Le tribunal de commerce de Versailles s’apprête à se pencher sur le dossier Carmat, fabricant français du coeur artificiel « Aeson », aujourd’hui en redressement judiciaire. Une seule offre de reprise est sur la table : elle prévoit 1 million d’euros comptant ainsi qu’une promesse d’investissement de 150 millions d’euros sur cinq ans, révèle BFM Business.
Carmat : le tribunal de commerce examine une offre de reprise pour éviter la liquidation

Carmat : le président du conseil d’administration est prêt à verser 1 million d’euros
C'est aujourd'hui, le 19 août 2025, que le tribunal de commerce de Versailles se prononcera sur l'offre de reprise de Carmat, pépite française qui s'est fait un nom pour l'invention et la commercialisation de coeurs artificiels, mais qui est en redressement judiciaire début juillet 2025.
L’appel d’offres lancé dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire, ouverte le 1er juillet, n’a reçu qu’une seule offre avant la date limite du 31 juillet 2025. Selon les informations de BFM Business, l’offre émane de Pierre Bastid, président du conseil d’administration depuis juin 2024 et déjà détenteur de 20% du capital. Il propose 1 million d’euros pour prendre le contrôle de Carmat, accompagné d’un plan d’investissement de 150 millions d’euros sur cinq ans, dont 40 millions d’ici janvier 2026. Il a déjà apporté 60 millions d’euros depuis 2017 et met en vente un actif immobilier estimé à 76 millions de dollars à New York pour financer cette opération. Pierre Bastid s’engage à maintenir les 138 salariés jugés indispensables à la poursuite de l’activité.
Carmat : la cotation en Bourse est suspendue en attendant le verdict
La survie de Carmat semble conditionnée à un objectif de 500 transplantations par an, une performance encore très éloignée des résultats actuels. En 2024, la société n’a réalisé que 42 implantations, auxquelles s’ajoutent 16 interventions au premier trimestre 2025. Son cœur « Aeson » coûte en moyenne 167.000 euros, et une nouvelle version est en développement avec une tarification ajustée à la hausse de 15 à 20%.
Carmat a d’ailleurs suspendu la cotation de son action à partir du 14 août 2025, en préparation de l’audience du 19 août 2025, tandis que ses dirigeants soulignent l’absence de garantie d’issue favorable. L’entreprise rappelle que l’offre n’est pas assurée d’être validée et que le risque de liquidation demeure, même à brève échéance.
Sauver les 30 ans de recherche
Carmat incarne depuis 2008 un pilier de l’innovation dans les technologies médicales, avec son entrée en Bourse dès 2010. Cependant, les promesses excessives, le départ de soutiens institutionnels comme Bpifrance ou Airbus, ainsi que la mort de deux patients en 2021 ont fragilisé sa crédibilité. L’implantation du cœur « Aeson » a dû être suspendue près d’un an, de fin 2021 à octobre 2022. Cette unique offre est perçue comme l’unique chance de sauver les 30 ans de recherche et le demi‑milliard d’euros investi.
