Alors que des millions de patients dépendent quotidiennement de traitements cardiovasculaires, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alerte sur des tensions majeures d’approvisionnement en propranolol 40 mg, un médicament bêtabloquant largement prescrit en France. Une situation critique qui interroge sur les causes profondes du retard, les solutions temporaires envisagées, et les implications pour les professionnels de santé comme pour les patients.
Approvisionnement en médicament : rupture sur un bêtabloquant en France

Le 09 janvier 2026, l’ANSM a lancé un signal d’alarme : le médicament propranolol 40 mg comprimé, utilisé notamment dans les pathologies cardiaques, fait face à un retard significatif de distribution. Ce bêtabloquant, pourtant essentiel dans certaines indications, se raréfie sur les rayons, provoquant inquiétude et mobilisation dans le secteur médical. Alors que la demande reste forte, les laboratoires rencontrent des difficultés persistantes pour approvisionner le marché français.
Propranolol 40 mg : un seul dosage concerné, mais un impact étendu
Si l’annonce de l’ANSM cible un unique dosage — le propranolol 40 mg sous forme de comprimé — ses conséquences dépassent cette seule formulation. Ce médicament, appartenant à la classe des bêtabloquants, est couramment utilisé dans la prise en charge de l’hypertension artérielle, des troubles du rythme cardiaque et de certaines manifestations anxieuses.
L'agence a précisé que ce sont « les médicaments à base de propranolol 40 mg (comprimé) [qui] font actuellement l’objet d’importants retards d’approvisionnement de la part des laboratoires concernés. La situation devrait s’améliorer progressivement à partir du mois de février ».
Toutefois, les autres dosages — 80 mg LP et 160 mg LP en gélules — ainsi que les formes buvables ou injectables ne sont pas touchés par cette perturbation logistique, selon l’ANSM. Cette restriction relative limite partiellement l'impact, bien qu’elle n’épargne pas certains profils de patients pour lesquels cette posologie de 40 mg est incontournable.
Pourquoi ce retard d’approvisionnement ?
La cause précise de ce ralentissement n’a pas été formellement détaillée par les laboratoires concernés ni par l’agence. Cependant, la communication officielle évoque « d’importants retards d’approvisionnement de la part des laboratoires concernés », selon le communiqué. Ce type de difficulté peut résulter d’un ensemble de facteurs combinés : ralentissement de production, problèmes d’importation, tensions sur les matières premières ou logistique industrielle.
Jusqu’à nouvel ordre, la vente du médicament en dehors du territoire français est strictement interdite, une mesure exceptionnelle destinée à préserver le stock national, comme l’a confirmé Notre Temps dans son édition du 09 janvier 2026.
Face à l’urgence, l’ANSM a décidé d’autoriser temporairement la mise à disposition de lots de Propranolol Teva 40 mg, en provenance de stocks étrangers. Ces unités devraient être accessibles « d’ici mi-février », selon la même source. Ce recours dérogatoire vise à « éviter toute interruption de traitement », selon les mots de l’agence.
Des consignes claires aux prescripteurs et aux pharmaciens
L’ANSM s’adresse directement aux professionnels de santé pour encadrer la réponse collective. L’agence recommande expressément de « limiter autant que possible les initiations de traitement par propranolol 40 mg […] ou d’envisager d’autres bêtabloquants ». Ce positionnement vise à réserver les stocks disponibles aux patients déjà engagés dans une thérapeutique établie, notamment dans des contextes cliniques où ce médicament ne peut être substitué.
Il s’agit notamment des femmes allaitantes ou des enfants atteints de pathologies cardiaques spécifiques, pour lesquels le propranolol reste indispensable. En attendant le rétablissement du circuit de distribution habituel, les alternatives thérapeutiques devront être évaluées au cas par cas, en tenant compte du profil du patient et de la pharmacocinétique des autres bêtabloquants disponibles.