Imaginez un avenir où, au moment de payer un achat, vous offrez un smartphone usagé ou un ordinateur dont vous ne vous servez plus pour compenser une partie du coût. C’est la nouvelle proposition disruptive d’une start-up espagnole, Ealyx, qui vise à faire des objets d’occasion une sorte de monnaie d’échange dans le monde du paiement.
Paiement en ligne : vous pourrez bientôt utiliser des objets d’occasion

Une nouvelle méthode de paiement émerge : payer avec des objets d’occasion. La start-up barcelonaise Ealyx introduit une option baptisée EalyxPay qui permet d’utiliser la revente d’un objet usagé comme levier financier lors d’un achat en ligne. Ce mécanisme s’inscrit à l’intersection du troc moderne, de la fintech et de l’économie circulaire, et attire déjà les regards sur son potentiel disruptif dans le secteur du e‑commerce.
Principe et fonctionnement du paiement par objets d’occasion
L’idée centrale consiste à intégrer directement au paiement le processus de revente d’un objet que l’acheteur possède déjà. Lors du passage en caisse, EalyxPay offre une option alternative aux paiements traditionnels comme Visa ou Mastercard : l’utilisateur indique l’objet qu’il souhaite revendre et son état estimé. À partir de là, la plateforme fournit une valeur estimée et ajuste le montant à payer en conséquence. Cette démarche introduit le concept de « paiement médié par revente d’objet » dans le parcours d’achat.
En pratique, le client règle l’achat en trois mensualités : la première est due immédiatement, les deux suivantes peuvent être annulées si l’objet repris couvre leur montant. Si ce n’est pas le cas, la différence est facturée. Si l’objet dépasse la valeur, l’excédent est remboursé. Si l’objet n’est pas envoyé dans les 30 jours, les montants non payés sont débités. Cela revient à un mini‑crédit au client, assorti d’un coût de 3 € par mensualité, soit 9 € au total.
Forces, limites et enjeux de ce modèle de paiement
La grande force de ce modèle est de fusionner achat et revente en une transaction unique, ce qui simplifie le paiement pour l’utilisateur. Ealyx affirme reprendre plus de 2 000 produits actuellement, et ambitionne d’étendre ce nombre à 25 000 objets éligibles selon son site officiel. Le dispositif séduit par son aspect durable et par son alignement avec les tendances de consommation circulaire.
Mais les limites sont nombreuses. L’acquéreur n’a aucun contrôle direct sur l’évaluation finale : si l’objet ne correspond pas à l’état déclaré, Ealyx peut proposer une offre révisée ou refuser la reprise. « Si l’objet n’est pas dans l’état indiqué en ligne … nous faisons une seconde offre au client ». De plus, le coût de 9 € pour le service peut freiner l’adhésion. Enfin, le mécanisme présente une dimension de crédit implicite, ce qui soulève des questions juridiques et de conformité à la réglementation sur le crédit à la consommation.
Perspectives de déploiement et impact dans l’écosystème
Ealyx a déjà lancé le service en Espagne et prévoit un déploiement prochain en France via des e‑commerçants partenaires. Le concept a été présenté au salon NRF’25 Retail’s Big Show à Paris, une vitrine pour susciter l’adoption sur le marché français.
Si cette innovation parvient à s’imposer, elle pourrait redéfinir les usages du paiement en transformant les objets d’occasion en levier de transaction. Mais cela dépendra de l’acceptation des commerçants, de la confiance qu’auront les consommateurs dans l’évaluation, et de l’adaptation réglementaire autour du crédit implicite et de la revente d’objets. Le modèle pourrait ouvrir la voie à des start-up similaires, en France ou ailleurs, qui associeraient troc, fintech et e‑commerce.