À Milan, le patinage artistique espagnol a glissé sur une peau de banane jaune. À quelques jours des Jeux Olympiques d’hiver, une musique des Minions déclenche un conflit de droits d’auteur aussi absurde que révélateur.
Milan 2026 : quand Universal Music bloque la routine d’un patineur

Le 2 février 2026, à Milan-Cortina, le patineur espagnol Tomàs-Llorenç Guarino Sabaté apprend que sa routine musicale basée sur les Minions est interdite aux Jeux Olympiques. En cause, un blocage de droits d’auteur lié à Universal Music.
Les Minions aux Jeux Olympiques : quand la routine déraille
La routine était prête, rodée, applaudie toute la saison. Pourtant, les Minions n’ont pas passé la frontière juridique des Jeux Olympiques. Le patineur artistique Tomàs-Llorenç Guarino Sabaté, six fois champion d’Espagne, avait choisi une musique inspirée de la franchise animée pour dynamiser son programme court. Cette musique des Minions, validée via le système ClicknClear de l’Union internationale de patinage dès août 2026, avait été utilisée sans incident lors de compétitions internationales, notamment aux championnats d’Europe. Cependant, à Milan, le couperet tombe. Selon Reuters, l’autorisation finale n’a jamais été accordée par les ayants droit, malgré des mois d’utilisation publique.
Ainsi, à huit jours de son entrée en lice, le patineur espagnol doit envisager de modifier sa routine. La musique des Minions, pourtant omniprésente dans les arènes sportives et médiatiques, devient soudainement off-limits. Le paradoxe choque. « Découvrir cela vendredi dernier, si proche de la plus grande compétition de ma vie, a été incroyablement décevant », a déclaré le patineur, selon Reuters, traduisant une frustration partagée par de nombreux athlètes confrontés aux droits d’auteur dans les Jeux Olympiques.
Droits d’auteur et Universal Music : la loi plus forte que la glace
Derrière les Minions, il y a Universal Music. Le géant détient une partie des droits musicaux de la franchise, produite par Illumination et Universal Pictures. Or, les Jeux Olympiques imposent une gestion stricte des droits d’auteur, distincte de la simple diffusion commerciale. Même si la musique des Minions est largement exploitée dans des spectacles sportifs, chaque usage olympique nécessite une autorisation spécifique. L’Union internationale de patinage reconnaît ce casse-tête juridique. « Les autorisations de droits peuvent représenter un défi pour tous les sports artistiques », a admis un représentant de l’ISU, cité par Reuters.
Ce défi est d’autant plus ironique que NBC, diffuseur américain des Jeux Olympiques, appartient au même groupe que Universal Music. Pourtant, cette proximité industrielle ne simplifie rien. Les droits d’auteur fonctionnent par silos. Résultat, la musique des Minions est interdite. Selon le média espagnol AS, Guarino Sabaté a appris l’interdiction huit jours avant son programme, un délai dérisoire pour reconstruire une routine olympique. À 26 ans, l’Espagnol se retrouve prisonnier d’un système où la musique est corsetée par le droit.
Couac musical aux JO de Milan : un cas d’école embarrassant
En Espagne, l’affaire fait grincer des dents. Le patinage artistique, discipline déjà marginale, se retrouve exposé par un conflit de droits d’auteur digne d’un cas d’école. La musique des Minions, choisie pour son ton joyeux et accessible, devait offrir à l’Espagne une visibilité rare aux Jeux Olympiques. Au lieu de cela, elle souligne la fragilité des athlètes face aux règles juridiques internationales. People rapporte que des fans expriment leur incompréhension, certains soulignant que la musique des Minions est omniprésente dans la culture populaire, y compris dans des événements sportifs majeurs.
Pour Guarino Sabaté, l’enjeu dépasse la simple routine. Modifier une musique implique de repenser la chorégraphie, le timing, l’expression artistique. Entertainment Weekly rappelle que le patineur avait même conçu un costume évoquant l’univers des Minions, renforçant l’identité de son programme. Tout cela devient caduc. Pourtant, l’athlète promet de tenir bon. « Je monterai sur la glace avec tout ce que j’ai et je présenterai des programmes dont nous pourrons être fiers », a-t-il assuré, selon People. Une déclaration courageuse, mais qui n’efface pas l’absurdité du système.
