En janvier 2026, la réforme des allocations risque de provoquer une onde de choc sociale. Entre gel des prestations, plafonds de ressources figés et un calcul rétroactif des droits par la CAF, le gouvernement Bayrou assume une orientation budgétaire qui pourrait exclure une partie des allocataires de toute aide.
Allocations sociales : qui sera exclu de l’aide en 2026 ?

Le 3 septembre 2025, François Bayrou a confirmé sur BFMTV que l’« année blanche » des prestations sociales faisait partie de son projet. Derrière cette formule, le gouvernement prépare une mesure plus technique mais redoutée : le gel des plafonds de ressources pour 2026. Or, les droits des allocations étant recalculés chaque janvier, la combinaison de ces deux choix ferait perdre l’aide à des milliers de ménages.
Allocations : le gel des plafonds de ressources dès janvier 2026
Selon CNews, la CAF réévaluera les droits en janvier 2026 sur la base des revenus 2024. Or, les salaires ont progressé de 3 % en 2024. Si les plafonds pour toucher les allocations sociales restent figés, des allocataires dépasseront mécaniquement la limite et perdront leurs aides.
Droit-Finances rappelle que ce gel des plafonds est en vigueur depuis plusieurs années. En 2026, son effet sera plus brutal car l’année de référence, 2024, diffère de la situation actuelle. Ainsi, un ménage dont les ressources n’ont pas augmenté en 2025 pourra voir ses allocations suspendues, uniquement parce que la base de calcul retient une année plus favorable. Et l’exécutif assume cette logique comme un levier d’économie budgétaire.
Des familles privées d’aides sociales par effet de seuil
Un exemple frappant concerne la PAJE de base. Selon Droit-Finances, une famille type qui percevait cette allocation à taux partiel pourrait la perdre si ses ressources dépassent de peu le plafond. Le manque à gagner serait de 98,30 € par mois, soit environ 1 180 € par an, selon Droit-Finances.
Ainsi, comme l’indique CNews, « beaucoup d’allocataires de la CAF perdront leurs droits dès janvier ». Les allocations, conçues pour amortir les écarts de ressources, deviendraient au contraire un vecteur d’exclusion. Le paradoxe ? la réforme touche surtout des foyers modestes qui ne verront pas leur revenu réellement progresser, mais qui dépasseront artificiellement les seuils fixés.
Allocations : qui va perdre avec la réforme Bayrou
Les principaux perdants seront les familles dont les ressources dépassent légèrement les plafonds. Leur perte d’allocations sera immédiate et totale, sans mécanisme progressif. Les bénéficiaires du RSA, de la PAJE ou de l’APL sont particulièrement vulnérables, car leurs droits dépendent d’un calcul par tranches.
Autre catégorie exposée : les foyers ayant touché primes ou heures supplémentaires en 2024. Même si leurs revenus stagnent en 2025, la CAF calculera leurs droits sur 2024. La réforme les placera donc au-dessus des plafonds, entraînant la suppression de leurs allocations.
Le gouvernement vise 44 milliards d’euros d’économies en 2026 pour ramener le déficit à 4,6 % du PIB, contre 5,4 % en 2025. En 2026, le gel des prestations et des plafonds restera au cœur de la politique sociale... et les allocations en sont la première cible.
