créer un environnement de travail adapté à domicile peut, sous conditions, être compensé. L’article L1222-9 du Code du travail précise d’ailleurs que le salarié en télétravail « bénéficie des mêmes droits que le salarié travaillant dans les locaux de l’entreprise ».
Combien peut-on percevoir chaque mois ?
En 2025, les montants varient selon l’existence ou non d’un accord collectif.
Sans accord, les plafonds sont fixés à :
- 2,70 euros par jour de télétravail, dans la limite de cinquante-neuf euros quarante centimes par mois ;
- Ou dix euros quatre-vingt-dix centimes par mois pour un jour télétravaillé par semaine.
Avec un accord collectif (branche ou entreprise), l’indemnité monte à :
- 3,25 euros par jour, jusqu’à soixante-et-onze euros cinquante centimes par mois ;
- Ou treize euros mensuels pour un jour télétravaillé hebdomadaire.
Ces montants sont exonérés de cotisations sociales, à condition de ne pas dépasser les plafonds. En cas de dépassement, l’exonération reste possible si des justificatifs précis sont produits. Ces chiffres sont confirmés par la fiche officielle URSSAF, consultée en juillet 2025.
Comment l’indemnité est-elle versée ?
L’employeur a deux options : l’allocation forfaitaire ou le remboursement sur justificatifs. La première est la plus simple à mettre en place, mais ne peut dépasser les montants fixés. La seconde suppose que le salarié fournisse des pièces justificatives détaillant chaque dépense engagée.
Les entreprises préfèrent souvent la solution forfaitaire, plus stable comptablement. Mais certains employeurs, soucieux d’optimiser les charges, n’appliquent rien par défaut. D’où l’importance, pour les salariés, d’interroger leur DRH et, si besoin, d’amorcer une négociation.
Et si l’on est fonctionnaire ou agent public ?
Dans le secteur public, une indemnité forfaitaire est en vigueur depuis 2022. En 2025, elle reste fixée à 2,50 euros par jour, dans la limite de 220 euros annuels, selon la circulaire interministérielle n°6348-SG du 18 février 2022. Cette somme, stable depuis son instauration, est directement versée sans justificatif, dès lors que le télétravail est régulier.