C’est une première : au premier semestre 2025, à l’échelle mondiale, les énergies renouvelables ont produit plus d’électricité que le charbon. Ce basculement, que révèle le think-tank Ember, illustre une mutation profonde du paysage énergétique.
Énergie : les renouvelables désormais en tête de l’offre mondiale, le charbon en repli

Le solaire connaît un essor à travers le monde
Entre janvier et fin juin 2025, les renouvelables ont généré 5.072 TWh d’électricité, contre 4.896 TWh pour le charbon. L’écart reste mince, mais il consacre une tendance lourde : le solaire et l’éolien ne sont plus des alternatives, ils sont devenus les piliers du système électrique mondial. Leur progression annuelle (+7,7%) s’explique autant par des coûts en chute libre que par des gains d’efficacité.
Le solaire, en particulier, a couvert plus de 80% de la hausse mondiale de la demande électrique. Pour les spécialites du think-tank Ember, il s’agit d’un « tournant structurel » : les renouvelables ne se contentent plus de croître, elles redéfinissent le centre de gravité économique de l’énergie.
Énergies renouvelables : l’Asie mène la transition mondiale
Si cette bascule est mondiale, c’est l’Asie qui en incarne la dynamique. La Chine, premier producteur d’électricité, a réduit de 2% sa part de charbon tout en augmentant de 43% son parc solaire. L’Inde, de son côté, a réduit sa production de charbon de 3% et accéléré dans les renouvelables (+31% pour le solaire, +29% pour l’éolien).
Ces chiffres traduisent une réalité nouvelle : dans les grandes économies émergentes, la décarbonation n’est plus un choix environnemental mais une stratégie d’indépendance et de compétitivité.
L’Occident en transition ralentie
Les États-Unis, paradoxalement, ont vu le charbon rebondir (+17%) au premier semestre 2025, en raison d’une faible production hydraulique et d’une forte demande intérieure. L’Union européenne, de son côté, a subi l’effet des sécheresses sur son mix énergétique, entraînant une hausse temporaire de la part du gaz (+14%) et du charbon (+1,1%).
Mais ces hausses ponctuelles s’inscrivent dans une trajectoire de long terme orientée vers le vert : l’Inflation Reduction Act américain et le Pacte vert européen continuent de doper les investissements bas carbone.
Un rééquilibrage du capital mondial
Ce basculement énergétique a des implications économiques majeures. Selon les projections d'Ember, plus de 500 milliards de dollars d’investissements privés devraient être redirigés vers les technologies propres d’ici fin 2025.
Les marchés financiers privilégient désormais la stabilité des revenus issus des contrats d’achat d’électricité verte. Les actifs fossiles, à l’inverse, sont de plus en plus considérés comme des risques à long terme.
Une page qui se tourne
En 2025, 88 pays — représentant 93% de la demande mondiale — produisent déjà plus d’électricité renouvelable que de charbon. Pour les analystes, cette tendance marque l’entrée dans une « économie post-fossile », où la rentabilité et la durabilité convergent enfin.
Le charbon, longtemps roi incontesté de la croissance industrielle, cède la place à un nouvel ordre énergétique, tiré par l’innovation, le capital vert et la logique de marché.
