Les chefs d’entreprise du Mouvement ETHIC (Entreprises de Taille Humaine Indépendantes et de Croissance), particulièrement concernés par les questions de santé et d’absentéisme de leurs salariés, soutiennent la demande de liberté des médecins libéraux et la réévaluation de leurs honoraires. On continue de mépriser le secteur privé alors que, par exemple, les cliniques pourraient assurer davantage d’urgences.
Grève des médecins : rien ne va !

La grève, cela dit, révèle un malaise beaucoup plus profond et un dysfonctionnement qui d’évidence n’est pas résolu.
- Il existe hélas des médecins assez complaisants pour prescrire des arrêts de travail à la demande. L’expression « Je me mets en arrêt » reflète la réalité des attitudes face à ce qui devrait être strictement lié à un diagnostic probant. Cette pratique nuit aux entreprises et aux comptes de la Sécurité sociale qui débourse 9,8 milliards d’euros pour ces arrêts, un chiffre qui augmente de 6,4 % par an. C’est pourquoi ETHIC soutient le renforcement du contrôle des arrêts de travail, qui de fait est totalement improductif.
- Une délégation d’ETHIC l’avait déjà dûment souligné il y a quelques mois au Ministre de la Santé et de l’Accès aux soins (Yannick Neuder). Ethic a même suggéré un dispositif simple et vertueux pour freiner la hausse des arrêts maladie : une prime dite « de présence » (d’intéressement) défiscalisée, offerte aux salariés n’ayant connu aucune absence sur une période donnée, hors congés légaux. L’État n’a donc rien à dépenser puisque ces primes sont totalement assurées par les chefs d’entreprise. Toutefois, l’État ne doit pas prélever non plus sur ces primes afin que cette initiative soit véritablement incitative et équilibrée. Toutes les parties prenantes ont à y gagner.
- En revanche, il est très difficile de pénaliser un médecin qui délivre « trop » d’arrêts de travail car c’est nier le fondement même de sa profession : le jugement vis-à-vis du diagnostic clinique.
- La médecine du travail ne remplit pas son rôle avec efficacité, rappelons entre autres que le chef d’entreprise paie tous les ans une visite médicale pour ses salariés, alors que ceux-ci n’en bénéficient que tous les trois ans !
- Enfin, « comment oser demander à un salarié qui a été souffrant pendant ses vacances, de reporter les jours d’incapacité sur son temps de travail ? Vite ! Il est plus que temps d’agir pour redresser la situation en général (numerus clausus, jour de carence, etc) ».
En conclusion, un mélange de faiblesse, de passe-droits, de commercialisations de l’arrêt de travail, le tout malgré la qualité et la conscience professionnelle de la majorité de nos praticiens. Des abus que personne ne semble maîtriser, dans l’indifférence de l’Ordre des médecins qui se contente de dénoncer une suspicion généralisée délétère si davantage de pression était mise sur les médecins ?
