OCDE : pourquoi la santé pèse lourd sur les budgets en 2025

Dans un contexte marqué par le vieillissement démographique et la montée des technologies médicales, les dépenses de santé poursuivent leur envolée en 2025. Un panorama réalisé à partir du rapport Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dévoile quels pays sont en première ligne, quelles sont les causes de cette hausse, et où se concentrent les principaux risques budgétaires.

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By Rédaction Published on 23 novembre 2025 18h05
Santé Depenses Ocde
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14Le diabète, qui touche désormais 14 % des adultes au Chili et au Mexique, contre moins de 4 % en France et au Danemark pèse lourd dans les dépenses publiques des pays.

Selon le dernier bilan de l’OCDE, pour l’ensemble des pays de l’OCDE, les dépenses de santé représentaient en 2024, en moyenne, 9,3 % du PIB.

Un panorama des dépenses de santé dans les pays de l’OCDE

La hausse des dépenses de santé au sein des pays de l’OCDE est nette et documentée. En 2024, les États-Unis allouaient près de 17,2 % du PIB à la santé, loin devant l’Allemagne à 12,3 %. Par ailleurs, la dépense par habitant moyenne des pays de l’OCDE était d’environ 5 967 dollars (en parité de pouvoir d’achat) en 2024. Pour ce qui concerne la France : les dépenses de santé atteignaient 7 363 dollars par habitant en 2024, ce qui place le pays au 12ᵉ rang parmi les États de l’OCDE.

Sur le plan de la structure du financement, le dernier bilan de l'OCDE note que dans les pays de l’OCDE, les sources publiques finançaient en moyenne 72 % des dépenses de santé en 2023. Enfin, dans les projections, les dépenses publiques de santé en per capita sont estimées croître annuellement de +2,6 % en moyenne dans l’OCDE entre 2024 et 2045, ce qui témoigne de pressions importantes à venir.

Pourquoi les dépenses de santé grimpent‑elles ?

La montée des dépenses de santé s’explique par plusieurs facteurs conjoints. D’abord, le vieillissement de la population : le nombre de bénéficiaires de soins de longue durée augmente, ce qui creuse les coûts pour les systèmes. À titre d’exemple, en France, les soins de longue durée ont progressé de +3,4 % entre 2023 et 2024. Ensuite, le progrès technologique et les prix croissants des services de soin. L’OCDE indique que « les dépenses publiques de santé devraient croître d’environ 1,5 point de PIB d’ici 2045 », notamment « sous l’effet des progrès technologiques, des attentes accrues en matière de soins et du vieillissement démographique ».

De plus, la structure même des services de santé contribue à la hausse : les soins curatifs et de réadaptation représentent plus de trois‑cinquièmes de l’ensemble des dépenses de santé dans l’OCDE. Enfin, l’augmentation de la dépense n’est pas simplement liée au volume mais aussi aux coûts unitaires : les secteurs de la santé ont souvent une productivité moindre et des coûts salariaux en hausse, ce qui crée un « effet Baumol » dans ce domaine.

Enjeux et risques

Certains pays se démarquent par l’ampleur de leurs dépenses de santé, ce qui soulève des questions sur la soutenabilité à long terme. Les États‑Unis restent le cas le plus marquant, avec une dépense équivalente à 17,2 % du PIB en 2024, bien au‑delà de la moyenne de l’OCDE fixée à 9,3 %. En Europe, l’Allemagne (12,3 %) et la France (11,5 %) figurent également parmi les pays les plus dépensiers. Cette dynamique reflète à la fois un choix politique de forte couverture sociale, mais aussi des défis budgétaires croissants. Comme le souligne l’OCDE : « les dépenses publiques en pourcentage du PIB augmenteront en moyenne de 1,5 point de pourcentage d’ici à 2045 ». Par ailleurs, le rapport alerte sur un point essentiel : la santé absorbe désormais 15 % des dépenses publiques dans l’OCDE, ce qui laisse peu de marges pour d’autres priorités comme l’éducation ou la transition énergétique.

Les risques associés à cette augmentation continue sont multiples. D’un point de vue budgétaire, l’OCDE avertit que « dans de nombreux pays, il pourrait être difficile d’augmenter davantage cette part, compte tenu des contraintes fiscales ». Sur le plan structurel, le vieillissement démographique va continuer à faire pression, tandis que la prévalence croissante de maladies chroniques – dont le diabète, qui touche désormais 14 % des adultes au Chili et au Mexique, contre moins de 4 % en France et au Danemark – alourdit les dépenses de long terme. À cela s’ajoute la montée des facteurs de risque (obésité, sédentarité, pollution), qui rendent les systèmes plus vulnérables, notamment en cas de choc sanitaire. En somme, la question centrale est celle de l’efficience : comment maintenir la qualité des soins tout en évitant un emballement des coûts qui pourrait, à terme, fragiliser les équilibres macroéconomiques.

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