Le transport aérien pourrait être lourdement perturbé le 1er janvier 2026. Alors qu’EasyJet France fait face à une mobilisation interne inédite, le syndicat UNAC appelle à une grève ciblée pour le Jour de l’An, visant un objectif zéro décollage.
Grève chez EasyJet le 1er janvier : zéro décollage visé en France

Une grève maintenue malgré la levée du préavis par le syndicat majoritaire
Le 1er janvier 2026 s’annonce turbulent pour EasyJet. Tandis que des milliers de passagers planifient leur retour de fêtes, la compagnie pourrait connaître une paralysie partielle, voire totale, de ses opérations au départ de ses bases françaises. En cause : le syndicat UNAC, représentant une partie des personnels navigants commerciaux (PNC), a confirmé le maintien de son préavis de grève, malgré la levée du mouvement par le syndicat majoritaire SNPNC‑FO. Cette dissension syndicale n’enlève rien à la détermination affichée par l’UNAC, qui vise, selon ses mots, un « objectif zéro décollage » pour cette journée critique.
EasyJet, qui assure une large partie de ses liaisons depuis Roissy‑Charles-de-Gaulle et Paris‑Orly, n’a pas encore communiqué de plan précis pour adapter son programme de vols. Toutefois, l’entreprise recommande à ses clients de vérifier le statut de leur vol avant déplacement et, si nécessaire, d’anticiper des solutions de report. Selon les projections internes de la compagnie, le trafic du 1er janvier pourrait subir de fortes perturbations si la mobilisation est suivie.
Des revendications centrées sur les conditions de travail et les plannings instables
Au cœur de la contestation, le fonctionnement des plannings reste le point de tension majeur. L’UNAC dénonce un système de gestion interne devenu ingérable pour les PNC, notamment à cause de modifications fréquentes de dernière minute. Le syndicat affirme : « Il n’est plus rare de subir plusieurs modifications de planning sur une seule et même journée, souvent au dernier moment », soulignant une pression accrue sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Dans le cadre d’une consultation menée auprès des personnels, 64,2 % des équipages consultés ont rejeté les propositions de la direction. À l’issue de ce vote interne, l’UNAC a tranché : « La démocratie a parlé par les urnes », réaffirmant sa volonté de maintenir le préavis et de passer à l’action si les demandes ne sont pas entendues (Air Journal, 28 décembre 2025).
Parmi les exigences exprimées figurent la stabilisation des plannings, une meilleure prévisibilité des horaires, et la fin des ajustements de dernière minute. Ces demandes s’inscrivent dans un climat social tendu, exacerbé par les fêtes de fin d’année et le rythme soutenu des vols à cette période.
Un impact potentiel fort sur les voyageurs de retour du Nouvel An
L’appel à la grève est d’autant plus stratégique que le Jour de l’An représente un moment de forte affluence dans les transports aériens. De nombreux passagers regagnent leur domicile ou reprennent le travail, souvent dès le 2 janvier. L’éventualité d’un blocage massif des vols EasyJet pourrait donc perturber plusieurs milliers de trajets, à un moment où l’offre reste tendue dans le secteur. Pour l’heure, aucun chiffre précis n’est communiqué par EasyJet concernant le nombre de vols potentiellement annulés. Toutefois, le mot d’ordre du syndicat — « zéro décollage » — traduit une volonté de paralyser le réseau national de la compagnie. Cette mobilisation se limite toutefois aux personnels PNC relevant d’EasyJet France, les autres bases européennes n’étant pas concernées.
Le syndicat majoritaire SNPNC‑FO, qui avait initialement rejoint le mouvement, a finalement levé son préavis avant Noël, se déclarant toutefois en « veille sociale » en cas d’échec des discussions futures. Cette absence d’unité syndicale pourrait limiter la portée du mouvement, bien que l’UNAC continue d’espérer une mobilisation significative. La direction, quant à elle, reste discrète dans ses communications publiques. Aucune annonce d’accord imminent n’a été faite, et les négociations semblent, à cette heure, dans une impasse. Le premier janvier s’impose donc comme un test de force entre les personnels navigants et leur employeur, avec pour toile de fond la question centrale des conditions de travail dans l’aviation à bas coût.