À partir de janvier 2026, de nombreux contrats d’assurance habitation en France verront leurs primes augmenter sensiblement, dans un contexte où la fréquence des sinistres et l’exposition aux risques climatiques pèsent de plus en plus sur les assureurs et les assurés. L’assurance habitation est un pilier essentiel de la gestion du risque pour tout logement — qu’il soit occupé par un locataire ou un propriétaire — dans un contexte d’intensification des aléas climatiques et d’évolution des mécanismes d’indemnisation.
Assurance habitation : à quoi elle sert et pourquoi son prix explose

Qu’est‑ce que l’assurance habitation et à quoi sert‑elle ?
Une protection des biens et de la responsabilité
L’assurance habitation est un contrat qui permet, pour une prime versée annuellement ou fractionnée, de bénéficier d’une indemnisation en cas de sinistre affectant votre logement ou vos biens. Selon le ministère de l’Économie, de la Finance et de la Souveraineté industrielle, l’assurance habitation « couvre les dommages qui pourraient affecter les biens de l’assuré : incendie, dégât des eaux, gel des canalisations, catastrophe naturelle et tempête, cambriolage et vandalisme, bris de glace ».
Cet ensemble de garanties s’inscrit dans un contrat couramment désigné sous le terme de multirisques habitation (MRH), qui inclut également la responsabilité civile de l’assuré. Cette dernière protège financièrement l’assuré lorsqu’il est tenu responsable de dommages causés à autrui (par exemple un dégât des eaux chez un voisin).
Obligations légales et recommandations pratiques
Sur le plan légal, l’assurance habitation est obligatoire pour les locataires et les copropriétaires, mais non obligatoire pour un propriétaire occupant, bien qu’elle soit fortement recommandée pour protéger son patrimoine.
Par ailleurs, la prime d’assurance est librement fixée par les assureurs en fonction de nombreux critères : le lieu d’habitation, la surface du logement, la valeur des biens assurés, le niveau de franchise et l’exposition aux risques (notamment climatiques).
Pourquoi l’assurance habitation augmente‑t‑elle en 2026 ?
Une hausse généralisée des primes
Les primes d’assurance habitation ne cessent d’augmenter depuis plusieurs années et la tendance se confirme en 2026, avec des hausses significatives. Selon une étude menée par Acheel sur 200 000 contrats, les tarifs augmentent entre 6 % et 8 % en 2026, confirmant une tendance observée nationalement.
TF1/LCI rapporte une augmentation moyenne d’environ 9 % du coût de l’assurance habitation en 2026, ce qui porte la prime moyenne d’environ 167 € en 2025 à près de 182 € en 2026.
L’impact des sinistres et des événements climatiques
La première cause structurelle de ces hausses est la multiplication des sinistres liés aux aléas climatiques : inondations, tempêtes, sécheresses et autres phénomènes extrêmes. D’après plusieurs observateurs du secteur, plusieurs milliards d’euros ont été dépensés pour indemniser les sinistres climatiques ces dernières années. Par exemple, plus de 5 milliards d’euros de dommages ont été réglés en 2024 au titre des sinistres climatiques en France pour l’assurance habitation.
La revalorisation de la surprime « catastrophes naturelles » — contributive au financement du régime d’indemnisation des catastrophes — impacte aussi les cotisations. Cette surprime, qui était de 12 %, a été portée à 20 % sur les contrats d’assurance de dommages aux biens (dont l’habitation).
Les enjeux économiques pour les assurés et les assureurs
Pression des coûts de réparation et sinistralité en hausse
Outre les événements climatiques, la hausse du coût de la reconstruction et des réparations des logements contribue à l’inflation des primes. Les matériaux de construction et la main d’œuvre ont vu leurs prix augmenter régulièrement, ce qui se traduit par des indemnisations plus coûteuses pour les assureurs et, à terme, des cotisations plus élevées pour les assurés.
La fréquence des sinistres courants (dégâts des eaux, incendies, cambriolages) est également en croissance, ce qui alourdit la sinistralité moyenne et oblige les assureurs à ajuster leurs modèles de tarification pour maintenir leur solvabilité passée et future dans un contexte d’inflation maîtrisée mais de coûts assurantiels élevés.
Disparités territoriales et profils d’assurés
Les hausses ne sont pas homogènes sur tout le territoire. Les comparateurs d’assurances et assureurs constatent des disparités régionales marquées, comme dans les Hauts‑de‑France, la Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et la Nouvelle‑Aquitaine, où les augmentations peuvent dépasser la moyenne nationale.
Dans les zones les plus exposées (zones inondables, régions soumises au retrait‑gonflement des argiles, etc.), les primes d’assurance habitation affichent des niveaux plus élevés et des hausses plus accentuées, reflétant une perception de risque plus sévère par les assureurs.