Cancer du côlon : la majorité des adultes ne consomme pas assez de fibres pour se protéger

Alors que le cancer du côlon continue d’augmenter, y compris chez les moins de 50 ans, une part significative de cette progression est liée à nos modes de vie modernes et à une alimentation pauvre en fibres. Les données récentes montrent que la majorité des adultes consomme moins de la moitié des fibres recommandées, alors que ces nutriments jouent un rôle clé dans la prévention du cancer colorectal.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 3 mars 2026 16h30
Cancer du côlon : la majorité des adultes ne consomme pas assez de fibres pour se protéger
Cancer du côlon : la majorité des adultes ne consomme pas assez de fibres pour se protéger - © Economie Matin

Un risque qui grimpe chez les jeunes

Le cancer du côlon, qui désigne les tumeurs malignes du côlon et du rectum regroupées sous le terme cancer colorectal, était historiquement considéré comme une maladie de l’âge mûr. Pourtant aujourd’hui, 1 personne sur 5 diagnostiquée a moins de 55 ans, et cette pathologie est devenue une cause majeure de mortalité chez les jeunes adultes, avec une incidence en hausse d’environ 3 % par an chez les moins de 50 ans.

Parmi les facteurs modifiables identifiés, le régime alimentaire occupe une place centrale. Un régime riche en aliments ultra-transformés, en viandes rouges et en graisses, associé à une faible consommation de fibres, est lié à un risque plus élevé de développer un cancer colorectal.

Les fibres, alliées de la santé intestinale

Les fibres alimentaires, présentes exclusivement dans les aliments d’origine végétale, fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, noix, sont essentielles pour un côlon en bonne santé. Elles contribuent notamment à :

  • augmenter le volume des selles, ce qui favorise leur élimination plus rapide et réduit le temps d’exposition de la muqueuse colique à des substances potentiellement cancérigènes ;
  • fermenter au niveau intestinal, permettant la production d’acides gras à chaîne courte comme le butyrate, qui ont des effets anti-inflammatoires et pourraient réduire le risque de cancer ;
  • stimuler un microbiote diversifié et équilibré, support crucial d’une muqueuse intestinale saine.

Plusieurs études prospectives ont montré qu’une augmentation de 10 g de fibres alimentaires par jour était associée à une réduction d’environ 10 % du risque de cancer colorectal, ce qui illustre l’impact protecteur significatif de ces nutriments.

Quelles quantités viser chaque jour ?

Les recommandations nutritionnelles courantes, selon l'ANSES (l'agence nationale de sécurité sanitaire), évoquent au moins 25 à 30 grammes de fibres par jour pour un adulte, un seuil qui reste en moyenne très loin d’être atteint par la majorité de la population. Certains experts recommandent d’aller jusqu’à 30 grammes ou plus quotidiennement, car chaque palier supplémentaire de fibres peut contribuer à abaisser le risque de tumeur colique ou rectale.

Pour mettre ces chiffres en perspective, augmenter de 10 grammes de fibres par jour pourra se faire par des gestes simples comme : remplacer du pain blanc par un pain complet ; ajouter une portion de légumineuses à un repas ; augmenter la quantité de fruits et légumes consommés tout au long de la journée.

Quels sont les aliments protecteurs ?

Parmi les aliments particulièrement riches en fibres, on retrouve les céréales complètes (avoine, riz complet, pains et pâtes complets), les légumes secs (lentilles, pois chiches, haricots), ainsi que la majorité des fruits et légumes. Adopter une alimentation de type méditerranéen, riche en produits végétaux, céréales complètes, huiles d’olive et poissons gras, a été associé dans plusieurs analyses à un risque global de cancer plus faible, y compris pour le cancer colorectal.

À l’inverse, un régime dominé par des aliments ultra-transformés, des viandes rouges et des charcuteries favorise l’inflammation intestinale et est associé à un risque plus élevé de cancer colorectal, soulignant l’importance d’un changement alimentaire préventif.

Au-delà des fibres : un mode de vie global

La prévention ne repose pas uniquement sur les fibres. Une activité physique régulière, le maintien d’un poids santé, la modération de l’alcool et l’absence de tabagisme complètent les stratégies nutritionnelles efficaces pour réduire le risque de cancer du côlon. De plus, des outils de dépistage comme la coloscopie (à partir de 45 ans en général) restent essentiels pour détecter précocement des polypes avant qu’ils ne deviennent cancéreux, surtout si des antécédents familiaux ou des symptômes digestifs apparaissent.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

No comment on «Cancer du côlon : la majorité des adultes ne consomme pas assez de fibres pour se protéger»

Leave a comment

* Required fields