Ce dimanche 27 juillet 2025, dans les hangars de St. Louis, l’ambiance n’était plus aux moteurs vrombissants. À l’appel de leur syndicat, 3 200 employés qualifiés ont voté. Et leur réponse a claqué comme un avertissement.
Boeing bientôt à l’arrêt ? La grève menace l’avionneur

Ils sont des milliers à assembler les avions de combat les plus avancés des États-Unis. Aujourd’hui, ils disent non. Une négociation jugée trop faible, un contrat rejeté à la quasi-unanimité… et une menace qui pèse désormais sur toute une industrie stratégique.
Une offre qualifiée d’historique… et pourtant rejetée
L'avionneur Boeing traverse une période délicate. Et la dernière tentative d’apaisement n’a pas suffi. Dimanche 27 juillet 2025, les ouvriers membres de la section 837 de l’IAM (International Association of Machinists and Aerospace Workers) ont massivement rejeté la proposition de nouveau contrat d’entreprise présentée par la direction. Pourtant, le groupe américain promettait une augmentation salariale de 20 % sur quatre ans, des congés supplémentaires et d’autres avantages. Mais rien n’y a fait.
« Les membres du syndicat IAM ont envoyé un message clair : la proposition de Boeing Defense ne répond pas aux priorités ni aux sacrifices consentis par cette main-d’œuvre qualifiée », a déclaré le syndicat dans un communiqué daté du 27 juillet 2025.
Le rejet de l’accord concerne directement les sites industriels de Boeing à St. Louis, St. Charles (Missouri) et Mascoutah (Illinois). Trois usines clés où sont assemblés les avions de chasse destinés aux forces américaines, dont le tout nouveau modèle F-47. L’actuel contrat de travail expirera à minuit le dimanche 3 août 2025. Passée cette échéance, sans compromis signé, la grève pourra être officiellement déclenchée.
Dan Gillian, vice-président de Boeing Air Dominance et responsable du site de St. Louis, s’est dit « déçu » dans une déclaration transmise à l’AFP. Il affirme que l’entreprise a fait « la proposition de contrat la plus généreuse jamais présentée à l’IAM 837 » et ajoute : « Aucune discussion n’est prévue avec le syndicat, nous concentrons nos efforts sur les préparatifs en vue d’une grève ».
Boeing déjà fragilisé par une crise industrielle
Ce bras de fer des employés intervient alors que Boeing fait face à une crise industrielle persistante. Depuis l’an dernier, le groupe est confronté à des retards de production, à des défauts de qualité récurrents, et à une grève de plus de cinquante jours qui a paralysé ses deux plus grandes usines. Le nouveau contrat pour la fabrication des avions de combat F-47, annoncé en mars 2025 par le président américain Donald Trump, devait symboliser un nouveau départ. Mais les tensions internes menacent à nouveau de gripper la chaîne.
Pour l’armée américaine, les enjeux sont énormes. Le F-47 doit succéder aux F-22, en service depuis deux décennies. Sa production repose directement sur les trois sites visés par la contestation. La moindre interruption pourrait avoir des conséquences opérationnelles majeures pour le Pentagone.
Le rejet assez massif du contrat révèle plus qu’un simple désaccord sur la rémunération. Pour l’IAM, il s’agit d’un signal d’alerte sur la précarité perçue par les salariés, malgré la promesse d’augmentation. « L’écrasante majorité des 3 200 membres du syndicat ont considéré que cette offre ne garantissait ni stabilité ni avenir sécurisé », rappelle l’organisation dans sa déclaration officielle.
Ce syndicat, IAM, regroupe environ 600 000 membres, actifs ou retraités, dans l’aérospatiale, la défense, les transports, la santé, l’automobile et d’autres secteurs aux États-Unis et au Canada.