Voitures électriques : leur part sur les routes reste dérisoire en 2026

En 2024, malgré une progression des immatriculations de voitures électriques neufs en Europe, la part de celles-ci sur les routes reste marginale, posant la question de l’adhésion réelle des automobilistes et de la faisabilité des objectifs gouvernementaux en matière de transition énergétique. Selon un rapport récent, seule une fraction infime du parc automobile européen est aujourd’hui électrique, malgré des politiques publiques ambitieuses.

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By Rédaction Published on 31 janvier 2026 15h02
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Voitures électriques : leur part sur les routes reste dérisoire en 2026 - © Economie Matin
2,3%Sur un total de 256 millions de voitures immatriculées dans l’UE, seules 2,3 % étaient des voitures électriques.

Le 24 janvier 2026, un rapport d'ACEA, Association des constructeurs européens d'automobiles, souligne que, malgré des ventes en hausse, la pénétration des voitures électriques dans le parc routier demeure très faible. À l’heure où les immatriculations de voitures électriques progressent, la densité de ces véhicules sur les routes – clé de l’impact environnemental et sociétal – reste en effet réduite.

Une présence encore limitée des voitures électriques dans le parc roulant européen

En 2024, au sein de l’Union européenne, la part des voitures 100 % électriques dans le parc automobile était relativement faible, malgré une dynamique perceptible sur le marché des immatriculations. Sur un total de 256 millions de voitures immatriculées dans l’UE, seules 2,3 % étaient des voitures électriques, soit environ 5,89 millions d’unités, selon les données du rapport d'ACEA. Ces chiffres révèlent que la très grande majorité des véhicules en circulation restent thermiques, diesel ou essence, malgré la montée en puissance des segments électrifiés.

Cette part moyenne masque toutefois des disparités significatives entre pays. Parmi les États membres, seuls six pays affichaient une proportion de voitures électriques supérieure à 4 % du parc : le Danemark (12,1 %), la Suède (7,2 %), le Luxembourg (7,1 %), les Pays‑Bas (6,1 %), la Belgique (5,1 %) et la Finlande (4,3 %) à la fin de 2024. En comparaison, la France se situait légèrement au‑dessus de la moyenne européenne avec 2,8 % de voitures électriques, un résultat qui reste modeste au regard des ambitions déclarées par les pouvoirs publics.

Cette faible proportion s’explique principalement par la structure du parc automobile. Les voitures thermiques, bien qu’en diminution progressive, constituent encore une écrasante majorité des véhicules personnels en circulation. Leur longévité naturelle – souvent supérieure à une décennie – retarde le renouvellement vers des modèles plus propres, même si les ventes de véhicules neufs électriques augmentent régulièrement.

La situation en Norvège illustre par contraste ce qu’une politique publique volontariste peut accomplir. Hors de l’Union européenne, la Norvège comptait près de 27,7 % des voitures en circulation électrifiées, un niveau très supérieur à la moyenne européenne, grâce à des incitations fiscales et des infrastructures adaptées.

L’adhésion des Français à l’électrique : dynamique des ventes mais frein du parc roulant

Si le parc roulant électrique reste limité, les tendances du marché des voitures neuves montrent une trajectoire de croissance. En France, les données disponibles indiquent que les immatriculations de voitures électriques en janvier 2025 ont représenté 19,4 % du marché, avec 22 157 véhicules électriques à batterie (BEV) enregistrés ce mois‑là. Cela représentait une légère progression des BEV malgré une baisse globale des ventes de voitures électrifiées du fait de la chute des hybrides rechargeables (PHEV).

Cette dynamique de renouvellement du parc neuf s’inscrit dans un contexte où le gouvernement français vise une électrification totale des immatriculations d’ici 2035, conformément aux engagements européens et nationaux pour la neutralité carbone. Toutefois, cette trajectoire reste conditionnée par l’ampleur des aides publiques, l’évolution des infrastructures de recharge et, surtout, par l’acceptation des consommateurs.

Pour l’heure, malgré une offre élargie de modèles électriques sur le marché, le coût d’achat demeure un frein notable pour de nombreux automobilistes. Les véhicules électriques conservent souvent un prix d’achat supérieur à leurs équivalents thermiques, même après prise en compte des aides financières disponibles. Ce différentiel pèse particulièrement auprès des ménages aux revenus moyens ou modestes, qui représentent une part importante de la demande automobile.

La sensibilité des consommateurs au coût total d’utilisation – comprenant le prix d’achat, l’assurance, la recharge et la dépréciation – reste un élément déterminant dans les décisions d’achat. À ce titre, même si certains rapports récents suggèrent qu’à long terme une voiture électrique peut être moins coûteuse à utiliser qu’un diesel – notamment sur 400 000 km parcourus –, ce calcul dépend fortement des conditions d’usage et des habitudes de mobilité des conducteurs.

Un autre élément fondamental de l’adhésion est la présence d’une infrastructure de recharge dense et fiable. En France, le parc de points de recharge publics a connu une croissance, dépassant les 150 000 points fin 2024, mais les besoins futurs restent immenses pour accompagner l’ambition de transition électrique. L’extension du réseau est essentielle pour réduire l’"anxiété de l’autonomie" et rassurer les automobilistes sur la faisabilité des trajets longue distance en électrique.

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