Grippe : pourquoi les médicaments homéopathiques ne remplacent pas le vaccin

En pleine période de circulation active du virus de la grippe, les autorités sanitaires françaises ont lancé un avertissement clair. Les médicaments homéopathiques ne sont pas des vaccins. Leur usage à la place d’une vaccination contre la grippe expose les populations fragiles à des risques évitables, en l’absence de toute efficacité préventive démontrée.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 6 janvier 2026 15h30
Grippe : pourquoi les médicaments homéopathiques ne remplacent pas le vaccin
Grippe : pourquoi les médicaments homéopathiques ne remplacent pas le vaccin - © Economie Matin

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a diffusé, le 29 décembre 2025, un message explicite, dans le contexte de la campagne de vaccination contre la grippe. Elle y rappelle que les médicaments homéopathiques ne peuvent pas être assimilés à des vaccins. Ce rappel intervient alors que le virus grippal circule intensément en France, et que certaines personnes continuent d’opter pour l’homéopathie en lieu et place de la vaccination, pourtant reconnue comme seul moyen efficace de prévention.

Vaccination antigrippale : un rempart que l’homéopathie ne peut égaler

Les autorités sanitaires insistent, les médicaments homéopathiques n’ont jamais démontré d’effet préventif contre la grippe. Dans son communiqué du 29 décembre 2025, l’ANSM précise que « les médicaments homéopathiques ne sont pas des vaccins » et qu’« ils ne doivent pas être utilisés à la place de la vaccination antigrippale ».

Cette mise au point vise à contrer une croyance persistante selon laquelle certains produits homéopathiques, souvent présentés comme des solutions naturelles ou alternatives, pourraient offrir une protection équivalente à celle d’un vaccin. L’agence rappelle cependant qu’aucune étude scientifique rigoureuse n’a validé cette hypothèse. À l’inverse, les vaccins antigrippaux, mis à jour chaque saison, ont prouvé leur capacité à réduire les hospitalisations et les formes graves liées au virus.

Homéopathie et grippe : un traitement d’appoint sans protection réelle

L’ANSM reconnaît que certains traitements homéopathiques peuvent être employés pour soulager certains symptômes d’allure grippale, comme les douleurs articulaires ou la fièvre. Toutefois, cette utilisation reste strictement symptomatique. L’organisme prévient que « ces médicaments ne protègent pas contre la grippe et leur usage en remplacement du vaccin constitue une perte de chance pour les personnes vulnérables ».

Cette distinction est essentielle. En effet, confondre la réduction subjective de quelques signes cliniques avec une immunisation réelle peut pousser certains patients à renoncer à la vaccination, ce qui les expose à des complications évitables, en particulier s’ils sont âgés ou atteints de pathologies chroniques. La grippe reste une maladie sérieuse. Chaque année, elle provoque plus de 10 000 décès en France selon Santé publique France.

Absence de preuve scientifique : l’impasse de l’efficacité préventive homéopathique

Le produit homéopathique le plus connu, Oscillococcinum®, est souvent mis en avant par ses promoteurs comme un allié en période hivernale. Pourtant, selon NotreTemps, il n'y a « aucune preuve d'un effet préventif d'Oscillococcinum par rapport au placebo sur la survenue de syndromes grippaux. ». Une analyse citée dans l’article confirme qu’aucun des remèdes homéopathiques actuellement commercialisés n’a prouvé sa capacité à prévenir une infection grippale chez l’humain.

Ce constat est partagé par l’ensemble des institutions médicales. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) rappelle régulièrement que la vaccination est le seul moyen validé scientifiquement pour se protéger efficacement contre les souches de virus en circulation chaque saison.

Santé publique : les dangers d’un faux sentiment de sécurité

Renoncer à la vaccination contre la grippe au profit de l’homéopathie peut avoir des conséquences graves, tant au niveau individuel que collectif. L’ANSM alerte sur le risque d’« une augmentation des formes graves, des hospitalisations et, potentiellement, de la mortalité » chez les patients qui ne se font pas vacciner en croyant se protéger autrement.

Les populations à risque sont les premières concernées : personnes âgées, femmes enceintes, immunodéprimées, malades chroniques… Toutes doivent être prioritaires dans les campagnes de prévention. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande d’ailleurs que les taux de vaccination contre la grippe saisonnière atteignent au minimum 75 % chez les sujets vulnérables, un objectif encore loin d’être atteint en France.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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