Vélo et entreprise : ce que dit le droit

Comment les entreprises peuvent-elles soutenir concrètement cette mobilité propre et active ?

Tiphaine Mollier @editions Tissot
By Tiphaine Mollier Published on 7 septembre 2025 8h30
Bien choisir son vélo électrique (VAE) pour la ville.
Bien choisir son vélo électrique (VAE) pour la ville. - © Economie Matin
11,2%A Paris 11,2 % des déplacements intra-muros se font désormais à vélo,

À Paris comme dans la plupart des grandes villes, le vélo prend une longueur d’avance sur la voiture. Selon une enquête de l’Institut Paris Région réalisée entre octobre 2022 et avril 2023, 11,2 % des déplacements intra-muros se font désormais à vélo, tandis que la voiture ne représente plus que 4,3 % des trajets.

Au-delà de ses bénéfices écologiques, cette pratique favorise aussi le bien-être et la santé des salariés : les entreprises ont tout intérêt à accompagner cette mobilité durable et efficace. Mais comment peuvent-elles la soutenir concrètement ?

Utilisation d’un vélo personnel : quelles sont les prises en charges possibles ?

Si elle n’est pas obligatoire, la prise en charge des trajets à vélo peut se faire via le Forfait mobilités durables, un dispositif fiscalement avantageux.

  • En 2025, ce forfait est exonéré de cotisations sociales jusqu’à 900 € par an et par salarié, si l’employeur prend aussi en charge 50 % des abonnements de transport.
  • Le plafond est réduit à 600 € (dont 300 € de prime carburant) si ce cumul n’existe pas.
Attention :
depuis 2025, en cas de cumul (forfait mobilités durables + transport public ou vélo en location + prime carburant), la prime carburant n’est plus exonérée de cotisations sociales.

Le forfait est ouvert à tous les salariés (CDI, CDD, temps partiels, stagiaires, intérimaires, apprentis), sans distinction de contrat ou de temps de travail. Il est cumulable avec la prime transport et le remboursement obligatoire des abonnements de transports publics.

Ce forfait peut être mis en place :

  • par accord collectif (d’entreprise, interentreprises ou de branche),
  • par décision unilatérale de l’employeur, après consultation du CSE.

Il peut être versé sous forme de remboursement, d’indemnité sur bulletin de paie, ou via une carte prépayée “titre mobilité”, évitant au salarié l’avance de frais. Dans tous les cas, le montant de la prise en charge doit apparaître sur le bulletin de paie.

Ce forfait concerne uniquement l’utilisation d’un vélo personnel et non le vélo de fonction.

Quels sont les avantages d’un vélo de fonction ?

Proposer un vélo de fonction (classique ou électrique) constitue un avantage en nature… mais exonéré de charges sociales et d’impôt, s’il est aussi utilisable pour les trajets personnels.

Les entreprises qui mettent gratuitement à disposition des vélos bénéficient d’une réduction d’impôt équivalente à 25 % des coûts engagés (achat ou location), prorogée jusqu’au 31 décembre 2027.

Le temps de trajet des salariés à vélo est-il rémunéré ?

Le Code du travail est clair : le temps de trajet entre le domicile et le lieu de travail n’est pas considéré comme du temps de travail effectif, quel que soit le mode de transport (art. L. 3121-1). Il n’est donc pas rémunéré.

Tiphaine Mollier @editions Tissot

juriste aux Éditions Tissot, spécialiste du droit du travail

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