Gouvernement Lecornu II : à peine dévoilé, déjà menacé de censure

Annoncé le 12 octobre 2025, le gouvernement Lecornu II compte 34 membres et assume d’emblée une mission délicate : « donner un budget au pays » sous la menace immédiate de motions de censure

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 13 octobre 2025 6h03
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Dimanche 12 octobre 2025, l’Élysée a officialis » la composition du deuxième gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu. L’équipe réunit 34 ministres et ministres délégués, mélangeant profils techniques, élus confirmés et personnalités de la société civile.

Composition du gouvernement Lecornu II : la liste complète des ministres

Le gouvernement réunit 19 ministres et 15 ministres délégués. Le premier Conseil des ministres est annoncé pour mardi 14 octobre 2025, preuve d’une volonté d’entrer vite dans le dur sur fond de délai maximum pour la présentation du Budget 2026 et malgré un contexte de censure.

Ministres

  • Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur.
  • Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants.
  • Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.
  • Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature.
  • Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice.
  • Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
  • Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat.
  • Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire.
  • Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale.
  • Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
  • Rachida Dati, ministre de la Culture.
  • Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.
  • Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer.
  • Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.
  • Amélie de Montchalin, ministre de l’Action et des Comptes publics.
  • Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.
  • Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative.
  • Philippe Tabarot, ministre des Transports.
  • Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement.

Ministres délégués

  • Auprès du Premier ministre : Laurent Panifous (Relations avec le Parlement) ; Maud Bregeon (Porte-parole du gouvernement) ; Aurore Bergé (Égalité femmes-hommes et Lutte contre les discriminations).
  • Auprès du ministre de l’Intérieur : Marie-Pierre Vedrenne.
  • Auprès de la ministre des Armées : Alice Rufo.
  • Auprès de la ministre de la Transition écologique : Catherine Chabaud (Mer et Pêche) ; Mathieu Lefèvre (Transition écologique).
  • Auprès du ministre de l’Économie : Sébastien Martin (Industrie) ; Anne Le Hénanff (Intelligence artificielle et Numérique).
  • Auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères : Benjamin Haddad (Europe) ; Nicolas Forissier (Commerce extérieur et Attractivité) ; Eléonore Caroit (Francophonie, Partenariats internationaux et Français de l’étranger).
  • Auprès de la ministre de la Santé : Charlotte Parmentier-Lecocq (Autonomie et Personnes handicapées).
  • Auprès de la ministre de l’Aménagement du territoire : Michel Fournier (Ruralité).
  • Auprès de la ministre de l’Action et des Comptes publics : David Amiel (Fonction publique et Réforme de l’État).

Réactions des oppositions : la censure dès lundi ?

Les premières heures confirment un durcissement. Le gouvernement Lecornu II, majoritairement technique mais traversé par des lignes politiques diverses, suscite des réactions rapides. À droite, la stratégie du Rassemblement national est sans ambiguïté : « Le président de la République doit annoncer au plus vite la dissolution de l’Assemblée nationale pour permettre au peuple français de s’exprimer », a écrit Marine Le Pen sur X, en annonçant le dépôt d’une motion de censure dès lundi 13 octobre 2025 . Dans le même temps, Les Républicains actent l’exclusion des six ministres LR entrés au gouvernement (Annie Genevard, Rachida Dati, Vincent Jeanbrun, Philippe Tabarot, Sébastien Martin et Nicolas Forissier), officialisant la rupture et clarifiant leur ligne d’opposition. Une réunion du parti est prévue mardi 14 octobre 2025, mais Les Républicains n’ont pas encore menacé de censurer.

À gauche, La France insoumise embraye et promet la censure du gouvernement. « Les derniers restes de la macronie et des mercenaires en rupture avec leur parti sont donc montés ce soir sur le radeau de la Méduse. Les insoumis n’ont qu’une parole : nous déposons donc immédiatement une motion de censure pour en finir avec la macronie », a écrit Manuel Bompard dans la nuit de dimanche à lundi.

D’autres cadres LFI, à l’instar de Mathilde Panot, préviennent : « Ne déballez pas trop vite vos cartons. La censure arrive ». Le Parti socialiste, de son côté, se montre plus nuancé : des responsables socialistes jugent que ce gouvernement n’envoie « pas de très bons signes », mais disent vouloir écouter la feuille de route et évaluer le Budget, laissant pour l’instant la porte entrouverte à une convergence sur une motion.

Budget 2026 : la France va-t-elle se sortir de l’impasse ?

Tout converge vers le Budget 2026. Le gouvernement entend tenir rapidement un Conseil des ministres et présenter un texte capable d’agréger un soutien minimal. D’après les éléments communiqués dimanche soir, Sébastien Lecornu parle d’un « gouvernement de mission » nommé pour « donner un budget à la France avant la fin de l’année », une ligne qui engage l’exécutif à des compromis. Cependant, sans appui formel de LR ni de l’UDI, l’adoption du Budget dépendra d’alliances fluctuantes, au cas par cas, voire d’abstentions « constructives ». La mécanique reste fragile : la censure est une menace tangible si une coalition RN-LFI-autres groupes décidait de s’additionner.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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