Après une période de stabilité relative en 2025, les taux d’intérêt appliqués aux prêts immobiliers reprennent leur trajectoire ascendante, rendant l’emprunt plus coûteux pour de nombreux acheteurs.
Immobilier : acheter va coûter encore plus cher en 2026 et 2027

Taux immobiliers : la tendance haussière est déjà en marche
Au quatrième trimestre 2025, l’Observatoire Crédit Logement/CSA a enregistré un taux moyen de crédit immobilier de 3,14% (hors assurance et frais annexes), marquant une légère progression par rapport au trimestre précédent. Cette remontée intervient après plusieurs mois de stabilisation autour de 3%, une dynamique qui avait permis aux emprunteurs de bénéficier de conditions de financement plus favorables au cours de l’année précédente. Cette tendance à la hausse se vérifie également sur une base mensuelle : selon les mesures de décembre 2025, le taux moyen approchait 3,17%, contre des planchers observés autour de 3,06% en juin, puis en août de la même année. Pour de nombreux particuliers, cette progression des taux d’emprunt se traduit déjà par une augmentation des mensualités à montant emprunté équivalent, notamment sur les durées les plus courantes (15, 20 ou 25 ans).
Une trajectoire haussière confirmée pour 2026 et 2027
Les perspectives établies par l’Observatoire pour les prochaines années sont claires et sans ambiguïté : la hausse des taux de crédit immobilier n’est pas un simple épisode, mais une tendance appelée à se prolonger. « Nous sommes sur deux années en cours et à venir qui sont des années de remontée des taux des crédits », commente Michel Mouillart, professeur d’économie et porte-parole de l’Observatoire. Le taux moyen pourrait atteindre 3,55% au quatrième trimestre 2026, avec une moyenne annuelle d’environ 3,41%. À l’horizon quatrième trimestre 2027, il s’élèverait à 3,95%, soit une croissance notable par rapport aux niveaux de fin 2025.
Plusieurs facteurs expliquent cette remontée des taux. Du côté des banques, le coût de refinancement demeure élevé, surtout dans un environnement où les rendements obligataires servent de référence pour fixer les barèmes de prêt. La réalité économique qui s’impose aux établissements de crédit les conduit à rajuster les coûts de financement et à augmenter les taux des emprunts pour préserver leurs marges. Par ailleurs, si la Banque Centrale Européenne (BCE) a entamé des assouplissements sur certains taux directeurs ces derniers mois, l’effet sur les taux immobiliers est encore atténué par les incertitudes macroéconomiques et les anticipations inflationnistes. Cette difficulté à abaisser significativement les conditions d’emprunt alimente la hausse des taux proposés aux particuliers.
Si vous avez un projet immobilier, ne tardez pas !
Pour les ménages qui envisagent un achat immobilier, cette évolution signifie plusieurs contraintes concrètes. À taux plus élevés, la capacité d’emprunt diminue à revenus constants, ce qui peut exclure une partie des candidats à la propriété s’ils ne revoient pas leur apport ou leur plan de financement. Pour compenser le coût, les banques peuvent imposer des durées de prêt plus longues, qui atteignent désormais des niveaux rarement observés, proches de 21 ans en moyenne pour amortir l’impact des taux. Enfin, des taux en hausse tendent à renforcer les critères d’acceptation des dossiers, pénalisant les profils jugés plus risqués ou avec un apport faible.
Dans ce contexte, de nombreux spécialistes conseillent d’anticiper son projet, en particulier pour les prêts destinés à financer une résidence principale ou un premier achat, afin de bénéficier de conditions encore relativement favorables avant l’accélération prévue de la hausse des taux.
