Boeing : accord social signé, la facture économique dévoilée

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By Jehanne Duplaa Published on 14 novembre 2025 10h22
Boeing : accord social signé, la facture économique dévoilée
Boeing : accord social signé, la facture économique dévoilée - © Economie Matin
24 %Par l’accord signé, Boeing s’engage à appliquer une hausse salariale cumulée de 24 % sur cinq ans

Depuis le 4 août 2025, près de 3 200 salariés des sites militaires de Boeing dans la région de St Louis (Missouri) et Mascoutah (Illinois) avaient cessé de travailler, déclenchant l’une des principales grèves dans le domaine de l’aéronautique de défense. Le secteur du fabricant est désormais sur le point de tourner la page, grâce à la ratification d’un nouvel accord social. L’événement bouscule la donne économique de Boeing, dont les marges, la chaîne d’approvisionnement et la compétitivité sont en ligne de mire.

Une facture salariale gonflée, mais une maitrise des coûts en question

Avec l’accord signé, Boeing s’engage à appliquer une hausse salariale cumulée de 24 % sur cinq ans pour les ouvriers concernés, indique Wall Street Journal. Par ailleurs, un bonus de ratification de 6 000 dollars (soit environ 5 600 €) par salarié a été proposé, précise Reuters. Le salaire de base moyen passera ainsi d’environ 75 000 dollars à près de 109 000 dollars (environ 101 000 €) par an.

Du point de vue économique, ceci constitue un surcoût notable pour Boeing. Il faudra donc que l’entreprise compense par une amélioration de productivité, une montée en cadence ou des gains sur le coût unitaire de production. Autrement, la marge de sa division Défense, déjà sous pression, pourrait en pâtir.

L’impact sur la production et la pression sur la chaîne d’approvisionnement

La grève a duré 101 jours, perturbant la production d’avions de combat et autres matériels militaires essentiels à la division Défense, Espace & Sécurité de Boeing. Cette division représente plus d’un tiers des revenus du groupe. Military.com+1 Pour l’entreprise, il ne s’agissait pas seulement de résoudre un conflit social, mais de rétablir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et d’éviter que les retards n’aient des effets en cascade sur les coûts indirects, les pénalités de livraison ou le plan de production militaire américain.
En outre, Boeing avait déjà entamé un plan pour remplacer les grévistes par de nouvelles embauches et envisager le transfert ou l’externalisation de certaines tâches. Cela montre la tension entre maintien de l’activité et maîtrise des coûts salariaux et structurels.

Risques et opportunités pour Boeing dans un contexte économique contraint

D’un côté, l’accord permet à Boeing de sortir de la crise sociale et de relancer ses lignes de production — qui sont critiques dans un contexte d’augmentation des budgets de défense aux États-Unis et à l’étranger. Il y a donc une opportunité de reprendre une trajectoire de croissance pour la division. De l’autre côté, l’entreprise doit absorber un coût salarial supplémentaire sans que la visibilité sur les gains de productivité ne soit claire. Cette double contrainte pose un défi économique sérieux.
Par ailleurs, le marché et les investisseurs garderont un œil sur l’impact de cette hausse salariale sur le compte de résultat. Si le coût du travail augmente, il faut que la productivité ou le prix de vente des produits suivent. Autrement, la marge opérationnelle pourrait se réduire, et Boeing pourrait devoir répercuter cette hausse par des augmentations de prix ou des réductions d’autres coûts — ou bien les deux.

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