Télétravail : pourquoi les cadres refusent un retour au bureau

Le télétravail s’impose désormais comme une norme durable dans les entreprises françaises. Selon une étude publiée le 12 mars 2026 par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), cette organisation du travail reste largement plébiscitée par les cadres et globalement maintenue par les entreprises. Malgré quelques annonces médiatisées de retour au bureau, la pratique du télétravail demeure stable en 2025 et devrait le rester en 2026.

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By Rédaction Published on 21 mars 2026 17h02
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Télétravail : pourquoi les cadres refusent un retour au bureau - © Economie Matin
61 %61 % des cadres peuvent modifier leurs jours de télétravail chaque semaine en fonction de leurs missions.

Réalisée auprès de 2 000 cadres et de 1 000 entreprises en décembre 2025, cette enquête dresse un bilan précis des pratiques et des perceptions autour du télétravail. Elle montre que ce mode d’organisation du travail reste solidement ancré dans les entreprises, malgré quelques cas isolés de réduction des jours de télétravail.

Une pratique largement maintenue dans les entreprises

En 2025, le télétravail reste largement stabilisé dans les entreprises françaises. Selon l’étude de l’Apec, 89 % des entreprises n’ont pas modifié leur politique de télétravail au cours de l’année. À l’inverse, seules 9 % ont réduit ou supprimé ce dispositif pour leurs cadres, tandis que 2 % ont choisi d’augmenter le nombre de jours autorisés. Ces évolutions restent marginales et concernent surtout les petites structures. Dans le détail, 8 % des très petites entreprises et 10 % des PME ont restreint les possibilités de télétravail, contre seulement 5 % des entreprises de taille intermédiaire et des grands groupes, selon l’étude.

Cette stabilité s’explique en grande partie par l’ancrage progressif de ce mode de fonctionnement dans l’organisation du travail des cadres. L’étude souligne que, malgré les annonces très médiatisées de certaines grandes entreprises revenant sur ce dispositif, ces décisions restent isolées. La directrice générale de l’Apec, Laetitia Niaudeau, l’affirme clairement : « Les décisions médiatisées de quelques grandes entreprises de réduire le télétravail ont donné l’impression d’un retour en arrière. En réalité, cela ne concerne que très peu d’entreprises », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

De plus, l’étude montre que le télétravail ne constitue plus seulement un avantage ponctuel pour les cadres. Il est progressivement devenu une composante centrale de leur organisation professionnelle. L’Apec souligne d’ailleurs que ce mode d’organisation est désormais perçu comme « un pilier essentiel du statut cadre ». Dans les faits, les entreprises continuent de voir des bénéfices concrets à ce mode de travail. Parmi celles qui autorisent ce mode de travail, 67 % estiment qu’il améliore la qualité de vie au travail et 45 % qu’il favorise la productivité des salariés, selon les résultats de l’étude Apec.

Pourquoi les cadres y tiennent autant

Si le télétravail reste aussi présent dans les entreprises, c’est aussi parce qu’il répond aux attentes fortes des cadres. Les chiffres sont éloquents : 74 % d’entre eux déclarent qu’ils seraient mécontents si leur entreprise réduisait le nombre de jours de télétravail autorisés. Et 80 % s’opposeraient à une suppression totale du dispositif, selon l’étude de l’Apec. Plus encore, près d’un cadre télétravailleur sur deux indique qu’il envisagerait de changer d’entreprise si le télétravail était supprimé. Cette tendance reste relativement stable depuis 2024, selon les données de l’Apec.

Les entreprises en sont conscientes. Dans celles qui proposent le télétravail, 38 % estiment qu’une réduction du nombre de jours pourrait entraîner des difficultés de recrutement. En parallèle, 33 % anticipent une baisse de l’engagement des salariés et 23 % redoutent des départs de collaborateurs.

Au-delà du nombre de jours autorisés, c’est la flexibilité qui apparaît déterminante. Une large majorité de cadres télétravailleurs peut aujourd’hui adapter son organisation du travail. Ainsi, 61 % d’entre eux peuvent modifier leurs jours de télétravail chaque semaine en fonction de leurs missions. Et 47 % peuvent même le faire sans validation managériale préalable, selon les résultats détaillés de l’étude. Cette liberté d’organisation constitue l’un des principaux attraits du statut cadre. Elle arrive d’ailleurs juste derrière l’intérêt et le contenu du travail parmi les avantages les plus cités par les cadres, toujours selon l’Apec.

Des entreprises prudentes mais un modèle durable

Pour 2026, la tendance semble claire : les entreprises privilégient la stabilité. Selon l’étude de l’Apec, 94 % d’entre elles n’envisagent aucune modification de leur politique de télétravail au cours des douze prochains mois. Cette perspective contredit l’idée souvent évoquée d’un retour généralisé au bureau. Plusieurs médias ont relayé ce constat. Le Journal des Entreprises souligne ainsi que neuf entreprises sur dix ont maintenu leurs règles en matière de télétravail en 2025, confirmant l’installation durable du modèle hybride.

Toutefois, certaines évolutions pourraient apparaître. En effet, 47 % des cadres anticipent une évolution des modalités de gestion du travail à la maison dans leur entreprise en 2026, même si cela ne concerne pas nécessairement le nombre de jours autorisés. Ces changements pourraient porter sur des aspects organisationnels : délais de prévenance, outils de suivi des jours de télétravail ou règles internes de planification. Néanmoins, seules 13 % des entreprises envisagent réellement de modifier ces modalités dans l’année à venir, ce qui confirme la prudence des employeurs sur ce sujet.

Pour les entreprises, ce mode de travail reste en effet un levier stratégique pour attirer et fidéliser les cadres. Comme l’explique Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec : « réduire le télétravail présenterait aujourd’hui plus de risques que d’avantages, notamment en matière d’attractivité et de fidélisation des talents ».

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