Électricité fantôme, profits bien réels : le grand tour de magie des éoliennes

Hiboux, fric et parasols : la nouvelle biodiversité garantie par la Commission de Régulation de l’électricité (CRE)

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By Jean-Louis Butré Published on 12 septembre 2025 5h30
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Électricité fantôme, profits bien réels : le grand tour de magie des éoliennes - © Economie Matin
10,2%En 2023 les éoliennes ont produit 10,2% de l'électricité de la France.

La transition énergétique française a enfanté une espèce rare et lucrative : le "Hibou Électrique", né des courbes d’arrêt d’éoliennes et de panneaux solaires. On les voit pulluler sur les graphiques de RTE, chaque fois que le soleil brille trop fort ou que le vent souffle trop généreusement.

Pourquoi ces arrêts ? Parce que trop d’électricité rend les prix de marché de l'électricité … négatifs. Et dans la grande logique administrative, plutôt que de vendre à perte… on débranche !

Mais attention : pas question que nos chers promoteurs se retrouvent plumés. Grâce aux "filets dorés" de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE)ils  touchent plus en ne  produisant rien,  qu’en produisant vraiment : une rentabilité phénoménale !

·         35 % pour l’éolien terrestre,

·         50 % pour le solaire,

·         Et le Graal absolu : 70 % pour l’éolien offshore.

Un restaurateur rêve de 8 %, un paysan se bat pour 2 %, un concessionnaire d’autoroutes vit grassement avec 20 %... mais nos seigneurs du vent et du soleil, eux, bronzent aux Maldives pendant que leurs machines dorment au champ : les hiboux veillent, et les gueux que nous sommes paient.

Alors oui, les campagnes françaises se couvrent de « têtes de hiboux » … mais derrière ces jolis dessins sur les courbes de production d’électricité, la réalité est effarante : des promoteurs gavés d’argent public pour ne rien produire, et des Français plumés jusque sur leur facture d’électricité. 

En résumé : Eux dorment tranquilles sous les cocotiers, les éoliennes dorment dans les champs, et c’est vous qui payez la sieste.

‍Note technique – Les têtes de hiboux et les compensations financières de la CRE

‍Cette note résume les éléments techniques relatifs aux phénomènes dits de « têtes de hiboux » observés sur les courbes de production électrique, ainsi que les mécanismes de compensation financière mis en place par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE).

1. Le phénomène des « têtes de hiboux »

Le terme « tête de hibou » a été utilisé par RTE pour décrire la forme particulière des courbes de production lorsque certaines installations d’énergies renouvelables intermittentes (solaire et éolien) sont arrêtées en raison d’un excédent d’électricité sur le réseau.

Concrètement, lors des périodes de forte production (grand soleil ou grand vent), la consommation nationale ne permet pas d’absorber toute l’électricité produite. Les prix de marché deviennent alors nuls, voire négatifs. Afin d’éviter une instabilité du système, une partie du parc est déconnectée, ce qui crée ces fameuses courbes en forme de tête de hibou.


2. Exemples récents

- Le 24 mai 2025 : journée de fort ensoleillement. L’augmentation de la production solaire a entraîné une baisse de la production nucléaire jusqu’à sa limite technique. Malgré cela, l’excédent d’électricité a conduit à des prix négatifs en milieu de journée et à l’arrêt forcé de plusieurs sites solaires.


Le 3 septembre 2025 : journée de grand vent. Une part importante des sites éoliens a été mise à l’arrêt en raison d’une surproduction éolienne, le phénomène des « têtes de hiboux » s’étendant désormais aussi à l’éolien.

3. Le mécanisme de compensation financière

Lorsqu’EDF demande l’arrêt de production (effacement), les exploitants ne subissent aucune perte financière. Au contraire, la CRE a mis en place un système de compensation particulièrement avantageux. Au-delà de 20 heures d’effacement cumulé par an (40 heures pour les sites en mer), les gestionnaires de sites perçoivent une prime calculée comme suit :

• Éoliennes terrestres : 35 % × Puissance du site × Tarif d’achat × Nombre d’heures effacées

• Sites solaires : 50 % × Puissance du site × Tarif d’achat × Nombre d’heures effacées

• Sites en mer : 70 % × Puissance du site × Tarif d’achat × Nombre d’heures effacées

4. Facteurs de charge attribués

Ce système revient à attribuer artificiellement aux exploitants les facteurs de charge suivants :

• 35 % pour les éoliennes terrestres (contre environ 23 % en moyenne réelle en France)

• 50 % pour les sites solaires (contre environ 20 % dans le sud de la France)

• 70 % pour les sites en mer (contre environ 40 % dans les appels d’offres en cours)

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Ingénieur Physicien Expert Énergie et ancien PDG entreprises Président de la Fédération Environnement Durable (1750 associations de toutes les régions de France) Président d'EPAW, plateforme européenne contre les éoliennes industrielles

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