Chauffage : critère décisif pour 91 % des acheteurs immobiliers

Dans un marché immobilier bouleversé par la crise énergétique et la réglementation, le chauffage s’impose comme un critère décisif pour les acheteurs. Neuf candidats sur dix l’intègrent désormais à leur décision, et plus de deux tiers écartent un bien jugé trop énergivore.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 29 septembre 2025 9h51
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Chauffage : critère décisif pour 91 % des acheteurs immobiliers - © Economie Matin
82%82 % des propriétaires se disent incités à envisager un changement de système de chauffage

Le 29 septembre 2025, une enquête nationale menée par Rothelec confirme l’ampleur du phénomène : le chauffage n’est plus perçu comme un simple détail technique, mais comme l’un des leviers majeurs de l’immobilier résidentiel. Dans un contexte où les logements mal classés au DPE subissent une décote pouvant atteindre 15 %, les acheteurs, locataires et propriétaires se recentrent sur l’énergie et la performance des équipements. Avec 91 % des futurs acquéreurs attentifs au dispositif de chauffage, l’importance de ce choix dépasse désormais la seule question du confort.

Le chauffage : un critère essentiel dans l’achat immobilier

Les résultats du sondage confirment que le chauffage est devenu une variable incontournable dans le processus d’achat. En effet, 54 % des acheteurs déclarent l’examiner systématiquement, et 37 % l’évaluent en fonction de l’ancienneté du logement. À l’inverse, seuls 9 % affirment ne pas le considérer comme une priorité. Pour 49 % des acheteurs, le type de chauffage est même un critère essentiel dans leur décision, et pour 43 % il est moyennement décisif.

Cette vigilance est renforcée par l’évolution réglementaire. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE) ne peuvent plus être proposés à la location. Or, un mauvais classement peut entraîner une réduction de prix allant jusqu’à 15 %. Dans ce cadre, le chauffage devient à la fois un atout commercial et un outil de négociation. Le gouvernement ayant annoncé une baisse de 10 à 15 % du prix de l’électricité en février 2025, les systèmes performants gagnent encore en attractivité pour des acquéreurs soucieux de limiter les charges et d’anticiper les futures réglementations.

Chauffage performant, accélérateur de vente et de location

La dimension énergétique influence directement la capacité d’un bien à séduire. Ainsi, 69 % des candidats à l’achat se disent prêts à écarter un logement jugé trop énergivore selon l’étude Rothelec : 38 % le feraient sans hésiter et 31 % seulement en l’absence d’autres atouts compensatoires.

Les conséquences sur la valorisation sont déjà mesurables. Selon l’étude, les biens classés comme “passoires énergétiques” peuvent subir une décote allant jusqu’à –14 % par rapport à des logements de catégorie D. À l’opposé, un chauffage moderne améliore la fluidité du marché. Pour 83 % des Français, il permet de louer plus vite. Si 19 % estiment que cet avantage ne joue que dans certaines zones tendues, 64 % l’appliquent à l’ensemble du parc immobilier. Le chauffage devient ainsi un facteur concurrentiel pour les bailleurs, leur offrant un levier pour réduire la vacance locative et sécuriser leur rendement.

L’étude détaille également le podium des systèmes perçus comme favorisant la vente. La pompe à chaleur arrive en tête avec 76 % de réponses positives, suivie du chauffage électrique moderne à 68 % et du bois/pellets à 59 %.

Propriétaires sous pression : rénover le chauffage en priorité

Face à la montée des exigences, les propriétaires se déclarent prêts à agir massivement sur le chauffage. L’étude révèle que 65 % sont disposés à investir dans un système plus performant : 48 % sans hésiter et 17 % pour réduire les charges de leurs locataires. En parallèle, 32 % attendraient une obligation réglementaire pour franchir le pas, et 3 % ne considèrent pas ce chantier comme prioritaire. Lorsqu’il s’agit de rénovation, 53 % des Français placent l’amélioration du chauffage en tête des travaux, devant la cuisine, la salle de bain ou même l’isolation.

La réglementation joue un rôle moteur. Interrogés sur l’interdiction progressive de location des passoires thermiques, 82 % des propriétaires se disent incités à envisager un changement de système de chauffage : 38 % le voient comme un facteur clé et 44 % préfèrent d’abord renforcer l’isolation. Seuls 17 % repoussent la décision.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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