En France, l’abonnement est en train de devenir une dépense contrainte pour les ménages. Selon une étude récente de Spliiit, la facture des services de streaming et des services numériques pourrait atteindre des niveaux inédits d’ici 2030. Derrière ces projections, c’est le pouvoir d’achat des ménages qui se retrouve sous pression, alors que les prix continuent de grimper et que le modèle de l’abonnement s’impose dans tous les usages du quotidien.
Streaming : le coût des abonnements va exploser

Publiée le 12 janvier 2026, l’étude de Spliiit dresse un constat sans détour : en France, l’abonnement est devenu un poste de dépense majeur, et sa trajectoire inquiète. Dans un contexte d’inflation persistante, de fragmentation des offres de streaming et de généralisation des services numériques payants, le coût cumulé des abonnements pourrait profondément bouleverser l’équilibre budgétaire des foyers français.
Abonnement et streaming : une facture appelée à exploser
Selon les projections de Spliiit, la seule dépense mensuelle consacrée au streaming vidéo pourrait atteindre 75 euros par mois en 2030, relaye Clubic. Cette estimation repose sur l’addition de plusieurs abonnements devenus incontournables pour accéder aux films, aux séries et aux contenus sportifs. Aujourd’hui déjà, les plateformes multiplient les hausses de prix, tout en réduisant parfois les catalogues ou en facturant des options autrefois incluses. Ainsi, chaque abonnement supplémentaire pèse un peu plus sur le budget des ménages en France.
Par ailleurs, l’étude intègre l’ensemble des services numériques du quotidien. Selon Le Point, Spliiit estime que la dépense totale liée à l’abonnement numérique pourrait atteindre environ 230 euros par mois en 2030, soit près de 2 760 euros par an pour un foyer français. Ce coût englobe le streaming, mais aussi les services de musique, la presse en ligne, les outils de productivité ou encore certains services liés à l’intelligence artificielle. Jonathan Lalinec, cofondateur de Spliiit, explique dans Le Point que « la hausse continue des abonnements numériques est en train de transformer en profondeur le budget des ménages », soulignant que le streaming devient un poste de dépense comparable à l’énergie ou à l’alimentation.
Le prix des services numériques, nouveau défi pour le pouvoir d’achat
Cette explosion annoncée du prix des abonnements s’inscrit dans une dynamique déjà observable. D’après un communiqué de Spliiit, les dépenses mensuelles moyennes liées au streaming atteignaient déjà 45 euros en 2024, en hausse de 7 % sur un an et de 22 % sur deux ans. Autrement dit, le coût progresse rapidement, bien avant l’horizon 2030. En France, cette tendance inquiète d’autant plus que les abonnements concernent désormais des services considérés comme essentiels, qu’il s’agisse de se divertir, de s’informer ou même de travailler.
Spliiit anticipe une inflation annuelle des services numériques comprise entre 10 % et 15 %, selon Le Point. Cette dynamique contribuera mécaniquement à l’augmentation du prix de chaque abonnement, sans que les revenus des ménages ne suivent nécessairement le même rythme. Ainsi, le pouvoir d’achat se retrouve progressivement érodé par une accumulation de prélèvements mensuels souvent perçus comme modestes pris isolément, mais lourds une fois additionnés. Comme le souligne Jonathan Lalinec, le risque est de voir « l’accès au numérique de qualité dépendre de plus en plus du niveau de revenus », une perspective préoccupante pour une société où le service numérique est omniprésent.
Vers un modèle d’abonnement généralisé et contraint
Enfin, l’étude Spliiit met en lumière un phénomène plus large : la généralisation du modèle par abonnement à l’ensemble des services numériques. Phonandroid rappelle que cette évolution repose sur plusieurs facteurs structurels, notamment la multiplication des plateformes de streaming, les hausses régulières de prix et la transformation de fonctionnalités gratuites en options payantes. En France, ce modèle s’impose aussi bien pour la vidéo que pour la musique, la presse ou les outils numériques professionnels, renforçant le coût global supporté par les ménages.
Selon le détail du panier établi par Spliiit et relayé par Le Point, le streaming vidéo représenterait environ 75 euros par mois en 2030, tandis que les outils de productivité et d’intelligence artificielle atteindraient 45 euros mensuels. À cela s’ajouteraient environ 25 euros pour la musique, 25 euros pour la presse en ligne et près de 30 euros pour les services financiers et de cybersécurité. Ainsi, l’abonnement devient une charge fixe de plus en plus lourde.
