La fréquentation des parcs américains de The Walt Disney Company inquiète le groupe. Malgré des résultats financiers solides début 2026, Disney redoute une baisse durable des visiteurs internationaux. En toile de fond, le ralentissement du tourisme vers les États-Unis, un contexte politique plus dissuasif et une incertitude persistante sur les flux étrangers pèsent sur le cœur du modèle économique des parcs à thème.
Tourisme : Trump a plombé les parcs Disney américains

Le 2 février 2026, Disney publie ses résultats du premier trimestre de son exercice fiscal 2026 se terminant en décembre. Le groupe met alors en lumière un paradoxe. D’un côté, Disney affiche des performances supérieures aux attentes. De l’autre, Disney alerte sur des risques précis concernant la fréquentation de ses parcs aux États-Unis, un pilier essentiel de son activité loisirs et tourisme.
Disney face à la baisse de la fréquentation internationale des parcs américains
Disney reconnaît officiellement l’existence de « vents contraires liés à la fréquentation internationale » affectant ses parcs domestiques. Cette formulation prudente masque une inquiétude réelle. Lors de sa communication aux investisseurs, Disney explique anticiper une progression seulement modeste de la rentabilité de sa division parcs au deuxième trimestre fiscal, en raison notamment du recul des visiteurs étrangers.
Dans les faits, Disney observe un contraste marqué. La fréquentation des parcs américains progresse légèrement de 1 % sur le trimestre, mais cette hausse repose presque exclusivement sur le public domestique, selon les documents financiers de l’entreprise. En revanche, les flux internationaux restent orientés à la baisse. Cette évolution est confirmée par les données du secteur touristique américain, qui montrent un recul de 2,5 % des arrivées en provenance de l’étranger sur l’ensemble de l’année 2025, selon l’U.S. Travel Association.
Cette situation inquiète Disney pour une raison simple. Les visiteurs internationaux représentent traditionnellement une clientèle à forte valeur ajoutée. Ils séjournent plus longtemps, dépensent davantage par visite et consomment plus de produits dérivés. Or, Disney constate que la dynamique actuelle du tourisme mondial ne bénéficie pas aux États-Unis. Alors que le tourisme international progresse globalement, les États-Unis apparaissent comme une exception, pénalisée par des facteurs structurels et politiques.
Donald Trump plombe le tourisme américain
Le ralentissement du tourisme vers les États-Unis s’inscrit dans un contexte plus large. Plusieurs sources concordantes évoquent des freins liés aux politiques migratoires, au climat politique et à la perception internationale du pays depuis que Donald Trump est de retour à la Maison Blanche. Sans cibler directement l’administration en place dont l’entreprise est proche, Disney opère néanmoins un lien clair entre ces éléments et la baisse de fréquentation de ses parcs, selon les analyses relayées par Reuters. Disney ajuste donc sa stratégie. Faute de visibilité sur les visiteurs étrangers, le groupe concentre ses efforts commerciaux sur le marché intérieur.
En décembre 2025, les arrivées de voyageurs en provenance de l’outre-mer reculent encore de 1,3 % sur un an, après une baisse de 3,5 % en novembre 2025, selon l’U.S. Travel Association. Cette tendance pèse directement sur Disney, dont les parcs américains restent étroitement dépendants du tourisme international, notamment en provenance d’Europe, d’Amérique latine et d’Asie.
Disney entre solidité financière et fragilité du modèle parc
Sur le plan financier, Disney affiche pourtant une robustesse apparente. Au premier trimestre fiscal 2026, le chiffre d’affaires du groupe atteint environ 24 milliards d’euros et le bénéfice net avoisine 2,2 milliards d’euros, selon les données publiées le 2 février 2026. La division « Experiences », qui regroupe les parcs, les croisières et les produits dérivés, génère à elle seule près de 9,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires trimestriel et plus de 3 milliards d’euros de résultat opérationnel, d’après la communication officielle.
Mais cette performance masque une fragilité structurelle. Disney reconnaît que la croissance actuelle repose davantage sur la hausse des dépenses par visiteur, en progression de 4 %, que sur une augmentation du nombre total de visiteurs. Autrement dit, Disney compense la baisse du tourisme international par une monétisation accrue du public présent. Cette stratégie atteint toutefois ses limites dans un contexte de pression sur le pouvoir d’achat et de concurrence accrue dans le secteur du loisir.
Les indicateurs avancés restent contrastés. Disney se montre rassurant sur les réservations hôtelières à Walt Disney World, en hausse de 5 % sur l’année, mais précise que cette dynamique est surtout concentrée sur la seconde moitié de l’exercice fiscal. En filigrane, Disney redoute un scénario plus défavorable. Une crise durable du tourisme vers les États-Unis fragiliserait l’un de ses moteurs historiques. Les parcs à thème représentent une part majeure des profits du groupe. Toute baisse prolongée de la fréquentation internationale pourrait donc peser sur la rentabilité globale, malgré les succès ponctuels au box-office ou dans le streaming.
