Les arnaques en ligne aux USA montent encore d’un cran. Les nouvelles données publiques publiées au cours de la dernière semaine confirment un risque élevé : la Federal Trade Commission (FTC) observe une explosion des fraudes par usurpation d’identité visant les seniors, pendant que des procureurs d’État multiplient les alertes sur des pièges très concrets, des faux billets de concert aux appels automatisés frauduleux.
Les arnaques ont coûté plus de 16 milliards aux Américains en 2024

Selon un rapport majeur du Pew Research Center daté du 31 juillet 2025, 73 % des adultes américains disent avoir déjà été exposés à une arnaque ou à une attaque sur internet, et un record de 16,6 milliards de dollars de pertes a été déclaré au FBI en 2024.
Des arnaques en masse frappent les Américains
Le 7 août 2025, la FTC a publié une analyse statistique montrant une multiplication par plus de quatre, depuis 2020, des signalements d’arnaque d’usurpation d’identité dans lesquels des personnes de 60 ans et plus disent avoir perdu au moins 10 000 dollars – et parfois « des dizaines voire des centaines de milliers de dollars ». Les tendances des arnaqueurs ? Au premier plan des scénarios de faux agents bancaires, de faux employés de grandes plateformes ou de faux policiers qui exploitent internet et le téléphone pour enfermer la victime dans le piège.
Toujours selon la FTC, ces arnaques d’imposteurs utilisent de fausses « alertes sécurité » sur internet, des fenêtres pop-up et des scripts téléphoniques pour maintenir la pression, ce qui augmente le danger perçu et réduit la capacité à vérifier. Le cœur du modus operandi est cyber : même lorsqu’un message démarre par un email ou un pop-up, l’objectif est d’amener la cible au téléphone afin de verrouiller la conversation et d’empêcher toute consultation extérieure. Cette articulation entre canaux internet et téléphonie explique la persistance du risque dans l’écosystème numérique américain.
Trois internautes sur quatre ont été ciblés par une arnaque
Le rapport Pew Research, publié le 31 juillet 2025, offre la meilleure jauge de l’ampleur du phénomène aux USA : près des trois quarts des adultes ont déjà vécu une arnaque ou une attaque en ligne ; 48 % déclarent des débits frauduleux sur carte ; 36 % évoquent un achat en ligne jamais livré ou contrefait sans remboursement ; 29 % rapportent une prise de contrôle de compte ; 24 % un message ou appel frauduleux cherchant des données personnelles.
Le niveau de risque est élevé. Il tient à trois facteurs clés : un volume de tentatives constant (la majorité des adultes reçoivent chaque semaine des messages ou appels suspects), une sophistication accrue des scripts d’imposteurs, et une porosité entre canaux (email, SMS, pop-ups, réseaux sociaux et voix). Pour la sécurité et la protection des ménages, l’effet cumulatif est tangible : plus l’arnaque devient routinière, plus les réflexes s’émoussent, ce qui facilite les pièges.
Qui sont les profils d’internautes les plus ciblés ?
Les données montrent que l’arnaque touche tous les âges aux USA, mais avec des profils de pertes très contrastés. La FTC a observé que les pertes à cinq chiffres et plus frappent surtout les personnes de 60 ans et plus, un segment souvent ciblé par des imposteurs capables d’installer, via internet, un scénario de crise immédiate. De son côté, Pew souligne que 84 % des Américains jugent « très » ou « extrêmement » probable qu’une personne de 65 ans ou plus tombe dans le piège d’une arnaque en ligne. Pourtant, de larges minorités de jeunes adultes rapportent eux aussi des expériences de fraude sur internet, notamment des achats non livrés et des comptes compromis, ce qui rappelle que la protection doit être transversale.
Il faut aussi évoquer les arnaques d’événement, où des fraudeurs capitalisent sur la demande pour revendre de faux billets numériques. Le 12 août 2025, New York a diffusé un avertissement spécifique après des refus d’entrée liés à des tickets invalides pour des concerts populaires ; l’alerte met en garde contre des reventes non garanties et des pressions à payer en espèces ou par virement.
Quelles sont les arnaques les plus courantes sur Internet en 2025
Les arnaques d’imposteurs reposent sur trois récits récurrents adaptés à l’écosystème internet : on vous dit que votre compte est compromis ; on vous dit que votre identité est associée à un crime ; on vous dit que votre ordinateur a un problème de sécurité. L’attaquant enchaîne ensuite des instructions techniques, parfois validées par un faux agent gouvernemental, pour vous faire déplacer les fonds.
Le deuxième mécanisme identifié et récurrent est transactionnel et social : faux service client, faux support technique, faux livret d’investissement ou faux commerce en ligne « sans risque ». Internet permet au scam de reproduire logos et chartes visuelles, ce qui détourne provisoirement la vigilance. La sécurité repose alors sur des pauses cognitives : vérifier hors canal, rechercher le numéro officiel, refuser tout transfert dicté par la « protection » des fonds.
Enfin, la scène locale montre que l’arnaque se greffe sur des contextes précis. L’action new-yorkaise contre les appels frauduleux et l’arrestation pour fraude d’investissement ciblant la communauté haïtienne (plus de 600 000 dollars allégués) éclairent deux usages distincts d’internet : le démarchage de masse par téléphonie sur IP et la captation de confiance en micro-communauté via réseaux sociaux et messageries.
